Monthly Archives: janvier 2022

Chemine haut,


Toi qui passes dans l’ombre
À peine silhouette au baluchon
Image d’Épinal usée
Si contemporaine pourtant
La route disparaît sous tes souliers
Pas à pas
Lourd ou léger
Garde la tête à l’horizon plantée
Au-delà de ce monde qui balise
Nos voies privées…

***

Chemineau sur les rails de sa vie
parfois dévie, jamais ne jure
car l’aventure et ses phobies
font de lui le type qui assure
ainsi les années s’ensuivent
le temps, ce mécanisme
huilé mieux qu’un truisme
dans une vie subversive
sur un quai menant à l’arrêt
entre destins et sa trajectoire
chemineau son histoire
qui s’écrit au gré de son trajet

***

Regard perdu entre les brindilles
les fourrés et les arbustes.
Plus loin, entre les grands arbres encore nus.
Le pied seul sait, 
sait le chemin à parcourir
l’itinéraire à emprunter.
Il sait où la tête doit aller
pour apercevoir avant l’aurore
la lumière indispensable à l’éveil.

***

La sente grimpait
Dans les nues – tout là-haut
Redescendait
C’était où déjà ?
C’était là, tout simplement. Regarde ! Ah ! La belle illusion !
La belle illusion !
Pourquoi cherchais-tu ailleurs
Ce qui montait et descendait
Dans ta poitrine
L’univers, une belle machine, une fabrique à nostalgie
Qui réinvente l’infini
D’une poignée de sable

***

Va ! Au fil de l’eau
Réfléchissant 
Gentil Chemineau, 
Au cours de ton voyage, 
Tout en chantant, 
1001 nouveaux visages, 
Sur ton chemin-haut, 
Tu rencontreras. 

Traversant parfois
Une montagne, un océan, 
Une plaine, un visage ami
T’enlèvera une plaie à l’Âme, 

Dans une inspiration soudaine, 
Chemine, trottine, 
Tout reprend sa droite ligne
En retrouvant son alignement



Le thème “Chemineau” et le titre ont été proposés par Béa.
Nos contributions jointes par les étoiles :
Béa * So-back * Éclaircie * Bossman * Marjolaine

Route

Longue et étroite
La route qui mène à chez moi
De plus en plus longue
De plus en plus mince
Un fil invisible
Est-ce un problème de largeur
De longueur ?
Nombreux sont ceux qui se perdent, qui se noient
Ou qui font franchement demi-tour
Mes visiteurs ?
Sur les doigts d’une main
La nourriture que je propose ? Âcre et sans saveur. Un peu d’eau froide
Voilà un hôte bien rude, dit-on
Mon jardin 
Est couvert de broussailles
Un bush, une jungle
Les limites sont peu sûres
Philosophes, les géomètres ont renoncé à arpenter mes terres
Ceux qui parviennent jusque-là, je leur dis
Asseyez-vous, ne cherchez plus,
Écoutez la chanson
De l’herbe sauvage