ENTRE LES SILENCES

PPV du 12 août 2016

*

ENTRE LES SILENCES

*

Septembre 2,

 

Envenimées les baies pâlissent

Entre les coques vides et les mats immobiles

Les rêves onze mois sur douze

Echouent sur les sables jonchés de bouteilles

Sans message

Agglutinés au plafond bleu

Les plastiques claquent le dernier soupir

De l’estival satisfait d’être nu au festin

Sans âme.

*

Les nuages sans laisse voyagent en silence

Le temps n’est rien d’autre ici qu’un maître auquel on obéit

Ainsi que les tournesols saluant à genoux le soleil

Tout vit sans rêve d’évasion ni crainte particulière

Les jours et les saisons colorent leur pays

On pratique l’ordinaire du début à la fin

Une cloche toujours prête à pleurer ou à rire

A la place des gens d’aujourd’hui ou d’hier

*

À l’orée des forêts et du jour

Les courbes tracées par les étoiles disparaissent

La verticalité des troncs reprend naissance

L’oblique des fils d’araignées entrecoupe

Ces parallèles trop sages

Le peintre dort encore et n’a pas déposé de teinte définie

Tout oscille entre loup et chien

Versions multiples de gris dont se parent

Les premiers oiseaux ou les dernières chauves-souris

Fermant les yeux une vision d’entresol s’impose

Et l’on hésite entre l’ascension ou la descente

Incertain du but à atteindre

*

Les arbres n’ont plus

Le droit de se taire

Depuis qu’il a plu

Des plumes sur terre

Depuis que le vent

Cherche une autre route

Et trouve à l’avant

Du navire un doute

Depuis que l’aurore

A baissé les yeux

Au point de les clore

En pleurant sur eux

Depuis que les ponts

Enjambent des gouffres

Dans lesquels l’eau souffre

Sa source en répond

 

*

En forêt : Eclaircie

Sous la brise : Elisa

Au bord de la mer : Phoenixs

Dans les rues : 4Z

*

 

5 replies on “ENTRE LES SILENCES”

  1. 4Z2A84 dit :

    Près des sables qui ont besoin d’une cure de désintoxication et au bord des gouffres qui prospèrent, le soleil trouve-t-il sa place, les oiseaux de meilleurs perchoirs que les câbles électriques ? Nous le croyons. Certes la poésie est partout. Et nulle part. Quel plaisir de la trouver à l’endroit où on ne l’attend pas – comme, entre les silences – le son d’une flûte optimiste ! Le poème à plusieurs mains – ou à plusieurs voix – se lit et s’écoute avec le sourire dont tous les visages devront s’éclairer pour obtenir de la clarté du jour des caresses et de la lune un rayon bienveillant.

    • phoenixs dit :

      L’ordinaire, finalement, se trouve à la verticale des troncs discrets, entre chien et loup, quand les ponts enjambent le sens de l’eau qui court toujours libre vers sa source.
      Les mots aussi traversent les saisons hors du sens imposé par les règles des transhumants 😉

  2. Elisa-R dit :

    « Entre les silences », je savoure la beauté des esquisses et l’exquise finesse des mots.

  3. Éclaircie dit :

    J’ai laissé passer la nuit, pour qu’entre les silences, nos voix mêlées prennent toute leur ampleur magique et se colorent de nos styles dont on ne peut qu’admirer les diverses nuances.

  4. Toni Cervantes Martinez dit :

    tout est si beau…si vivants sont ces silences, que j’ai osé les caresser ….
    toni!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.