UN POEME DE LEON-GABRIEL GROS

« Pommes mordues.
.
Quand nous mordions à belles dents les pommes
Ah ! belle dans les nuages de guingois,
L’horizon basculait entre tes cils et l’herbe
Comme une pyramide de fruits.
.
Que ne demeure-t-il en suspens ce miracle,
Perpétué dans la parole seulement,
Ce moment entre tous élu
Où les branchages pressentirent
Le vent qui scellerait leur âge.
.
De l’acide et verte jeunesse
Tous les fruits se sont tavelés,
Dans leur douceâtre pourriture
Seule évoque une tache rousse
L’éclat des étoiles gaulées.
.
A belles dents, mais combien durent-elles ?
A belles dents mais qui grincent déjà,
Le suc des fruits amertume devient,
Toute beauté dans la gorge te reste
Et, lente autour de ta gorge s’enlace
Cette douceur de vivre qui t’étrangle. »
.
Léon-Gabriel Gros (1905-1985) (« Elégies augurales » 1954).

4 replies on “UN POEME DE LEON-GABRIEL GROS”

  1. 4Z2A84 dit :

    Il s’agit d’un poème de Léon-Gabriel Gros – et non pas Jean-Gabriel Gros, comme il est indiqué avant le titre.

  2. 4Z2A84 dit :

    « L’indifférente
    .
    Ignorante de ta grandeur
    C’est par la grâce de mes rêves
    Que tu te pares de joyaux
    Mais ta couronne est trop pesante
    Tu t’en défais avec le geste
    Des dormeurs à l’aurore. »
    .
    Léon-Gabriel Gros (« Poèmes en marge »).

  3. Éclaircie dit :

    Merci de nous nourrir toujours de poésie. Je découvre cet auteur et apprécie plus encore le deuxième titre offert.
    Ah ! le temps, ce maître sévère.

  4. Elisa-R dit :

    Superbe poème ! Merci 4Z de nous le faire découvrir.

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