Contresens

Je cherchais  à tâtons
Un chemin de hasard
Des mots pour faire des pas
Sur cette terre obscure

Comme le petit Poucet
Je jetais devant moi
De petits cailloux blancs
Pas trop bruyants

Je voulais tracer
Un chemin merveilleux
Que tu pourrais ramasser
Emporter où tu veux

J’imaginais pour toi
Un poème tout blanc
Où tu pourrais écrire
Quand tu as le temps
Les yeux grands ouverts
Fichés dans les cieux
Ton amour des nuages
Blancs
Décor de carton-pâte
Aux couleurs de la nuit
Qu’on ferait glisser
Sans bruit


Au fond du Grand Théâtre Mais toi
Tu es partie
Dans l’autre sens
De l’éternité
Les miettes seules sont restées

3 commentaires sur “Contresens”

  1. Éclaircie dit :

    Bienvenue, P.Y. Bossman,
    Ce poème présente une entame régulière, pour un destin heureux. Puis l’espace devient trop grand et les voix se perdent..
    Ce poème, alors comme une pierre émiettée.

  2. P.Y. Bossman dit :

    TOUT CHAT

    Tout
    Chat généralement noir
    Cent filent de l’eau
    Brune Surtout – Surtout Brune, dans les reflets de ses vagues lointaines
    Sous la cambrure Sous l’armure
    et quelques soies, ses courants moires
    Âne plus paraître
    comme la proie d’un miroir en poire
    Tragique, à la réflexion

    Sinon pourquoi ???
    Sans fil Hello ! Hi han !

    Tout chat
    Noir généralement, généralement noir ou blanc
    File en miroir d’ostensoir
    Des toits de gouttes, lent des toits d’ébène, des toits de bans, sous le halo de gloire d’un pétard incertain !
    Sorti des rangs, choir
    Hier après la pluie essentiellement composée d’eau de firmament de tuile noire
    et autres substances nocives qui luisent qui luisent et qui reluisent
    Comme au pot le feu
    Les chats-feu d’avoir trop, trop
    souvent souris sous peine d’hareng pourri
    Feu que l’eau rabroue
    Brou ne noix noire
    Voire
    En filigrane
    Ahane jaloux
    Panne de corps en feu
    S’ébroue – s’enfuit

  3. Bossman dit :

    LE FIL

    Aux premières lueurs
    Mettre ses os
    Comme un vieux vêtement chiffonné
    Aller à la cuisine
    Au pied de ce corps qui se traîne
    Mettre un peu de café
    Attendre que sortent les premières feuilles
    Broyer du mauvais sang
    Y tremper sa plume
    Puis, sur les feuilles, écrire
    Les choses insensées
    Que voici

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