Les lunettes du tambour

Sous-titre :

Le chat et le moucheron dans la théière

.

Une mer évanouie emplit d’orgueil

Ce moucheron maigrelet qui la porte

En soufflant mais fièrement

La plage envisage de s’évader

D’aller voir ses lointaines cousines

Blanches des matins pacifiques

De leur offrir coquillages et fraîcheur du nord

Pendant le rêve du moucheron et du sable

La brume s’enfuit laissant libre un large mur de vagues

Demain peut-être…

Nous n’avons d’yeux que pour la lune

Le soleil nous aveuglerait

Si nous le regardions de près

Fragilité tu m’importunes

Mes yeux faudra-t-il vous changer

Contre d’autres plus vigoureux

Certains commerçants font fortune

Quand au prix des lunettes noires

Ils fourguent un vieil éteignoir

Dont le cône n’étouffe qu’une

Chandelle sous son entonnoir

Soleil j’agissais pour des prunes

En te montrant le poing  Ta gloire

C’est de fleurir et sans rancune

De chauffer l’eau de nos baignoires

De nos mers et de leurs lagunes

Le jour s’est levé si vite

Qu’il a réveillé les nuages

Accrochés aux étoiles

Même les oiseaux au nid

Surpris en sont devenus muets

Le café bout dans la théière

Le sucre et les cuillères jubilent

Du tintement des aiguilles de l’horloge

Essayant de combler le retard

Pour que le train franchisse le pont de l’aube

Sans éveiller les soupçons des chefs de gare

Ni des voyageurs encore dans la brume

La lune hautaine ce matin

Se drapera d’un rayon de soleil

Sous la pluie danse chat

La princesse l’ignore, elle doit apprendre

Et ce avant la nuit

Comment valser de fil en aiguille

En suivant le temps d’un métronome agité

Les quelques spectateurs endormis sur leur siège

Ronflent bruyamment au son du premier violon

Tandis que les royaux chaussons s’enfuient

Sur la pointe des pieds sans aucune élégance

La pluie a cessé  Mistigri est fourbu

Il remballe ses ballerines et sort un Monte Christo

.

Je ne suis qu’un modeste tambourineur

Quand Paris est triste

Que même les bouches de métro font la gueule

Que les champs ne sont plus Elysées

Je prends pied à Montmartre

Je joue

Il arrive

Traverse la Seine

Irise Notre-Dame

S’endort sur la conciergerie

S’en va comme il est venu

Le temps passé à observer un arc en ciel

Vaut qu’on oublie tout ce qui nous entoure

J’aurais aimé écrire ceci avec une plume sergent major

Je l’ai écrit tambour battant, forcément

On m’a nommé tambour major

Rassembleur d’arcs en ciel.

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Par :

Élisa, Héliomel, Téquila, 4Z et moi.

5 replies on “Les lunettes du tambour”

  1. 4Z2A84 dit :

    Quand la brume s’enfuit, laissant libre un large mur de vagues,
    Nous, les rassembleurs d’arcs-en-ciel,
    Qui n’avions d’yeux que pour la lune,
    Apprenons à valser de fil en aiguille…
    Même les oiseaux en sont devenus muets…
    .
    Chacun donne de la voix et le choeur s’élève vers l’azur.
    .
    Le jeune tambour lit l’annonce à travers les verres grossissants de ses lunettes : les cinq ont encore frappé !
    .

  2. Elisa-R dit :

    Mon panier est rempli d’images, c’est certain, il me faudra plusieurs lectures (les lunettes sont-elles encore disponible ?)
    4Z, joli travail !

  3. Éclaircie dit :

    Tableau à voir avec ou sans lunettes, le tambour nous fait partager de bien belles nouvelles, à lire comme une broderie, dont les fils s’entremêlent à loisir.
    Qui veut tenir l’aiguille, pour tisser un nouveau paysage ? (4z esquisse la toile, le ciel et ses arcs émergent…)

  4. Heliomel dit :

    De fil en aiguille, nos paysages se construisent, regardez les moucherons brouter sur la lune, ils profitent du clair de terre en espérant que les oiseaux restent dans leurs nids.

  5. Elisa-R dit :

    DisponibleS !

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