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Les tendres ébats.

J’étrangle des sanglots dans ma bouche fermée,
Je crie des mots muets à ton oreille close,
Et quand j’ouvre les yeux dans cette nuit morose,
Je ne vois rien, bien sûr, comme à l’accoutumée.

Quelque chose est cassé, ou parti en fumée.
L’irrésistible usure du temps qui impose
Le sceau de nos destins frêles comme une rose,
M’a fait croire en la vie, perdue sitôt nommée.

Combien de temps alors faudra-t-il espérer
Te voir ouvrir la porte et oser y entrer,
Et sentir contre moi la chaleur de ton ventre?

Retrouver la jeunesse en de tendres ébats
Vaut mieux que s’enterrer en triste célibat
Et précéder la mort qui t’aspire en son antre.

Le carré blanc

Les temps changent, les injustices restent…

Il y a quelques siècles, Jeanne d’Arc fut condamnée pour avoir porté des habits d’hommes. Il y a quelques années, Chantal Noblecourt, présentatrice à la télévision, se retrouvait au chômage parce qu’elle montrait ses genoux sur le petit écran…
Aujourd’hui, on tolère tout avec la loi des « choses bises », dans la licence du spectacle, mais si mes souvenirs vous choquent, conservez-les dans le frigide air du temps.

Ma grand-mère, femme sage s’il en fut, mourut avec un regret : celui de ne jamais avoir fait l’amour dans la neige. Certes, bien des hommes lui auraient proposé ce plaisir si elle avait manifesté son désir sur la place publique, mais rien que le mot publique faisait rougir sa conscience de femme au foyer.

Et comment exprimer son désira l’homme qu’on aime quand celui-ci déclare qu’il n’est pas besoin du grand jour pour faire ces choses-là.

Elle dût attendre les lueurs blafardes de la mort pour confier à son gendre : « C’est la première fois que je vois mon mari tout nu ».
La loi du corps et les élans du cœur ne devraient-ils pas être la raison d’état du bonheur ? Aujourd’hui, ses phantasmes ne troublent plus que les fantômes en aubes blanches.
Pourtant, tant bien que mâle, ils eurent ensemble, sans heurt et sans reproche, quatre enfants qui donnèrent dix petits-enfants, et c’est l’un d’eux qui déplore aujourd’hui qu’un cristal de plaisir ait fondu au soleil des convenances sans avoir engendré d’étoiles.
Mais les anges n’ont pas de sexe et leurs auréoles ne font pas de taches sur les draps de l’infini… juste une trace de regret sur les descendants de leur lit.

Eros de Glécy