De l’âne au coq

01.07

Heure ordinaire, cependant que remarquable. Voilà déjà 16 minutes que le réveil a sonné dans ces méninges.

etc

L’idée : l’improvisation. Le sujet improvisé par le passant. La lecture, improvisée par le passant. Qui peut être le même un autre ou un autre même improvisé

Ce matin pour moi, les romans que je vais écrire. J’ai déjà les titres :

Angèle et Lucie,

Le champ de soja

écrire la nuit

Et caetera

1.11 heure remarquable autant que banale.

première retouche à 01.13

39 replies on “De l’âne au coq”

  1. Éclaircie dit :

    Ils sont rentrés, ça glissait m’ont-ils dit. Ils sont rentrés, demain ils repartent. Ils sont rentrés, lui a claqué la porte, oh ! pas de colère non, juste une ivresse à peine visible. Ils sont rentrés, elle conduisait, elle fume un peu, ne boit pas, je crois, roule vite cependant. Ils sont rentrés, je n’ai pas non plus vu la lune, pas plus que d’étoile.

    Cependant le temps semble devenir sec. Les grillons et le rossignol en débattent, demain sera un beau jour, avec ou sans soleil.

    Je vous laisse, vais « lirailleurs », je suis insatiable…..etc.

  2. Elisa Romain dit :

    J’ai le cou en chandelle
    La nuque en colimaçon
    Les rêves sont encore dans l’escalier
    Bouche bée
    Ma tête oscille entre une oreille et l’autre
    Oreillers assassins
    Mangeurs démesurés
    Des sons étouffés
    La radio me porte au jardin
    Il fait chaud
    Moi j’ai froid
    Ca y est
    Je suis éveillée…

  3. Orgue-rouge dit :

    L’âne est fier dit l’âne
    tout âne qu’il est
    de présenter au ciel
    qui s’ennuie sur mon toit
    un des tours que le vent
    ficelle dans mes cartons
    Déborde alors d’une carotte creuse
    et lui servant d’oreille
    un vaste manoir bleu
    taillé dans un petit pois
    d’où sort bras tendus
    un valet myope qui dit Bonsoir
    ou à peu près
    et qui s’en va

    Bon, je vais prendre l’air, visiter les poissons rouges au fond du jardin.

  4. Éclaircie dit :

    Hier les grenouilles n’attendaient que moi pour (croasser est si laid) chanter dans la mare de Benoit, tandis que ma chaussure était happée par la boue, la boue, dévalée de la colline à l’ouest.
    Patoche aussi fut surprise.(par la boue).
    Il était 6.3h, la rue était à nous, le soleil venu nous saluer n’est pas resté, appelé ailleurs, ou las de nos dérives réciproques.

    On pense le merveilleux et l’on fait de nos vies des enfers.

    Heureusement, ici est l’Eden.

    « Ecrire la nuit  » est un titre d’une platitude…

    Coucou aux cavaliers de l’âne.

  5. Éclaircie dit :

    Un parisien m’a dit que les orages passaient inaperçus sur Paris (c’était avant-hier). Je crois alors qu’il a dû être heureux

    C’est vrai que dans le 20ème se promener nu sous l’orage, peut parfois vous entraîner à vous sécher à l’ombre

    Mais venez chez moi (enfin, non, dans ma contrée) .
    Commencez par garder le tee-shirt sous la pluie presque horizontale Douche de vapeur exquise, puis le tissu perd des degrés, alors quittez tout et savourez.

    Ma grand-mère Angèle, lyonnaise avait si peur de l’orage qu’elle se cachait dans un placard….et elle choisissait celui où ce trouvait le compteur électrique. Ça ne s’invente pas…..

  6. Éclaircie dit :

    Parfois, je me dis
    nous devrions nous asseoir
    et lire
    relire
    ces chemins de vie

    oui mais comment alors vivre l’instant d’après
    celui si beau
    qui donnera le piment au jour

  7. Éclaircie dit :

    Improvisation ?
    en poésie ?
    en mot ? en lettre les deux?
    02.02 heure porte bonheur
    entre toutes, entre d’autres

    La nuit est chaude, étoilée, claire, le hérisson rouge est mort, vive le jaune.

    La lune a oubliée de me dire l’heure de notre rendez-vous et l’homme jour ailleurs. Je l’entends rire.

