Chemine haut,


Toi qui passes dans l’ombre
À peine silhouette au baluchon
Image d’Épinal usée
Si contemporaine pourtant
La route disparaît sous tes souliers
Pas à pas
Lourd ou léger
Garde la tête à l’horizon plantée
Au-delà de ce monde qui balise
Nos voies privées…

***

Chemineau sur les rails de sa vie
parfois dévie, jamais ne jure
car l’aventure et ses phobies
font de lui le type qui assure
ainsi les années s’ensuivent
le temps, ce mécanisme
huilé mieux qu’un truisme
dans une vie subversive
sur un quai menant à l’arrêt
entre destins et sa trajectoire
chemineau son histoire
qui s’écrit au gré de son trajet

***

Regard perdu entre les brindilles
les fourrés et les arbustes.
Plus loin, entre les grands arbres encore nus.
Le pied seul sait, 
sait le chemin à parcourir
l’itinéraire à emprunter.
Il sait où la tête doit aller
pour apercevoir avant l’aurore
la lumière indispensable à l’éveil.

***

La sente grimpait
Dans les nues – tout là-haut
Redescendait
C’était où déjà ?
C’était là, tout simplement. Regarde ! Ah ! La belle illusion !
La belle illusion !
Pourquoi cherchais-tu ailleurs
Ce qui montait et descendait
Dans ta poitrine
L’univers, une belle machine, une fabrique à nostalgie
Qui réinvente l’infini
D’une poignée de sable

***

Va ! Au fil de l’eau
Réfléchissant 
Gentil Chemineau, 
Au cours de ton voyage, 
Tout en chantant, 
1001 nouveaux visages, 
Sur ton chemin-haut, 
Tu rencontreras. 

Traversant parfois
Une montagne, un océan, 
Une plaine, un visage ami
T’enlèvera une plaie à l’Âme, 

Dans une inspiration soudaine, 
Chemine, trottine, 
Tout reprend sa droite ligne
En retrouvant son alignement



Le thème “Chemineau” et le titre ont été proposés par Béa.
Nos contributions jointes par les étoiles :
Béa * So-back * Éclaircie * Bossman * Marjolaine

2 replies on “Chemine haut,”

  1. Phoenixs dit :

    Je remercie la comtesse de Ségur et son Diloy le chemineau. Le XIX est loin ? Ah ? Les êtres ne changeant pas, leur société reste le reflet de moins en moins lumineux de ce qu’ils auraient pu devenir, Chronos a fini par avaler les siècles et faire que celui-ci ressemble tant aux autres dans sa petitesse et sa misère humaine. Alors, il reste aux chemineaux, loin des rails, à imaginer une autre ligne de vie à suivre…
    Vous avez bien fait de désemboîter le pas des mots.
    4Z quant à lui suit sa voie lactée.

  2. va bene sobac dit :

    nous avons bien cheminé , sur des rails parallèles souvent
    et parfois sur des erreurs d’aiguillage

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