LES DESSOUS DES APPARENCES

Les dessous des apparences.

*

Dans les jardins de mer fleurissent les poissons

Pétales délicats leurs écailles s’entrouvrent

Ailerons gouvernant l’arc-en-ciel sous-marin

Le peintre ne sait pas trouver sur sa palette

Les couleurs inventées par ce printemps fugace

La lune et le soleil parviennent à capter

Les teintes à offrir pour adoucir le temps

Au veilleur fatigué que le sommeil a fui

Le silence des eaux submerge les miroirs

Et le reflet de l’homme inonde les marées

Souvenir des écrits qu’il reste à composer

N’écoutant que les voix chuchotées des forêts

*

Capucin 1er,

 

C’est lui le gardien des grains de raisin

Cacahuètes et bananes bleu-roi

C’est lui au sommet du baobab

Le plus haut perché

Qui jettera dans un grand sourire noir

Les petites gâteries aux fidèles pendus

Aux basses branches

Si tu passes sous l’arbre prends garde

De ne pas trébucher sur les pelures

Les têtes coupées, les mains moites

Et les langues tranchées

Dans cette jungle qui hurle de faim

Gueules béantes

*

Les rêves sont des êtres transparents

Ils attendent que tout soit immobile

Que rien ne soit plus visible

Le silence leur offre une voix

L’obscurité leur donne un corps

Qui se nourrit et fortifie une vie durant

Du nôtre

Quand le cœur d’une horloge se tait

Un rêveur se délivre de la lumière

Comme d’une chaîne dans sa chair

Il devient l’invisible aussi libre que l’air

*

La nuit la fenêtre

Chez vous reste ouverte

Ici l’air pénètre

Sur une aile verte

Ici la douceur

Est monnaie courante

Au ciel un glisseur

Etourdi s’oriente…

Rien ne nous retient

De partir ensemble

Vous mon seul soutien

Le vent nous rassemble…

Les oiseaux se taisent

On pourrait se croire

Dans une hypothèse

Ou dans son miroir…

*

A l’œuvre :

Eclaircie

Elisa

Phoenixs

et 4Z.

*

 

 

4 replies on “LES DESSOUS DES APPARENCES”

  1. 4Z2A84 dit :

    Du sommet du baobab
    comme de la plus haute cime de l’espoir
    nous regardons fleurir les poissons dans les jardins de la mer.
    Le silence nous offre une voix inaudible
    pour feindre de chanter
    et d’enchanter les apparences.
    *
    Ravi de vous retrouver. Quels talents ! De la tête aux pieds (et même des pieds à la tête) la poésie vous électrise.

    • Phoenixs dit :

      Je suis contente de retrouver la voix libre de 4Z associée à celles d’Eclaircie et d’Elisa chantres des bois et des transparences. Bien sûr l’hypothèse du rêve comme nécessité des voyageurs en mer. Quelle mer ! Flots orageux, tignasse ébouriffée noyée de poux.
      Il faudra la longue rame des mots pour éloigner ces bans d’âcres remous.
      Zephe nous portera bien 😉

  2. Éclaircie dit :

    Les miroirs nous disent tout ce que l’on ne peut entendre, les oiseaux qui se taisent, les corps dans l’obscurité, les grands sourires noirs, et les pétales des poissons.
    Le lecteur assiste à ce spectacle et il dessine une réalité que seule la poésie sait révéler.

  3. Elisa-R dit :

    Le « dessous des apparences » vaut le détour !

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