  8. 4Z2A84 dit :

    Moi je choisirais le placard dans lequel se trouvent les confitures.
    Bébé.

  9. 4Z2A84 dit :

    Le hérisson rouge est mort d’avoir trop bu de vin. Avant, il était jaune comme son camarade.

  10. 4Z2A84 dit :

    La lune se trompe souvent d’heure. Aussi la ponctualité n’est-elle pas son fort. On lui conseille de changer de monocle.

  11. Éclaircie dit :

    Bébé devra laver les dents après sa gourmandise
    lever de Lune le 07.06.2011 10h39

    Les hérissons camarades jaunes rouges ou bleus s’interrogent de leur avenir

    La Lune est imbattable (comme une femme) elle fait croire à 4Z qu’elle ne maîtrise rien, alors qu’elle dicte sa vie depuis 2073 ans (l’âge de 4Z)

  12. Elisa Romain dit :

    La lune est cachée derrière mes volets, elle chantonne un air de Debussy (« Clair de lune » ), sans doute pour m’aider à dormir. C’est inutile : je m’endors si vite que, régulièrement, je garde mon livre entre les mains.
    Elle est présente si souvent, la lune…
    Je connais un homme qui a peur des orages, une peur enfantine, comme si le tonnerre devenait la voix d’un père. Un père très en colère, c’est évident.
    2073 ans, c’est un bel âge ! Mais quand on a quatre cerveaux, quel âge a-t-on vraiment ? Sans doute faut-il diviser les étoiles par trois mers et, peut-être, un océan .
    Aujourd’hui, j’ai relu des poèmes de Prévert et j’ai retrouvé le pilier derrière lequel je ne voyais rien de la messe quand, enfant, j’accompagnais ma grand-mère à l’office du samedi. Personne ne s’est rendu compte de l’importance de ces retrouvailles. C’était une drôle de journée, Debussy (ou bien est-ce la lune ?) ne se débrouille pas si mal pour la conter. Ecoutez …

  13. Éclaircie dit :

    Elisa va entraîner un miracle
    je ne connais pas le piano , en ai peur. Pourtant là j’écoute , car la lune m’a confié qu’elle adorait Debussy.

    Je fais, grâce à vous des retrouvailles tous les jours, avec la vie, c’est « drôle » en effet.
    Naître et avoir 2061 ans, quelques cerveaux et toutes mes dents.

  14. Éclaircie dit :

    ce vide où l’on s’accroche
    au delà de tout
    pour aimer si fort
    qu’on se détache de nous
    et qu’importe la corde
    si l’arbre qui l’épouse
    retient en son sein
    le mot l’oiseau
    et le fou

    Ce fou qui va si loin
    et qui se rit de tout
    même dans vos matins
    qui le surprend jaloux
    de n’être pas l’étoile
    et mourir par le feu
    que le soleil explose
    à chaque rendez-vous

    quand de la nébuleuse
    vapeur et fumée floue
    leur semblent un onguent
    mais que la plaie les rongent
    je préfère mon sang
    battant ses derniers jours.

    0.13

  15. Éclaircie dit :

    03.30
    Au ventre de la grotte, la tripaille s’étale ne laissant pas une once de terre affleurer. De couleur brun sanglant ou rouge virant au terre de sienne.
    Tandis que cent pourceaux affamés s’entre-tuent et alimentent le flot des relents perdus.

    Sur une estrade au fond, un homme muré entre quatre miroirs hurle à la nuit qu’il croit deviner

    les murs suintent d’un liquide qu’on prendrait pour du sperme s’Il n’était émasculé, on ne sait par qui.

    Y-a-t-il des spectateurs ? on les entend glouglouter de lubricité, sans les voir.
    C’est une mise aux nues ou à mort, les deux sûrement.

    Demain ne restera qu’un peu de fumée âcre, les monstres auront péri.

  16. Éclaircie dit :

    La fumée s’échappe par les oreilles, les yeux, les soupières et les corridors. Le roman dort encore, ne le réveillez pas sous peine de le voir mugir, se repaître de vos entrailles, vous précipiter dans la toile d’un grand peintre ou d’une araignée, s’envoler laissant son encre fondre comme pluie de nuit.

