Noël au balcon, recomptez les moutons

 Je n’ai plus la tête dans les nuages

Depuis que ciel crache des noyaux

Ni même le goût du voyage

Dans ces berlines qui vont au trot

On reste chez soi quand il neige trop

Pour tromper les apparences

Tendre à son poisson rouge un micro

Ne le distrait pas du silence

Dans lequel il s’enferme comme dans un couvent

Une jeune fille au regard émouvant

De peur de les éveiller taisons-nous

De telles énigmes seul le temps les dénoue

Ainsi j’ai retrouvé ma tête

Et vous vos yeux sous la voilette

 

Le guetteur attend au coin des pensées
Que le bleu du ciel envahisse les oreilles
Masquant à la vue les vols de grues
Les volutes des cheminées éteintes mais frondeuses
Les pattes d’oie sur sol meuble
Il sait que les sables ne sont mouvants qu’à heure fixe
D’un clou il immobilise les hiboux dans leur cri
La forêt soupire et cache ses dernières feuilles
Où est écrite la fin de l’histoire secrète
Des amours interdites de la lune et du poète
Il avait le dessein de l’enlever à l’aube
Mais d’un croissant de plume malhabile
Il a sombré dans le reflet d’une étoile jalouse

De l’étable voisine

Il neigeait de l’avoine

Des cliquetis de licous

Et des secrets d’alcôve

Depuis le lit fermé

Des soupirs de désirs

Des sourires de dentelles

Mettaient la paille en feu

Débonnaires de minuit

Les heures s’envolaient

Vers les cendres du matin

Frileuses croquemitaines

Il naitra en septembre

Murmura René

Il aura tes yeux dit Julienne

On l’appellera Noël

 

 

L auscultation lui donna raison

Les borborygmes de son ventre étaient long et sourds

GLOU OU OU

Le manuel du castor junior lu avait appris a les reconnaitre

Le souffle utérin de sa mère ne ressemblait a rien

Au PLIC PLOC de l’eau sauvage

qui envahissait son estomac repu

C’Était donc ça! La vie…

Était il raisonnable de sortir ?

Seule la tendre voix d’un quadrupède l’attirait hors des entrailles

MEUHHH

Sa main s’aventura dans la chair

Et quand son doigt dodu toucha ce museau humide et chaud

Il la vit: Marguerite , la vache rouquine

 

par ordre alphabétique  eclaircie heliomel 4Z2A84 téquila

5 replies on “Noël au balcon, recomptez les moutons”

  1. Éclaircie dit :

    il faut s’attendre à la naissance de tout être supra-naturel, lorsqu’il neige, surtout dans les crânes des poissons qui vivent cachés dans la paille, entre les flocons et le couvent. Rentrez vos balcons ! c’est bientôt les moutons de Noël.

  2. Éclaircie dit :

    (Quelques petites retouches sur la fin du texte, et la guirlande sera plus belle encore pour décorer le balcon.)

  3. 4Z2A84 dit :

    Le poète avait le dessein d’enlever à l’aube
    La jeune fille enfermée dans un couvent
    Mais les heures s’envolaient vers les cendres du matin
    Et quand sa main s’aventura dans sa chair
    Le double utérin de la Mère ne ressemblait à rien
    Qu’au souvenir d’une paire d’yeux sous une cornette

  4. Elisa-R dit :

    Les couleurs de la guirlande se reflètent dans les regards, la cornette les met bien en valeur. Vues de l’intérieur comme de l’extérieur, ces couleurs dessinent de jolis sourires sur les bouches. Et le spectacle se poursuit dans la colonne des commentaires !
    Bravo !

  5. Heliomel dit :

    encore un accouchement (j’allais dir un attouchement!) réussi

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