Les arts graphiques, mues remuantes

Après la mue

Et son lent détachement

Dans le passage qui va

Du sombre au clair

Crinoline de dentelle ajourée

On rampe dans l’exil

Des yeux

Couleur froide

Comme pierres dormantes

De nature morte

Cherche

La voie faisable

Jusqu’au ru bleu Cyan

Sur le sable chaud

Un lézard paresseux

S’étire

Ses écailles dorées luisent

Sa prunelle turquoise reflète le vide

Sa queue laisse

Sur le sol ocré

Des arabesques antiques

Entre infini et néant

Il feint d’être mort

Au moindre bruissement

Puis disparaît au fond d’un grand trou

Noir minéral                                                               

Cerné d’ombres profondes

Que le vent s’essouffle de combler

***

Le vilain petit canard sous sa peau de serpent

S’ébroue dans la mare

Des lambeaux de cape et de chapeau

Défilent dans un ciel d’aurore

Les pavés rêvent de sable à la merci du vent

La neige emprisonne ses cristaux

Afin de n’être pas nue

Dans un février qui hésite entre glace et grêlons

Les masques tombent avant la fin du jour

La sphère à la peau neuve mais fragile

S’enroule sur elle-même

Et protège ses fils des piétinements insensés

***

La peau se déplisse sans rien bouger

Des nervures qui l’irriguent

Laissant aller les métamorphoses

A nu.

Pourquoi devenir autrement ?

Jolie question dans la tête foisonnante

Que tout bouscule

Avant le retour au calme 

Découvrir ce que l’on est déjà

Plongé dans le tumulte

C’est chercher un peu de mémoire

Au seuil de l’oubli…

***

Après la mue

quelques plumes à terre

témoignaient d’un passé ou au moins d’un passage

puis le silence

puis la poussière

et le soleil sur le silence

la pluie plus tard sur la poussière

au fond des yeux indélébile

l’avant donnait à l’endroit nu

le goût amer du mot « perdu »

***

Après la pluie,

le beau temps,

Après l’hiver

revient le printemps

Chantent

tous les amoureux,

Du Beau

en toute saison,

Chacun

se tient en mue

l’enfant, ému

presque nu, devient ado

et change de peau

Quel pot!

Après la Mue

tout est renouveau

l’Horizon

nous tend les bras

A nous

une nouvelle floraison

***

Mise en page et titre de Kiproko,

avec les participations de

Kiproko, Éclaircie, Phoenixs, Élisa, Marjolaine

4 replies on “Les arts graphiques, mues remuantes”

  1. Éclaircie dit :

    La « mue » met à nu une belle page de poésie aux auteures plurielles.

    Merci à toutes.

  2. Phoenixs dit :

    En voilà du bigarré chez le lézard, la pierre, la saison des âmes, le chant. On se métamorphose ? Les hardes traînent, tant mieux pour nous si nous les oublions.
    4Z aurait beaucoup à dire sur le sujet 😉

  3. kiproko dit :

    Le club des cinq au rendez-vous…
    Pas de quoi faire la moue, la mue glisse sur le parcours des alphabets…
    Ah ! Poésie, poésie…

    Pour vous, Andrée Chedid…

    Nous sommes les poursuivants
    D’une étrange poursuite

    Sur nos trres mutilés
    Faits d splndur t d’ombres
    Nos appels abondent
    En quête de chemin

    Vaine est l’exploration
    Verrouillée la réponse

    Dee broussailles en ténèbres
    Seul résiste
    Le feu sacré

  4. Kiproko dit :

    Pour vous, petit cadeau du dimanche…

    Quelques vers de M ‘ Hamed Aoune

    Entoure et magnifie et bariole tes jours
    Visage à l’infini des significations autres
    De tes rires et mouvements, devoirs, soupirs,
    Vagues sans nul remords comme éclairs de la Parole.

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