    Je fouillerai au fond des coffres
    des puits et des lacs
    pour retrouver l’heure enfuie
    Je creuserai dans les murs
    de grandes baies
    que la nuit s’invite et s’installe
    dessine encore ces signes dans mes mains
    lignes de vie sans faille
    Alors abandonnant tous les reflets
    les bulles et les filets
    j’entendrai la musique
    que le vent joue pour moi

  17. 4Z2A84 dit :

    On déménage
    Pour aller où
    Pour aller n’importe où dans les ténèbres
    On compte les heures
    Mais d’une seconde à l’autre leur nombre varie
    Elles assombrissent la fenêtre
    Nous privent du bonheur
    De savoir qu’une issue à la vie
    Se trouve sous nos yeux
    Comme une soupe impatiente
    Tout refroidit si vite
    Le corps et l’âme
    Plus encore que le corps et l’âme le silence
    Il brûlait de tout dire
    De rompre avec la mort
    Mais rien ne sort
    Rien non plus ne mûrit
    La langue se dessèche
    Et la cuillère écarte les glaçons
    De soi on ne savoure que l’absence
    Se rattraper saisir son ombre
    La rendre au fleuve d’où la tire l’hameçon
    Une nouvelle chance
    De très haut la foudre s’élance
    Et s’élève au lieu de tomber
    On l’attendait ailleurs
    Sur des cercueils plombés
    Les locataires à l’étroit
    A qui l’on sert un vin meilleur
    Que celui des bouteilles
    Attendent leur réveil
    En gravant leur chiffre dans le bois
    On réchauffe la soupe on la boit
    Alors la visite commence
    Par des forêts encaustiquées
    Dont tous les arbres sont des meubles
    Sous l’écorce le linge dort
    Le ventre s’arrondit pour imiter la meule
    Des œufs multicolores s’y s’abritent
    On tond le ciel
    On l’étend pour qu’il sèche
    Chassez les miettes et les mouches
    L’azur soupire artificiel
    Poumons ou sabliers se dépensent sans bouche
    En travaux dont le cours nous laisse indifférent
    S’ils parlaient nous n’écouterions pas
    Nous n’accordons notre oreille qu’au vent
    Encor faut-il qu’il domine l’orchestre
    On trouble l’horizon avec des instruments
    De musique et les nues en brûlant leurs affiches
    Le plafond vert pend
    Quoique collées les mouches vrombissent
    On les entend dans la tête d’un autre
    Tout en caressant le mur lisse
    Où le portrait de l’inconnu est accroché
    Peint lorsqu’il disparaît à l’angle
    D’une rue sans nom
    D’une rue dont aucun plan de la ville ne signale le parcours
    Entre le cimetière et l’usine à fabriquer des poupées
    J’étais l’une d’elles on m’a jetée à la poubelle
    Quand j’ai su dire maman et tendre les bras
    Mes bras sont une passerelle
    Entre ce monde et un monde meilleur
    La soupe n’attend pas
    Qui la boit glacée meurt
    Un corbillard sous la neige
    Et tous ces yeux collés aux vitres
    L’haleine dans laquelle je trace un cœur
    Du bout d’un doigt qui m’obéit
    Ou non
    C’est selon son humeur
    Et tous ses visages sur lesquels il faut mettre un nom
    Pour les reconnaître
    Comme les siens dans d’autres circonstances
    Dans des existences parallèles
    Un sourire flotte hésite avant de se poser
    Sur une bouche qui n’en veut pas
    Car elle est amère
    Et tient à le rester
    Mon amertume m’appartient
    Ma maison se sert de moi comme d’une lézarde
    Oui notre aspiration au bonheur s’use
    Le ressort du réveil a besoin d’être remonté
    Et vous lirez l’heure entre les poireaux et les pommes de terre
    Vous lirez l’heure dans l’eau de la carafe aux moments des glouglous
    Vous lirez l’heure sur les vagues empanachées de neige
    Et vous la crierez à ceux qui veulent l’entendre
    D’une autre bouche que celle des égouts ou des volcans

  18. Éclaircie dit :

    La lune nous suit
    où que l’on aille
    nous précède parfois
    lorsque nous feignons d’être mort
    alors que nous prenons seulement un bain
    dans l’océan qui nous rejetterait
    si nous osions bouger
    Des îles nous croisent sans nous saluer
    les phares indifférents portent ailleurs leur faisceau
    Nous avons pris garde d’emporter un livre
    dont nous lisons toujours la même page
    et la nuit nous berce faisant fi des éclipses

  19. 4Z2A84 dit :

    Autour de la lune voltigent des papillons que l’on confond avec les étoiles.

