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De nouveau ce paysage

Un désastre. Des ruines. Tout ce sombre!
Il suffit d’ouvrir les yeux pour le voir.

Un personnage est posé dans l’image.
Perdu.
Qu’on le pende, tout de suite !
Ca lui évitera de souffrir quand les rats
Recommenceront à grignoter sa cervelle.

Pourquoi reste-t-il ? Pourquoi ne fuit-il pas ?
Je le hais d’être là, immobile, patient
A attendre on ne sait quoi !

Il voudrait être avec eux, se faufiler, ramper.
Il espère un éclair qui leur rendra sa forme
Ou lui donnera la leur.

Quel crétin!

Venez les rats: petits, petits, petits!
Venez la manger sa toute petite cervelle.
Régalez-vous !

Et lui reste là, offert, sourire béant.
Béant comme son crâne…

Carcasse à sécher aux soleils invisibles.

Eaux troubles

Je reviens du néant
Zone froide dépourvue d’artifices .

J’ai marché loin des guerres, des éclats et des mines
Sur un fil .

J’ai souffert de ne pas souffrir
J’ai bu l’eau des étangs, trouble, malodorante .

J’ai nagé, dos contre terre, dans le bleu délavé
De l’été qui s’étiole en brouillards silencieux .

J’ai cessé de parler
Pour entendre les sons des vivants quotidiens .

Je reviens
En cette zone fertile dans laquelle vous vivez .

Je reviens
En cette zone fertile dans laquelle nous vivons.

Voyage

J’ai perdu la notion des heures
Quelque part, entre Albi et Chambord
J’ai dormi, les yeux ouverts
Allongée sur un soleil coupé en deux
Orange sanguine charmeuse

Dangereuse

J’ai oublié mes pensées
Quelque part, entre le rouge d’une ville
Touristique
Pathétique
Et le gris d’une vie
Ordinaire

Unique

J’ai marché, les bras ballants, les mains pendues au bout. Inutiles, sèches. Incapables de tracer la moindre étoile. J’ai erré dans les paysages des autres, arides. J’ai écouté le silence des mots, l’ai laissé me remplir, me vider. Puis, posée sur la roche chauffée, aux côtés des racines de la terre, parfumées de lavande, j’ai offert ma présence à ce pays magnifique qui n’en avait nul besoin. Et me voilà, ètrangère chez moi. Dépaysée.

Les herbes occupent les allées
La nature dissimule nos traces
Sous de lourdes couleurs

L’autre moitié du soleil est froide