L’heure des caniveaux lunatiques

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Pour toi la lune n’a aucun secret

Et tes confidences elle les écoute

En mère attentive aux paroles de ses enfants

Mieux que personne tu connais sa vie cachée

Celle qui se déroule du côté pile

Là où les lunatiques se réunissent

Afin d’y parler de la pluie et du beau temps

Sujet sur lequel ils ne sont jamais d’accord

Alors ils se fient au hasard

Et l’humeur de la mer dépend du caprice

Des dés qui roulent sur le tapis vert…

– Si nous perdons patience avec notre chapeau à qui la faute ?

Au souffle de la lune quand elle gonfle les joues

Pour éteindre en une seule expiration toutes les étoiles !

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Sur les pavés les gouttes n’osent plus se poser

Ne voulant pas froisser les reflets de l’aurore

Ni les roues des moulins devenues inutiles

Quand le blé encore vert se cache sous la terre

Et lorsque le meunier a pour seule pitance

Le pain sec d’un autre âge

Dans le caniveau la feuille reste blanche

Les plumes s’engluent dans le goudron

Les soupiraux guettent la lumière

Ils mendient l’éclat des vitraux de l’atelier

Où le peintre n’use que de craie

Pour esquisser les nuits d’orage

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Le fil d’Ariane se rompt enfin

Nous plongeons dans des nuits cotonneuses

D’où nous sortons grâce aux charmes

Des sorties de baignoires sur le fil du rasoir

Déjà 5 heures, un caténaire siffle sur la plaine

Qui ne fume plus depuis longtemps

Car ses artères sont encombrées

Des philtres des humains

Le jour lève un lièvre qui se relève

Oreilles pointées, museau dressé

Les arbres applaudissent le lever du soleil

Au milieu de sa cour de nuages

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Du couchant au levant : Héliomel, 4Z2A84, Éclaircie

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5 replies on “L’heure des caniveaux lunatiques”

  1. 4Z2A84 dit :

    Les arbres applaudissent le lever du soleil
    quand le blé encore vert se cache sous la terre
    là où les lunatiques se réunissent.
    .
    Moi aussi j’applaudis des six mains (en regrettant quand même qu’elle ne soient pas dix…).

  2. 4Z2A84 dit :

    …qu’elleS ne soient pas dix…

  3. Heliomel dit :

    La lune dans le caniveau…
    Deux mains sont en deuil et nous leur témoignons toute notre compassion.

  4. Éclaircie dit :

    Deux mains éloignées à qui j’envoie toutes mes pensées.
    Deux mains étourdies, en avance ou en retard.
    Du couchant au levant, poème à l’infini, la fenêtre bientôt s’ouvrira sur cinq voix.

  5. Elisa-R dit :

    Trop « ailleurs » pour lire vraiment mais je pense à vous.

    Amitiés.

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