Les amygdales de la montgolfière

 

 

 
 
 
 
 
 
 

 

Méfie-toi du rat
Que ta tante conserve
A l’ombre des culottes courtes
Pour l’offrir
Quand la marmelade en branches sera velue
Au dromadaire instruit
Qui fait le malheur des tuyaux d’échappement
Reste sur le ventre
Même si le pain mord
La cornemuse de ton voisin
Ne pars pas dans la purée
Surtout sans avirons
En été ne quitte pas ta pampa joyeuse
Pour te mêler aux stupeurs
Dont le linge est de la tête aux pieds le fruit
Comme le timbre est la créature du goudron

 

Surtout pas d’artichaut! surtout pas d’artichaut !crie mon grand père
T’aimes pas la soupe au choux! hurle ma grand mère c’est nouveau ça!
Ma sœur comme un grand légume moitié courgette moitié asperge
Descend le long de la rampe en oubliant ses étriers
Elle,-il’est certain -déteste la soupe , elle dérape sur la queue du chien
Qui bien évidemment n’était pas à sa place
Le sourire de ma mère en dit long sur le rangement de la maison
Moi je ne bouge pas je choisis des tomates pour décorer le sapin
Certaines refusent obstinément de participer à cette mascarade
Et préfèrent se jeter à terre quitte à exploser aux pieds du chien sans queue
Soudain mon père apparait en sautillant sur sa seule patte arrière
(L’autre avait filé en douce un soir avec un unijambiste dépressif)
Son œil épie l’artichaut qui fait la toupie autour du lorgnon de l’ancêtre
D’une main il le saisit et fait battre son cœur pour la dernière fois
Ma sœur est médusée , ma grand-mère en ferait volontiers une friture
Mais quand le chien aboie nous passons tous à table

   

La révolte des réverbères commença aux premières heures de la nuit
Ils s’étaient lassés de n’illuminer que les papillons
Servant de pâture aux chauves-souris déjà trop grasses
Qui faisaient de l’ombre à tous les trottoirs
Alors incapables de sortir des caniveaux
Tous les passants cherchant le jour
Glissaient entre les pavés avec des cris de hibou
Tandis que la forêt se morfondait dans le silence absolu
Et l’on vit la lumière hanter les chemins de traverse
Des chiens désorientés ne poursuivre que leur ombre invisible
Les façades des immeubles jalouses des fenêtres borgnes
Des portes cochères qui n’avaient plus rien à cacher
Les meilleurs allumeurs rendirent leur tablier
Tandis que la lune solidaire n’éclaira plus que les ponts

 

3 replies on “Les amygdales de la montgolfière”

  1. Elisa-R dit :

    Plusieurs têtes sur le corps de la créature. Elle se tord, vocifère. Chacune voudrait n’en faire qu’à la sienne mais les têtes ont beau vouloir et essayer : le corps est le même et les voix tendent à s’unir. Je suis avec vous de tout coeur dans cette belle aventure qui se poursuit.
    Puisque j’ai parlé des têtes, je vous tire mon chapeau.

  2. eclaircie dit :

    L’ancêtre a dû me prêter son lorgnon, pour trouver l’assiette de soupe et l’artichaut me permettant de partir à dos de dromadaire, tenter de ramener les réverbères à la raison en évitant les rats, les purées, profitant juste de la science du camélidé.
    Elisa après avoir tiré son chapeau, le posera sur la tête d’une girafe et sur le ventre nous contera l’histoire de demain ou d’hier, au choix.

  3. 4Z2A84 dit :

    Ai-je jamais perdu à ce pari de manger mon chapeau ?

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