  20. 4Z2A84 dit :

    La lune est le centre de l’univers.
    La preuve ?
    On la met dans sa poche.

  21. 4Z2A84 dit :

    Quand la lune sourit, gare à ses cornes !

  22. 4Z2A84 dit :

    La lune se remonte comme un vieux réveil.

  23. Éclaircie dit :

    Sur le palier de l’entresol, le silence s’est assis, dans un coin de mur. Il sait le jour naissant, le murmure des arbres, la lucarne sous le toit. Il guette le passant, l’attire dans sa toile, l’enlace, l’étreint, le broie. La rampe inutile poursuit sa course, seule.

  24. Éclaircie dit :

    Le mur devient miroir que nous dépasserons
    « la lune dans la poche » le « réveil » oublié

    Les lettres se lisent dans la fumée
    dans la suie se dessinent les chiffres
    que nous mêlerons à la cendre tiède
    pour écrire demain
    et toujours regarder au cadran de l’horloge
    les aiguilles envolées pour inventer le temps

    Il m’a offert le monde celui de la rivière

    S’il doit rejoindre l’océan
    je veux être la vague
    entendre encore son chant

    Au matin le rêve irisé
    ouvrira mon chemin

  25. 4Z2A84 dit :

    Le miroir dans le mur.
    Le mur dans le miroir.

  26. 4Z2A84 dit :

    Le temps serait-il une invention des horloges ?
    Des clepsydres.

  27. 4Z2A84 dit :

    Près de la plaine liquide

    Nous habitions près de la mer
    Elle ne nous quittait pas des yeux
    Ses regards pesants n’intimidaient personne
    Même les jours où le vent soufflait

    Cependant les vagues prenaient de l’ampleur
    Insistaient pour visiter la maison
    Traverser la cuisine dont brillait le linoléum
    Se jeter sur l’escalier en gravir les marches
    Sans s’arrêter devant les portraits des ancêtres
    Entrer dans nos chambres toujours parfumées quelquefois fleuries
    Et dans le salon l’une de nous les attendrait
    Vagues dirait-elle mais le son de sa voix
    Couvert par le bruit de la tempête même une ouïe très fine
    Ne parviendrait pas à le discerner

    On ne saisit pas non plus l’air que le courant emporte
    On se contente de fermer les yeux
    Et de lui offrir notre front notre cou et nos épaules
    Car son habileté à caresser
    L’emporte sur celle des mains

    Lorsque nous habitions près de la mer
    La lune occupait une place considérable dans le cadre de nos fenêtres
    On la trouvait partout à la fois
    Accueillie par d’autres points cardinaux
    Que ceux que nous connaissons depuis toujours
    Elle paraissait se multiplier pour répondre à tous

    Nous l’invitions à venir se réchauffer
    Il y avait toujours sur la cuisinière une grande bassine d’eau
    On y lavait les enfants
    On y laverait la lune si elle consentait à descendre
    On lui frotterait le dos avec de grosses éponges
    Alors elle sourirait peut-être
    Et en apercevant sur la table le pain à côté du bol
    Elle ne dirait ni oui ni non
    Quand nous lui offririons de partager notre petit déjeuner

    Et si les vagues veulent se joindre à nous
    Si elles insistent pour boire le café
    Pour mordre la tranche de pain beurrée
    Comment les persuader de rentrer chez elles
    De retourner dans la mer près de laquelle nous habitons
    Dans la mer qui les étouffe
    Dans le giron de leur mère qui les aime trop

  28. Éclaircie dit :

    les limaces fêtent le départ des hérissons bleus et tracent sur la vitre l’itinéraire pour leur parentèle et leurs amies quand les salades dodues se cachent sous un rayon de soleil, même timide. Le bois s’échauffe pour le marathon d’hiver tandis que le chien tressaille et rêve de sa jeunesse (a)dorée. le tilleul retient ses feuilles dans les matins déjà brumeux.
    —-

    Les hommes s’acheminent vers ces salles trop blanches et veulent retenir le toit de briques rouges, au souffle tranquille, dont la moindre tuile appelle l’écho des chants enfouis.
    Le pas résonne, qui gravit la colline où il cherche dans l’ornière l’empreinte d’autrefois, dessinée par le ruisseau.
    À la lisière des certitudes oscillent ces toiles qu’il nous faudra franchir comme autant de fenêtres fermées à la lumière.
    Sur la margelle du puits, l’oiseau s’est posé avant le voyage qu’il ne fera pas, les ailes brisées, mais offrant la couleur au jour hésitant.

