PIEGES A ORNITHORYNQUES.

Pièges à ornithorynques.

*

C’est comme le rire d’un ogre qui partirait de quelques entrailles

Notre corps devient une terre fertile couverte de feuilles

Le froid, la brume et la pluie y croisent ce rire

Ainsi que des baguettes faisant office de jambes

Et de longs nez dirigés vers le spectacle céleste

De grands éclairs silencieux aussi colorés qu’un arc-en-ciel

Et au milieu d’un brouhaha incessant l’étrange miracle

Du silence qui nous habite et nous protège

*

Le pantin dénoue ses ficelles

Pas vraiment rassuré de la chute qui s’en suivra

Il accepte de n’être qu’une forme indéfinie

S’il décide enfin seul du pas de danse

Offert à l’enfant aux yeux écarquillés

Il a vu des oiseaux empêtrés dans le lac gelé

Mais aussi cette chouette immobile

Posée sur une branche dans un salon

Aux lumières trop vives pour trouver le repos

Sur le fil à sécher le linge

La chemise rouge rayée de blanc

Et le pantalon de velours côtelé

Sont les derniers signes après que la flamme

A brûlé les pieds de bois et le chapeau de paille

*

Sur la table de message,

 

Tu fermes les yeux dans le clair obscur

Le dos callé au chaud

Les pensées vagues en frissons

Sur les rochers noirs de tes nuits

La réponse voyage entre deux tunnels

La paix avec elle

Danseuses légères sur le fil

Que tu soutiens à bout de silence

Inconnu.

*

Il neige dans les maisons quand on les secoue

Tous les meubles réunis autour de la cheminée

Où des flammes frétillent

Médisent du chat tigré

Il les snobe lorsqu’il ne dort pas

Là-haut sur le lustre entre les bougies…

Je ne leur prête aucune attention

Ni à la table ni aux chaises ni à l’armoire

Ni à l’animal perché

Seuls les poissons rouges me subjuguent

Car même en temps de paix

Leur torpilleur effraie les îles.

**

*

Ont donné :

Eclaircie

Elisa R.

Phoenixs

et 4Z.

*

 

4 replies on “PIEGES A ORNITHORYNQUES.”

  1. 4Z2A84 dit :

    On le sait : les poètes peuvent aussi vivre sous l’eau. Mais lorsqu’ils se rencontrent c’est, la plupart du temps, sur le plancher des vaches.

  2. Éclaircie dit :

    Gloup, gloup, gloup….
    Je ne sais si la rencontre a eu lieu sous l’eau ou sur le plancher des vaches, mais le silence du lustre, accroché à la corde à linge aux côtés de l’ogre à une étrange résonance … lunaire ? aquatique ? céleste ?

    • phoenixs dit :

      Mais les pantins y laissent leur bois à trop brûler sous l’arbre à chat, chouette.
      Les eaux glacées de l’étang renvoient aux îles le silence rouge des poissons que seuls les yeux ouverts de certains peuvent voir dans la nuit.

  3. Elisa-R dit :

    Pour une fois qu’un piège est doux, j’y succombe aux côtés d’ un magnifique spécimen d’ornithorynque de page encyclopédique.

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