Héros désenchantés

Ici je suis venu à l’heure des criées
Entendre les récits des grands aventuriers
Des étendues de sel. Pèlerins des marées
Du nadir au zénith vous cherchiez l’empyrée

Mais qu’avez-vous trouvé à part ces océans
Combien de méridiens, combien de parallèles
À craindre l’ouragan sans vaincre les tourments
Avides conquérants de sombres archipels

Ici j’ai vu partir les héritiers du vent
Qui n’ont jamais atteint malgré leurs odyssées
La passe qui menait à l’autre firmament
Héros désenchantés des illusions noyées

Sous quelle latitude et dans quel hémisphère
Avez-vous succombé aux chants des égrégores
Crédules impulsifs, deviez-vous voir l’enfer
Soulever contre vous ses vaisseaux hydrophores

Et dire qu’un regard irradie tout un ciel

4 réponses sur “Héros désenchantés”

  1. 4Z2A84 dit :

    Il est dommage que la poésie épique soit de nos jours tenue à distance de la plupart des plumes. J’y vois aussi une crainte d’affronter un genre difficile. Quand il est maîtrisé cela peut donner un texte aussi somptueux que tes « Héros désenchantés ». Le narrateur y évoque avec quelque amertume des aventuriers, des « pèlerins des marées », des « conquérants de sombres archipels », des « héritiers du vent », des héros dont l’Idéal s’est vraisemblablement heurté à l’impossibilité de l’atteindre…comme peut-être tout idéal placé trop haut.
    Tes vers reflètent à merveille ces quêtes dont celles de la Toison d’Or et du Graal restent les exemples les plus connus. Le dernier vers clôt magnifiquement une oeuvre où la forme épouse le fond pour le plus grand plaisir des lecteurs dont l’imagination, la vue et l’oreille aiment à être sollicitées par l’expression de la beauté poétique.

  2. eclaircie dit :

    Pas simple de commenter après 4Z ! juste dire que le voyage dans ces siècles et sur tes mots est un réel plaisir.
    Bienvenue, Corsaire, que nos voyages se poursuivent !

  3. Heliomel dit :

    On pense tout de de suite aux conquérants de Heredia, un genre que j’affectionne particulièrement et tes vers sonnent agréablement pour notre plus grand plaisir.

  4. Kiproko dit :

    La poésie est toujours un voyage qui n’a pas de pays.
    On pense aux chansons de marins, aux chants d’histoires lointaines…
    Mais on n’est pas si loin de soi là…
    Un plaisir toujours…

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