Petr Král- 1941-2020

QUI CHANTE, BOUGE

.
Le crépuscule
n’éteint rien; tout le feu, dans la nuit, s’obstine à hurler
sans voix
derrière les brèches des façades, les rainures ardentes
sous le portail;
le printemps n’est pas venu quand, déjà, il rampe sans
vergogne, se commet dans la joie
avec l’humus tiède; le temps vieilli se fait, se défait sans
peine
au gré de fautes nouvelles, faux pas bien sonnants
en ultime écho de la rage de qui s’obstinait, rapprochait
encore sa mèche baveuse
de la pomme de terre, pour faire exploser les gaz de la
cave et
toi, tu es gai, gaies sans bornes, tes mains tremblant pour
rien,
le grouillement rieur des lignes, des épreuves à nouveau
retournant au chaos, hors la lampe et son cercle,
gais les pinsons piaillants des remords, gai le ricanement
distrait de la mort
là comme ailleurs, dans la nuit entre les mâchoires édentées
des poches, des fissures —

Petr Král né le 4 septembre 1941, décédé le 17 juin 2020

« La vraie poésie ne se fait pas sur commande. »

2 commentaires sur “Petr Král- 1941-2020”

  1. Elisa R dit :

    Magnifique poème !

  2. P.Y. Bossman dit :

    Petr Král, pour moi une véritable découverte! Merci

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