Au clair de soi

 

Un trajet s’ajoute aux autres

Malgré la longueur des jours toujours plus grande

Le chemin sans canne avance aveugle

Tant les pensées contiennent de paysages

La maison bien sage elle-même a disparu

Ne demeurent que les sièges confortables

Le visage aimé des enfants qui nous attendent

La vie ici est encore douce malgré les petites tempêtes

Chacun savoure le présent sans oublier pourtant

Les faiblesses à venir et les défis du temps qui passe

 

Eclairée de l’intérieur

La neige tient tête à la nuit

Comme une lueur dans un regard perdu

Les mains trop chaudes la tuent

Etouffez sous des gants vos caresses

Tant de blancheur n’est qu’une illusion

Le rayon de la lune pèse davantage

Ce satellite nous toise

Lever les yeux donne des ailes

Au passant frileux pressé

Si la soupe refroidit

L’homme économisera son souffle

 

La lune jubile à la vue des reflets métalliques

Du ciel de fin de nuit

Nul ne sait son sentiment lorsqu’un pied

Humain étrange et chaud a foulé son sol

Régnant depuis des lustres

Sur un monde immobile et désertique

Le froid l’accompagne et l’enchante

Son visage au travers des lacs gelé

N’a jamais autant resplendi

Pour moi si loin pourtant tellement proche

La brûlure du gel ravive la couleur des encres

Et les nuances du blanc dans les yeux du soleil

 

Le chat au violon,

On ouvrant la fenêtre il est entré

Venu de quelque part

Sans aigle noir

Jouer sa musique d’ailleurs

Pour les petits souliers des aveugles

Un peu de lumière s’est posée sur nos semelles

Sans Rimbaud

Et l’on a pu continuer de piétiner

En ritournelle au clair de soi

 

Les satellites de la Poésie, cette semaine :

4Z2A84, Élisa, Phoenixs, Éclaircie

Dans un ordre que je vous laisse deviner…

Un grand merci à Phoenixs pour son superbe titre.

4 replies on “Au clair de soi”

  1. Éclaircie dit :

    Vos textes, les auteurs, étaient au chaud depuis hier, n’attendant que l’éditrice de la semaine, occupée à savourer le rien pendant que l’encre se réchauffait au coin de la cheminée.

    Un Zephe de saison, avec des rayons offerts au quatre coins du temps.

    • phoenixs dit :

      Lune et soleil derrière l’illusion de la neige, les petites tempêtes qui agitent nos verres d’eau et secouent nos mains gantées, à venir le temps perdu, passé, effacé et nous pourrons encore écrire sur lui sans rien nous ôter.
      Des textes d’hiver venus les uns des autres aimantés.

  2. 4Z2A84 dit :

    Le fait de devoir lutter contre le froid sous des fourrures artificielles calme l’esprit des poètes toujours prêts à prendre le large…plus souvent en rêve qu’en réalité…mais qu’importe puisque seule l’intention compte; d’ailleurs les semelles de vent s’usent trop vite pour préserver la plante des pieds.
    La lune jubile quand la maison disparaît car ainsi les visages se montrent nus.

  3. Elisa-R dit :

    Les mots se trouvent sans avoir à se chercher et la collection d’images (et d’impressions) s’enrichit encore.
    Le tire, en effet, est superbe.

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