  29. Éclaircie dit :

    Courant brisé par les pierres blanches
    Le ruisseau pris au piège de l’eau dormante
    s’étonne de ses rides

    La maison ouvre son ventre
    aux inconnus de passage
    et renvoie l’écho de sons assourdis
    invités autrefois dans le grenier et les draps
    à nourrir la flamme reflétée par le miroir

    Les dalles de la terrasse
    ont gardé la chaleur de l’été
    et la trace du pied à l’aurore

    Le tilleul endormi
    que frôlent les nuages
    retient dans ses feuilles
    le balancement des heures
    et la fièvre des mots franchissant le portail

    Ailleurs le ciel attend le chant retrouvé

  30. Éclaircie dit :

    La lune est cet enfant que l’on berce la nuit
    Quand l’écharpe de brume épouse son visage
    Elle offre l’abandon berceau de nos envies
    Et s’efface au matin nos voix dans son sillage

  31. 4Z2A84 dit :

    A quoi reconnaît-on la lune ? A son sourire.
    ……………………………………………………..
    ……………………………………………………..
    ……………………………………………………..
    On a beau dire, les alexandrins – inspirés comme ici – c’est toujours le top. (Discutable).

  32. Éclaircie dit :

    L’heure est calme presque absente
    Un arbre fatigué s’allonge sur le sol
    Dans un bruissement de feuilles déjà sèches
    Ou peut-être est-ce un pan de ce clos
    Qui ouvre l’espace
    En écartant les taillis grandis là pour fleurir l’immobile
    Et retenir le voyageur dans sa hâte de fouler l’inconnu

    Le temps reprend son cours
    La nuit se replie sur le silence
    L’étoile entraînée par le vent

    Le regard qu’aucun voile n’emprisonne
    Franchit la crête et gagne l’horizon

  33. 4Z2A84 dit :

    « L’étoile entraînée par le vent »
    on ne la retrouve pas dans son filet à papillons
    mais dans son imagination, oui.
    Avec le réel.
    Car « tout ce qui est créé par l’esprit est plus vivant que la matière » (Novalis).

  34. Éclaircie dit :

    Poulie rouillée
    l’eau s’endort au fond du puits
    Sentez-vous la plume
    échappée de l’oiseau ?

    Rives glissantes
    la rivière abandonne son lit
    il reste l’instant
    l’instant immobile
    Vous souvenez-vous
    du chuchotement du temps ?

    Clos défait
    les broussailles fleurissent
    l’arbre protège son écorce
    quand la feuille s’absente
    Regardez-vous
    l’empreinte déjà séchée ?

    Hier encore le soleil est venu
    dessiner des signes sur la pente du toit
    la mousse les recouvre
    et le vent s’éloigne sans les déchiffrer
    La flamme aura déjà le goût de cendre
    avant même d’embraser la page blanche

  35. 4Z2A84 dit :

    L’eau dort au fond du puits…
    Et pourtant…Pourtant ?
    Le rivière a abandonné son lit !
    Le vent s’est éloigné sans déchiffrer l’écriture du soleil !
    L’arbre – inquiet ? – assure une protection quasi militaire de son écorce
    dès qu’une feuille s’absente !
    Sans doute ne s’agit-il pas alors de n’importe quelle feuille.
    On la confond avec la page blanche.
    Pour lutter contre la stérilité
    on écrit vite entre les nervures.
    Le chuchotement du temps dicte.

