Ici les vers

(Traduction de ‘This be the Verse’, poème assez morne de Philip Larkin (1922-1985)):

Ici les Vers

Ils te bousillent, ta maman,
Ton papa – même si c’est pas
Intentionné – en te gavant
De leurs maux sots, de leurs faut-pas,
Et bien sûr, en y ajoutant
D’autres, uniquement pour toi.

Mais loin avant, les bousillèrent
Des sots, vêtus façon désuète;
C’étaient parfois des poings de fer,
Des farfelus parfois, des bêtes –
Et parfois des époux en guerre
Sans trêve, victoire, ou défaite.

Transmise, ainsi, à l’infini,
En maudit patrimoine oral,
La misère s’approfondit
Comme le gouffre au littoral;
Sauv’-toi, donc, si tu peux – et puis
Fais pas d’enfants, c’est la morale.​

12 replies on “Ici les vers”

  1. Bossman dit :

    La première strophe est géniale.

    • Yvains dit :

      Merci, Bossmann!

      Je l’ai trouvée très difficile, celle-ci, (surtout parce que la version de Larkin est très ‘dense’, ce qui m’a obligé de rallonger un peu, pour tout traduire); mais je me suis diverti à jouer sur maux/mots et faux/faut. La version originelle est assez célèbre en Anglophonie, pour être le premier poème à utiliser le mot ‘fuck’ (beaucoup plus grossier dans l’usage que son équivalent littéral, ‘foutre’ / ‘baiser’). Donc, ‘bousiller’. 🙂

    • Yvains dit :

      Est-ce que c’est mieux, maintenant?

      • Éclaircie dit :

        Je ne sais pas trop dire, je n’ai plus la première version pour comparer.
        La fin a changé, il me semble.

        • Yvains dit :

          C’est surtout que Bossman m’avait signalé qu’il y avait des choses qui ne se laissaient pas comprendre – donc j’espère que le sens est clair maintenant.

  2. Éclaircie dit :

    Bonjour Yvains,

    Je n’avais pas trop eu le temps de venir lire, depuis le 27; Mais le 27 est si proche de nous et du 1er mai.
    Donc, ce poème proposé n’est pas tradaptation, mais bien une traduction.
    Il est terrible, (l’original)
    Alors parvenir à traduire un poème anglais, qui si je ne m’abuse, ne rime pas, est une gageure. elle est terrible.Dans les sens A et C du Cnrtl (https://cnrtl.fr/definition/terrible)
    J’ai trouvé sur le net une autre traduction, (et l’original, mais je ne lis pas l’anglais)
    Si intéressé, je vous mets le lien en commentaire.
    Rapporté à la France, je ne vois pas d’équivalent de tel registre de langage, dans notre répertoire (peux-être Boris Vian ?), mais je ne connais pas toute la poésie contemporaine.

  3. Yvains dit :

    Bonjour, Éclaircie,

    Merci pour le commentaire.

    Je ne comprends pas trop. Le poème (l’original, en anglais) ne serait pas sur ma liste de poèmes préférés, mais il rime parfaitement, et son sens est évident – il y a donc malentendu quelque part. Si vous ne lisez pas l’anglais, je ne vois pas de quel poème ‘terrible’ vous parlez.

    Bossman m’avait précédemment envoyé le lien au site ‘encrier’ dont vous parlez, il y a quelques jours (juste après que j’avais publié ma première tentative ici), en me disant que cela m’aiderait peut-être à rendre ma version plus claire – il me signalait, avec raison, des faiblesses dans ce que j’avais publié ici, et je l’ai donc retravaillé. J’ai évité pourtant d’aller regarder, avant de retravailler ma version, pour ne pas être influencé (en fait, la version ‘encrier’ est si différente de la mienne que je ne pense pas qu’elle aurait pu m’influencer, mais mieux valait un excès de prudence, il me semblait). Quand je l’ai vu, hier, j’ai posté ma version comme commentaire sur l’autre. L’admin du site a commenté de façon assez gentille, sur ma version.

    Je suis d’accord qu’étant très fidèle à l’original, cette fois-ci, ma version est pour une fois plus traduction que tradaptation, mais je n’arrive pas à comprendre le reste de ce que vous dites, désolé.

  4. Éclaircie dit :

    Je n’avais pas parcouru en Anglais, sur le site « encrier », le poème original dont vous nous offrez ici, votre traduction.
    J’ai eu l’idée de chercher sur le net, car les traductions d’un même texte sont souvent différentes, d’un traducteur à l’autre, mais toujours intéressantes.
    [J’avais publié un exemple, sur cette page :
    http://www.poesie-fertile.fr/?p=3796
    Présentant deux traductions de R.M. RILKE]

    C’est un ami qui parlant de la poésie anglaise, que je ne connais pas, m’avait dit que rarement, les poèmes rimaient, mais peut-être voulait-il dire la poésie classique, genre sonnet, écrite au 19eme siècle.

    Je ne suis pas toujours très claire, désolée, alors n’hésitez pas à me demander de reformuler ce qui vous paraîtrait encore obscur.

  5. Yvains dit :

    Ah, les ‘Duino Elegies’ qu’il m’a fallu lire à la fac (et que je détestais 🙂 ) Oui, toutes les traductions sont différentes! Je n’ai pas beaucoup aimé celle sur le site ‘encrier’, en fait – une mauvaise traduction, et sans autre qualités pour compenser.

    La poésie anglophone a tendance, depuis une cinquantaine d’années, de rimer de moins en moins – avant, elle avait toujours rimé. Personnellement, je ni approuve ni désapprouve – seulement, pour ce que je fais de moi-même, les rimes me sont nécessaires, je ne pourrais pas m’en priver – et que ce soit considéré caduc, je m’en fous… J’écris avec l’intention que ce soit lu à haute voix, donc le rythme et la rime me sont importants.

    Je me sens bien coupable de ne pas avoir pu me joindre à vos efforts de poésie collectif, mais je n’ai vraiment aucune idée dans la tête en ce moment, c’est tout brouillé… et puis le jardin et le ménage commencent à me dépasser de plus en plus…

  6. Éclaircie dit :

    Merci pour ce retour !

    Pour les poèmes à plusieurs mains, ne participez que si vous voulez, quand vous voulez.
    En fait, nous sommes entre 4 et 6 à participer, toujours les mêmes et seulement eux, pour l’instant.
    J’ai abordé e sujet avec vous, car Marjolaine vous a inclus dans l’envoi concernant notre dernier PPV.
    C’était en quelque sorte pour vous expliquer.
    Je n’aurais pas eu l’idée de vous proposer de participer, car votre registre me semble assez éloigné de celui des PPV.
    Cependant votre registre personnel est tout à fait en phase avec PF : amour de la poésie, soin à en écrire et amour de partager.
    Donc régalez-nous de traductions, « tradaptations » et si vous en composez aussi, d’œuvres originales. Rimez comme vous aimez. C’est réussi.

  7. Yvains dit :

    Merci, Éclaircie – en fait, je ne suis pas poète, et je ne prétends pas l’être – mécanicien plutôt – à la rigueur, interprète. Par le passé, j’avais fait quelques choses de moi-même, mais maintenant, la confiance me manque.
    Par contre, je vais voir si je n’aurais pas une autre tradaptation à vous offrir…

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