QUAND LES CRANES SONNENT.

*

Quand les crânes sonnent.

*

Le pédalier s’affole, sprinte, cherche à atteindre

Le jour, la nuit ; le gris environnant

Uniforme, épais masque la silhouette

Actionnant les roues dentées,

Entre lesquelles de petites lumières naissantes

Sont aussitôt broyées, noyées.

La pesanteur s’exerce sur tous les arcs de cercle.

Dans une dernière spirale à peine irisée

La poulie s’écrase dans une flaque, un étang,

Peut-être un verre d’eau pétillante

Qui aurait stagné  bien trop de lustres

Sans jamais croiser de lèvres gourmandes.

Désormais les heures sont digitales, létales

Éblouissantes par le pourpre peint

Aux ongles des mains glacées posées sur nos fronts.

*

Il sait être doux, chaud, amical : le vent

Qui seul donne aux feuilles déjà sèches

La voix délicate d’une pluie de glace.

Ici avant la naissance du jour il s’emporte

Refuse la chaleur qui l’entoure et l’étouffe.

Il désire le froid, pleure Novembre déjà mort.

Là-bas, où la plaine noire et verte s’achève

Les montagnes de sable affolées grelottent

Et les yeux clos écoutent résignées

Le claquement des vagues furieuses

 

Sur les vestiges de leur plage.

*

Manège de montures,

 

On voit au large quelques vols

D’oiseaux jeunes et frais

Tête première dans le bleu blanc

Des perspectives

On suit dans le soleil l’éclat

Tremblant des mirages

Argentés sur la mer

Plus ou moins vraisemblables

Comme nos silhouettes

Dans l’eau froide se perdent

*

Le vieillard sort de son berceau

La rampe enjambée il atterrit sur la plage

Où il écrase sous ses pieds les coquillages

Sauf ceux qui se convertissent en téléphones

On parle à l’oreille des vagues

On leur murmure de se taire

Quand l’enfant se rendort

Mais elles font trop de bruit

Pour nous entendre, écouter nos conseils et baisser le son…

Migraineuse la mer se plaint

Sans résultat auprès de la lune 

La lune pour intervenir exige du sel

Des tonnes et des tonnes de sel !

**

*

Aux commandes :

Eclaircie,

Elisa,

Phoenixs

Et 4Z.

.

 

 

 

4 replies on “QUAND LES CRANES SONNENT.”

  1. 4Z2A84 dit :

    Voici un PPV-ZEPHE publié à l’heure. Toutefois je précise qu’il n’y a pas d’heure pour les poètes inspirés – et même pour ceux qui cherchent leur bonne étoile parmi toutes celles dont on lime les ongles avant de les servir à table dans une feuille de laitue (on l’aura compris il s’agit alors d’étoiles de mer cueillies dans un jardin suspendu aux lèvres du conteur). Dans ces quatre textes l’eau intervient – des vagues, des étangs, des flaques – elle prend la parole et même, parfois, nous mène en bateau comme lorsque notre propre écriture nous précède.

  2. phoenixs dit :

    Tout nous ramène, portés par le vent, à la mer qui pédale dans le ciel à grands renforts de cris étouffés.
    Si les vieillards peuvent s’imaginer sirènes, l’inverse est aussi possible tant le possible se dérègle.

  3. Elisa-R dit :

    Du haut de notre aérostat à pédalier, rien ne nous échappe de l’essentiel que seule la poésie dévoile.

  4. Éclaircie dit :

    Quel manège ! Silhouettes et vieillards nouveau-nés, oiseaux, même Novembre et le vent se dressent pour entendre les sonneries des crânes, les seules légères et pourpres propres à propager le souffle poétique.

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