  36. 4Z2A84 dit :

    On n’est jamais à l’abri de soi-même sous la coupe d’un autre
    On regarde le ciel dans les yeux il les baisse
    On se souvient de ses premiers pas on anticipe sur les derniers
    On consacre à sa liberté d’étroites limites
    On concède à son cœur toutes les illusions qu’il souhaite
    à sa vue pléthore de leurres
    à ses mains d’insaisissables hanches
    La neige on secoue la boule de verre pour en voir des flocons
    Le fleuve on s’y baigne quand l’eau s’envole
    La rue on la traverse en restant chez soi
    Le soleil on le boit sans soif à l’ombre
    La lune elle éclate dès qu’on la touche – une bulle
    Si la lune est une bulle toutes les bulles sont des harpes
    Les cordes des voies vers le paradis
    Car le paradis se trouve de l’autre côté de la tête
    sur la nuque
    comme un troisième œil
    dans lequel on entre sans montrer patte blanche
    On s’efforce en vain d’effacer ses propres traits avec un chiffon mouillé
    (une éponge risquerait d’absorber l’esprit)
    On se résout à plier son visage
    (après lui avoir donné comme à un mouchoir un coup de fer)
    on le glisse dans sa poche
    (dans sa poche revolver ?)
    Il neige sous la boule
    Et la lune reforme sa bulle pour le plaisir
    d’exciter la jalousie des étoiles
    des étoiles lointaines
    ah ! toujours lointaines !

  37. 4Z2A84 dit :

    Comme au premier jour
    La coquille se casse et le mot sort de l’œuf
    Un mot insignifiant
    Un mot qui se répète à l’infini
    Et qui ne veut toujours rien dire
    L’entendez-vous
    Lorsqu’il s’efforce de révéler son existence
    Il est le premier mot à s’être exprimé
    Avec l’espoir que nous le comprendrons
    Vient-il de trop loin
    Sur des ailes trop faibles
    Pour capter notre attention
    Un murmure dans le vacarme d’un monde agité
    Nous ne lui prêtons pas l’oreille
    Nous avons mieux à faire
    Que d’écouter naître la poésie
    Une voix survole le désert
    Puis les continents habités par les hommes
    Une voix dans laquelle un mot mûrit
    Comme une amande dans l’engrais
    Des lettres sont lâchées
    Parachutées
    On en retrouve parmi les salades
    Dans les jardins potagers
    Ou sur les toits à côté des girouettes
    Et des antennes qui captent d’autres voix mieux timbrées
    Et des images pour le plaisir des yeux
    Le premier jour avec les derniers s’acoquine
    Le passé le présent le futur mélangés
    Versés dans la soupière et posés sur le feu
    Cuisent aussi longtemps qu’il le faut – leur fumet
    Enivre l’affamé
    Nous mangerons au-delà de la jauge
    Et les mots seront nos épices
    Nous en inventerons ils se multiplieront
    Car nous devrons nommer des choses
    Qui n’osent pas encore se montrer
    Des ombres en train de changer de peau
    Les voyez-vous langoureusement se tordre
    Parmi des nuages paresseux
    Dont le vent renonce à mordre les jarrets
    De loin elles ressemblent à ces bulles
    Dans lesquelles nous écrirons : « Ne soyons pas les ultes
    A cueillir des vrisoles
    Sur les plouzes du graque »

  38. Éclaircie dit :

    Toujours avec étonnement et ravissement on te lit et il nous vient l’envie de te suivre…jusque dans la lune.
    Si l’on a perdu le Mot, on souhaite ardemment qu’Il nous trouve et dans le matin encore sombre qu’il soit cet enfant dessiné par les nuages ou par le ciel, avec ses yeux ronds grand ouverts, sa bouche fine et son murmure adressé à la nuit.
    Alors même le silence sera cette musique en nous, qu’un jour nous saurons peindre et offrir au vent.

  39. Éclaircie dit :

    Croisée de routes
    le pas hésite
    à franchir l’ornière
    abandonner l’empreinte incertaine
    des ruisseaux disparus

    On espère la nuit
    aux fenêtres ouvertes
    un arbre à l’écorce râpeuse
    un orage pour étancher la soif
    même si la brûlure de l’éclair
    laisse sur les lèvres le parfum
    de l’ultime sursaut

    Et le vent court sur le chemin
    ouvrant l’espace
    creusant le lit
    qui n’attend que mon chant

    Le portique se dresse
    à la frontière du silence
    ses voûtes vibreront sous les nouveaux échos

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