Humanoïde-Elisa-R

 

Je voudrais écrire sur vos mots
Traverser les pages de petits signes noirs
Que personne ne pourrait lire.

Je voudrais vider les lacs, écrire en bleu
Je voudrais jeter ce qui me pèse
Me libérer
De cette cage, bien trop petite
Qui m’emprisonne.

Je voudrais courir, des jours durant, jusqu’à l’océan
Et devant lui, ouvrir les bras et respirer.
Faire cesser ce martèlement, tic tac régulier
Devenu lanscinant.

Je voudrais vivre et desserrer ma machoire
Faire cesser l’angoisse
Qui grandit malgré le manque d’espace .

Je voudrais être humain .

10 replies on “Humanoïde-Elisa-R”

  1. Elisa-R dit :

    Eclaircie : merci.

  2. Éclaircie dit :

    Une prière d’humanoïde, que parfois certains humains peuvent reprendre.
    J’aime beaucoup l’idée des bras ouverts face à l’océan, la respiration se mêle alors au vent.
    (les mâchoires serrées m’évoquent le silence imposé ou que l’on s’impose parfois)

  3. Elisa-R dit :

    Plaçons le « s » dans la boîte prévue à cet effet, ce sera moins lancinant…

  4. 4Z2A84 dit :

    Un texte magnifique, martelé par ce « je voudrais » qu’humanoïdes ou non nous prononçons tous en espérant que nos rêves se concrétisent. « Je voudrais vider les lacs »…boire l’eau des étangs, aspirer avec une paille celle des golfes…Ton poème, comme celui publié ici récemment d’Eclaircie, engendre d’autres poèmes…Les poètes inspirés inspirent.
    A propos d’humanoïdes, on traduisit ainsi le titre d’un roman de science-fiction du très talentueux Philip K. Dick : « Les humanoïdes rêvent-ils de moutons électriques ? »

  5. Elisa-R dit :

    Merci Eclaircie et merci 4Z. Mon humanoïde (notez que je dis aussi « mon chat », « mes enfants », « ma mère » et je sais pourtant qu’aucun ne m’appartient.) dort encore mais il m’a demandé , hier, de lui acheter ce roman de Ph. K. Dick.

  6. Heliomel dit :

    Un manque d’espace pour un humanoïde, c’est embêtant non?
    Plus sérieusement, ce poème fait rêver et le tic tac s’il en était besoin, nous empêche de nous endormir.

  7. 4Z2A84 dit :

    Le livre de Dick a aussi été publié sous le titre de « Blade Runner » car c’est sous ce titre que Ridley Scott l’adapta au cinéma en 1982 dans un très bon film.

  8. OulRa dit :

    C’est le texte habité d’un Hal intérieur.
    Je voudrais vivre et desserrer les mâchoires : bien des cyborgs et leurs pièges à loup ont ces aspirations.
    Inspiré, oui.

  9. Elisa-R dit :

    « Blade Runner », à revoir avec plaisir (avec Harisson Ford je crois).

    Cyborgs bienvenus à bord mais ils sont priés de laisser les pièges dans la boîte à clés de l’entrée.

  10. phoenixs dit :

    Le travail est bien commencé chez certains, dont vous 🙂

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