Pointillés

Pointillés

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En pointillé je pose les couleurs

Sur cette toile blanchie

Meurtrie par le silence

Et les ans passés

Par cette vie en dehors de la vie

Le vide enfin vivifié

Ne plus écouter la sentence

Humer au gré de son humeur

Les belles pages de ce livre jauni

Tant d’yeux qui n’ont vu

Que la saison finissante

S’ouvrent encore au matin

Afin de porter le rouge

Au firmament de nos rêves

Enluminé du bleu de nos troubles

Pointe de rose comme souffle

Palette toujours humide

Le bras levé hésitant

Devine l’arc-en-ciel

Du lit touffu de nos attentes.

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octobre 2008

11 réponses sur “Pointillés”

  1. Heliomel dit :

    Quelle palette, on ne dira jamais assez les bienfaits de l’automne sur l’imagination des écrivains!

  2. 4Z2A84 dit :

    Après un début plutôt sombre où il est notamment question d’une « vie en dehors de la vie » qui ne paraît pas avoir été à ton goût, le ton s’optimise et la « sentence » quelle qu’elle soit ne mérite même plus d’être entendue. L’odorat, la vie et le toucher reviennent en force, comme après une convalescence réussie. Désormais le peintre entretiendra de bonnes relations avec les couleurs du monde; sa main n’hésitera qu’un instant avant de récréer ce qui doit l’être pour que la beauté perdure.

  3. 4Z2A84 dit :

    …l’odorat, la vue et le toucher…n’est-ce pas ?

  4. éclaircie dit :

    J’aime ce « lapsus » la vie pour la vue, merci de cette lecture,4Z c’est un vieux (?) texte choisi par hasard(?) hier.
    Héliomel, les saisons sont parfois externes ou internes. Les couleurs sont riches en automne, même si elles annoncent une palette moins large.

  5. Elisa-R dit :

    La toile peut être blanche puisqu’elle promet tellement…

  6. 4Z2A84 dit :

    Elisa-R : te souviens-tu du « Chef d’Oeuvre Inconnu » de Balzac ?

  7. Elisa-R dit :

    J’ai lu beaucoup de romans de Balzac mais, pour le moment, ce « chef d’oeuvre inconnu » ne me revient pas en mémoire…

  8. Kiproko dit :

    Un glissement de l’âme le temps de combler la toile blanche…La nostalgie se pose sur la toile comme une saison où tout peut arriver, se fendre d’un rai d’espérance…
    Ravie de te lire…

  9. 4Z2A84 dit :

    Le Chef-d’œuvre inconnu

    Le Chef-d’œuvre inconnu est une nouvelle d’Honoré de Balzac publiée dans le journal l’Artiste sous le titre de Maître Frenhofer, en août 1831, puis toujours dans le même journal sous le titre Catherine Lescault, conte fantastique, la même année. Paru une nouvelle fois dans les Études philosophiques, en 1837, il est intégré à la Comédie humaine en 1846. Le Chef-d’œuvre inconnu constitue une réflexion sur l’art.

    Résumé [modifier]
    Le jeune Nicolas Poussin, encore inconnu, rend visite au peintre Porbus dans son atelier. Il est accompagné du vieux maître Frenhofer qui émet de savants commentaires sur le grand tableau que Porbus vient de terminer. Il s’agit de Marie l’Égyptienne dont Frenhofer fait l’éloge, mais qui lui paraît incomplet. En quelques coups de pinceau, le vieux maître métamorphose le tableau de Porbus au point que Marie l’Égyptienne semble renaître à la vie après son intervention. Toutefois, si Frenhofer maîtrise parfaitement la technique, il lui manque, pour son propre chef-d’œuvre La Belle noiseuse à laquelle il travaille depuis dix ans, le modèle en art idéal, une femme qui lui inspirerait la perfection vers laquelle il tend sans jamais l’atteindre. Ce futur chef-d’œuvre, que personne n’a encore jamais vu, serait le portrait de Catherine Lescault. Nicolas Poussin offre au vieux maître de faire poser la femme qu’il aime : la belle Gillette, ce que Frenhofer accepte. La beauté de Gillette l’inspire à tel point qu’il termine la Belle Noiseuse très rapidement. Mais lorsque Poussin et Porbus sont conviés à l’admirer, ils n’aperçoivent sur la toile qu’une petite partie d’un pied magnifique perdu dans une débauche de couleurs. La déception qui se lit sur leurs visages pousse le maître au désespoir. Le lendemain, Frenhofer décède après avoir mis le feu à son atelier.

    Via Google.

  10. 4Z2A84 dit :

    Ce résumé n’est…qu’un résumé. Il faut lire la nouvelle – une trentaine de pages -.

  11. éclaircie dit :

    Nous la lirons, merci. Tu as su me donner l’envie de le faire. Je me répète sans doute, mais merci pour toutes les pistes de lecture que tu proposes, 4Z.
    Et merci aux passants et ravie de lire un commentaire de toi Kiproko, délicat et preuve de ta lecture attentive.

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