L’éclairage public-Bolanski

l’éclairage public

.

On prend la nuit en cours de route…

elle n’est plus même obscurité.

Elle n’est que blafarde blancheur,

qui bien immune des candeurs

– rue de linéarité  –

en dissipe les moindres doutes.

.

La blanche lune ne l’est guère

devant tant d’impeccable blanc.

Les esprits, par ponction de sève,

Les gnomes, les faiseurs de rêves,

sont ankylosés, nonchalants,

fossiles d’une archaïque ère.

.

Amarré à chaque poteau

– par contrainte, logiquement –

rivé là, un fantôme mort,

n’est que luisance de dehors

et morne néant de dedans

trop électriquement nigaud.

.

Dieu, toi, nos rêves et nos cœurs

compris depuis la seule cime,

pourquoi cette fadeur infâme ?

Point donc de salut pour mon âme

fût-ce par réconfort infime

aux rues où pleut cette blancheur.

.

Bolanski

3 réponses sur “L’éclairage public-Bolanski”

  1. 4Z2A84 dit :

    Un poème dont on pourrait se demander s’il n’a pas été composé lors d’une crise somnambulique si la précision de ses termes et leur agencement ne nous éloignaient pas d’un tel soupçon. Tout en effet est ici mesuré et concerté pour le plaisir de l’esprit. Si bien que cette nuit…nous appartient, une nuit blanche, bien entendu. Si bien entendu que le titre du poème, original, s’en détourne et annonce non sans humour « l’éclairage public ».
    Des vers qui « font mouche », à commencer par le premier « On prend la nuit en cours de route », puis, entre autres :  » fossilles d’une archaïque ère », « trop électriquement nigaud » qu’il faut cela va sans dire lire en les resituant dans leur contexte. Et cet « envoi » très réussi :
    « Dieu, toi nos rêves et nos coeurs
    compris depuis la seule cime,
    pourquoi cette fadeur infâme ? »
    Il me paraît également intéressant de noter un savoureux mélange de modernité et de formes anciennes auquel je suis particulièrement sensible.

  2. 4Z2A84 dit :

    Correction – dans mon commentaire :
    « fossiles » et non « fossilles » !

  3. éclaircie dit :

    Jamais très facile de commenter après 4z (je sais , je me répète, les mots me font faux-bond, ces jours), cependant, j’ai apprécié cette lecture, par tous les degrés que l’ont peut y déceler, par le rythme, et ces apartés apportant une lumière particulière à cet « éclairage public ».

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