…de Jules Supervielle (1884-1960)

« Et les objets se mirent à sourire… »
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Et les objets…

Et les objets se mirent à sourire,

L’armoire à glace avait un air très entendu,

Et le fauteuil feignait d’en savoir long

Sur nos quatre saisons et sur la sienne seule

(Elle ignore le gel et les ardeurs solaires).

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Le robinet riait dans sa barbe bruyante,

La corbeille à papiers lisait des bouts de lettres

Dès qu’on avait le dos tourné

Et j’étais un objet méditant parmi d’autres

(Oubliant que naguère encor j’étais un homme).
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Jules Supervielle « Les Amis Inconnus » (1934)
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7 replies on “…de Jules Supervielle (1884-1960)”

  1. 4Z2A84 dit :

    « …Je me sers de formes poétiques très différentes : vers réguliers (ou presque), vers blancs qui riment quand la rime vient à moi, vers libres, versets qui se rapprochent de la prose rythmée. Aimant par-dessus tout le naturel, je ne me dis jamais à l’avance que j’emploierai telle ou telle forme. Je laisse mon poème lui-même faire son choix… » Jules Supervielle

  2. 4Z2A84 dit :

    « …La poésie est pour les poètes l’art de ne se priver de rien et, par cela même, de nous combler de tout. » Jules Supervielle.

  3. 4Z2A84 dit :

    « Le poète vit dans une grande forêt où le coucou sonne des heures insensées ». Jules Supervielle.

  4. OulRa dit :

    Un régal, c’est un régal.
    Merci 4Z pour ta curiosité poétique (et pour son partage).
    😉

  5. Éclaircie dit :

    Absolument délicieux !

  6. Elisa-R dit :

    Sensible !

  7. OulRa dit :

    J’y reviens.

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