Le Prunier

Encore une tentative de traduction de Bertolt Brecht – cette fois-ci, son ‘Der Pflaumenbaum’:

Le Prunier

Il est un prunier dans la cour –
On voit qu’une grille l’entoure;
En quelque sorte, ça le berce
En empêchant qu’on le renverse,
Lui, si petit, qu’on ne croit guère
À son appellation prunière.

Le Petit ne peut pas grandir,
Quoique ce serait son désir;
La cour est plutôt ombragée –
Dans ce milieu trop bocager,
Il n’en est vraiment pas question –
Pas de soleil, pas d’solution.

Puisque le P’tit n’a pas produit
De preuves – mêm’ pas un seul fruit –
On a tendance à la renier,
Son étiquette de ‘Prunier’;
Pourtant, si on concentre l’oeil,
Ça se reconnaît à la feuille.

6 replies on “Le Prunier”

  1. Éclaircie dit :

    Après ce que vous avez écrit sur Brecht, je lis ce poème avec un autre œil.

    J’ai remarqué un ou deux détails à modifier, peut-être : (voir ce qu’en dit Bossman peut-être.)
    « Et d’une sorte, ça le berce » « d’une sorte » ne me parait pas très français.
    « si petit est-il », si petit soit-il, plutôt, non ?
    Pourrez-vous en commentaire, offrir le texte en version originale ?

    Merci du partage.

  2. Yvains dit :

    Merci, Éclaircie, j’essaierai de le changer.

    Voici l’original:

    Im Hofe steht ein Pflaumenbaum,
    Der ist so klein, man glaubt es kaum,
    Er hat ein Gitter drum,
    So tritt ihn keiner um.
    Der Kleine kann nicht größer wer’n,
    Ja – größer wer’n, das möcht’ er gern!
    ‘s ist keine Red’ davon:
    Er hat zu wenig Sonn’.
    Dem Pflaumenbaum, man glaubt ihm kaum,
    Weil er nie eine Pflaume hat.
    Doch er ist ein Pflaumenbaum:
    Man kennt es an dem Blatt.

  3. Bossman dit :

    Si je peux me permettre, je changerais la première strophe ainsi :

    Il est un prunier dans la cour –
    Une barrière tout autour
    En quelque sorte, ça le berce
    En empêchant qu’on le renverse :
    Il est si frêle qu’on ne croit guère
    À son appellation prunière.

    • Yvains dit :

      Merci, Bossman!

      J’accepte certainement l’idée de ‘En quelque sorte ça le berce », si vous me dites que ça sonne plus naturel en français.

      Je pense que le choix entre les deux deuxièmes vers est plutôt une préférence personnelle, non? L’avantage de l’un sur l’autre ne m’est pas évident.

      « Il est si frêle qu’on ne croit guère », je ne peux pas l’utiliser, à cause des neuf syllabes.

      Merci beaucoup pour votre assistance!

      Amicalement

      Jerry

      • Bossman dit :

        Est-ce que le e final de frêle peut-être muet ?

        • Yvains dit :

          Oui, à condition d’écrire,  » frêl’  » – mais dans la mesure du possible (on est parfois contraint), j’essaie d’éviter ces élisions-là; aussi, Brecht a dit, plusieurs fois, ‘klein’ = ‘petit’, et je ne me crois pas autorisé à y substituer ‘frêle’, qui n’est pas tout à fait la même chose.

          J’ai pourtant rêflêchi beaucoup sur tes autres suggestions (j’espère qu’on peut se tutoyer?), et j’ai fait d’autres petites modifs en consêquence. Du point de vue ‘français courant’, j’espère que ça marche mieux maintenant. 🙂

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