À la page 2020

On s’est enfermé

On s’est désenfermé

De l’est est venu le vent nouveau

Menant la pluie sur la terre aride et desséchée

Le moindre brin d’herbe a fouillé

Au plus profond de ses racines

Même l’asphalte irrespirable

S’est souvenu

De l’empreinte première

.

Les cailloux du chemin savent

Qu’ils ne soutiendront plus les promenades

La route est ailleurs

Longeant le fleuve sans l’aborder

La tour sent la vacuité de sa hauteur

.

Nuages et soleils toujours se poursuivent

Laissant la part belle à la lune

.

Franchissons tous les miroirs et les étangs

24.07.2020

15 replies on “À la page 2020”

  1. Éclaircie dit :

    Le vent a faibli
    L’eau n’est pas entièrement bue
    Absorbée la parole se détend
    Le corps reconstitué
    des forêts et bosquets
    abrite toujours l’étang
    Rien n’a changé
    Tout a changé
    Cet entre-deux songes
    ne tremble plus sous le toit pesant
    La fenêtre conserve ses volets entrouverts
    Assez pour voir le jour
    Assez pour ne pas se brûler
    Une veste sur le dossier de la chaise attend un retour

  2. Bossman dit :

    Je trouve ce texte merveilleux. Cette eau neuve vient nous consoler des inquiétudes des nuages.
    Il suffit de savoir songer pour faire renaître la vie. Songer, cela devrait s’apprendre à l’école !

  3. Éclaircie dit :

    Ravie qu’il te plaise, Bossman. J’ai alors envie de poursuivre.

  4. Éclaircie dit :

    Les chauve-souris terminent leur dernier ballet, le ciel voilé ne fait pourtant pas d’ombre à Neowize, l’air fraichit à peine et le peuplier n’a jamais été aussi immobile.
    Juillet, juillet de souvenirs, les maïs où nous courrions enfants, les ultimes moissons et les grandes tablées après la corvée. Bientôt, nous irions ailleurs, retrouver une autre sècheresse, plus sèche encore au parfum de thym et chant de cigales.
    Puis le retour pour se percher, s’emprisonner dans ce neuvième étage et tous ses lourds silences.

  5. Éclaircie dit :

    Ils étaient quatre au bord du matin
    La lumière dormait
    Au lever du jour
    L’image s’est voilée

    La terre n’est pas moins sèche
    ni plus fertile
    Les murs et le toit de la bâtisse
    sont devenus pesants

    Ils ont construit trop vite
    trop grand
    trop loin dans le temps

    L’image s’est dédoublée
    Ils seront trois et trois

  6. P.Y. Bossman dit :

    Quatre, trois et trois
    Le mystère reste entier
    Qui sont-ils ?
    Le saura-t-on jamais ?

  7. Éclaircie dit :

    Les nuages demeurent invisibles, la nuit ; seules les étoiles en témoignent par leur absence.

    L’éclair n’attend pas le son
    Pour son voyage
    Le vent hésite à traverser le bois
    La lumière restreinte
    Aide-t-elle les chauves-souris dans leur chasse ?

    À couvert
    Liée par des brindilles fragiles
    La main prend garde de ne pas rompre
    Le fil ténu de la conversation

    Le chat cherche le sommeil
    Son pelage comme seul témoin
    De l’électricité régnante

    L’inclinaison de la colline est la même
    Ici et ailleurs

    Les yeux ouverts ou fermés révèlent toujours la présence du monde

  8. P.Y. Bossman dit :

    « À couvert
    Liée par des brindilles fragiles
    La main prend garde de ne pas rompre
    Le fil ténu de la conversation »

    Ce vers en particulier m’est particulièrement cher. Je le retiendrai comme un enseignement. Merci Éclaircie.

  9. Éclaircie dit :

    Bossman, n’hésite pas à venir écrire ce qui te passe par la tête, ici, ou fais-toi une page à toi, comme celle-ci, où d’autres pourront venir te lire et te répondre en commentaires. Ou à publier tes poèmes (moins évident, nous sommes peu nombreux). Perso, j’écris plutôt en commentaire pour ne pas donner l’impression que je suis seule active sur le blog « Poésie Fertile » et parce que souvent ce sont des improvisations, très improvisées pas à mes yeux des poèmes « en soi ». Hihi .

    le 14 novembre 2020 5h41 -5 h 50
    Vertige -s

    Entre deux temps entre deux mondes
    Perdue sans être égarée
    Je me promène
    Seule
    Accompagnée de tous
    Issus de cette autre dimension
    Qui sans cesse m’entrainent si loin
    Dans des hiers ou des demains

    Je suis au bord du monde
    Pourtant qu’en dedans de la terre
    Les arbres toujours me voient et me regardent

    Calligraphie d’une vie
    À découvrir
    Je n’ai que mes yeux à ouvrir
    Pour prendre toute la dimension
    Des existences réelles ou perdues
    En allées ou à venir

  10. G. dit :

    Les arbres t’écoutent aussi, puisque tu leur parles
    Très agréable texte

  11. Éclaircie dit :

    Offert Par Marvejols, sur VE, je l’avais mis eu défi de m’écrire un poème

    Je vois à l’heure de lune
    Sinon de l’autre
    Qu’Eclaircie est toujours
    Nocturne
    Visiteuse du soir qui déchire
    Le noir.
    Nuit sans ennui
    Ne nuit.
    Elle me rappelle alors
    Le Père Igor
    Dans le Quercy.
    Il y a là-bas dans les calcaires
    Des abbayes besogneuses
    Dans des forêts
    Où tout le long du jour
    Des convers et des clercs
    Scient
    Tandis que d’autres
    Labourent en planche.
    Mais tous à vêpres entonnent
    Du bec mercie

    Marvejols : son site : http://marvejols-poesie.e-monsite.com/, inactif depuis 2016, dommage. On n’a pas toujours le temps que l’on voudrait pour être partout, sauf à être une éclaircie

  12. Éclaircie dit :

    18 avril 2021, c’est ma fête aujourd’hui . Vous ne me croyez pas ? Moi non plus, nul n’est Parfait et moi moins encore que tout Autre, je ne suis que vivante, et c’est ÉNORME.
    ***

    La guerre est déclarée :
    Guerre entre Dame (nature) et Homme (humain). Qui gagnera ? Il n’y aura pas de gagnant, bien sûr, juste des morts-heureux ou des morts-amers.

    Merci à vous tous qui passez ou pas, d’être à mon chevet d’agonisante. J’aime mon agonie et espère qu’elle va durer le plus longtemps possible.

  13. Éclaircie dit :

    La page 2021 ne veut pas s’ouvrir, alors restons en 2020 un moment, ou une éternité…

    ~~~~
    Je suis l’iconoclaste
    la tombeuse de tabous
    cachée tout de même derrière son totem
    car née petite, je le suis restée.

    Ainsi, « je joue joue, joue,
    Nuit et jour
    jour et nuit
    comme sur une scène je joue joue ma vie »*

    Et je suis passe-temps**
    ou passe -partout***
    passe-muraille ****
    Et passe tout grains
    ce liquide que l’homme a découvert
    on ne sait comment.
    Une erreur, encore…
    Oui, mais cette erreur est un délice
    dans mon bœuf bourguignon
    qui vous attend tous, toutes et les autres aussi
    en janvier 2030 si vous avez la chance
    d’être des survivants
    Nous le serons, pas possible autrement.

    La poésie nous porte, immoneyable
    de si grand prix, de si gros poids.
    ~~~~
    * cf Léonard Cohen , traduit pas Graeme Allright
    ** et *** sont les jouets d’un jeu télévisé français, fidèle(hélas) au « jardin d’acclimatation » des années 1900
    **** livre de Marcel Aymé, ayant servi a Dante Desarthe, pour réaliser son téléfilm éponyme en 2016. J’ai vu le téléfilm et je vais commander le livre à mon libraire, demain, bientôt.

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