Ballet bleu sur le tremblé du lac

Le reflet trouble

De tes émotions

Dans l’onde où tout se balance

Froissé d’incertitude

Est-ce là dans ce lieu

Plein d’oubli

Que ta mélancolie se noie

A la morte-saison des âmes

Sous les flamboyants cieux

Un soleil désORienté se débat

Avec ses sujets verbeux

Qui se disputent le feu et l’espace

.

Dessine l’émoi

De ta plume blanche

Qui jaillit des eaux vives

Vole

Chrysalide aux ailes tatouées

A l’encre bleu marine

.

Avant que la nuit ne t’immerge

Avec ta part de silence

Dans le lac des signes

Comme un écho perdu

Qui chute dans l’abîme

***

Novembre s’est perdu dans les jours sans lumière

Le lac s’est égaré dans le ciel

Goutte à goutte il revient dans son lit

Semant çà et là quelques signes

Pour ceux qui s’inquiètent

Ou ne nagent pas bien dans l’obscurité

Les phares éblouissants parfois le croisent

Le confondent avec la pluie

Puis trop las pour s’en soucier

Le laissent revenir à la nuit

Douce comme la caresse de l’eau sur les joues

Qui rassure et murmure : « je suis là ! »

***

Et la valse des écureuils,

.

Si tu glisses en feuille de chou

Sur le sens des miroirs gelés

Tu ne verras rien d’autre que le crissement

De tes souliers gaufrés

Le ciel au-dessus remporte

Le rayon froid ensoleillé

Que tu as laissé passer indifférent

Inutile dès lors de fouiller les eaux mortes

De remuer les girouettes de tourner

Ta marche dans la direction des montres noires

Le lac est muet comme muettes les paraboles

Qui nous crèvent les yeux.

***

Une silhouette juste sous la surface du lac

S’est mise à danser

Sans musique

Ses mains signent un discours apaisant

Les spectateurs ne sont pas au rendez-vous

Seule l’enfant à demi cachée par un arbre

Entend le message écoute le geste

La lune entre dans le ballet

Soulignant surlignant les mots invisibles

Au matin la petite s’éveille

Riche du spectacle venu jusqu’à elle

***

Une plume

virevolte lentement

choit un peu

et choisit finalement

de se poser délicatement

sur le Lac Léman

en lançant un clin d’œil rieur

au public médusé.

.
C’est le signe

du ralliement

qu’attendaient

tous les Amis.

L’Hiver est terminé ! Explosent-ils !

Le Printemps renait !

.
Les oiseaux chantent

Les gens se sourient à nouveau

et même sans se connaître

s’apostrophent

se font des signes joyeux

se congratulent d’être toujours en Vie.

.
Aussitôt

les mains s’agitent,

se mettent à former des lettres, des mots, à raconter des histoires

tout le monde parle à tout le monde  avec ses mains

la fête va commencer d’un instant à l’autre…

Et pour que tout soit prêt dans les temps

nous mettons  la main à la plume

en laissant les cygnes du Monde Entier profiter du moment présent

en se donnant tous la palme en faisant ainsi une grande ronde pacifiste tout autour des océans !

***

 

Les plumes sur le lac des signes : Kiproko – Elisa – Phoenix – Eclaircie – Marjolaine

6 replies on “Ballet bleu sur le tremblé du lac”

  1. Phoenixs dit :

    Nous avons suivi le sillage des signes troublés par leur sens de plumes envolées. Chacun y voit à décrypter la coquille des vestiges.
    4Z a la réponse mais bien sûr il la garde pour les silences de la lune 🙂

  2. Kiproko dit :

    Oh ! les belles plumes qui glissent sur le miroir de la poésie…pas chassés laissant la trace éthérée de leur passage bleu, pensées qui dansent et s’agitent sur le bord infini et plongent dans la profondeur du lac…

    Merci aux plumes fertiles !
    Merci aussi à la Maîtresse du site, toujours là, pour la mise en place…

  3. kiproko dit :

    Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
    Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
    Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
    Jeter l’ancre un seul jour ?

    Alphonse de Lamartine (extrait du poème Le Lac)

    Ma poésie de Louise Colet

    Il est dans le Midi des fleurs d’un rose pâle
    Dont le soleil d’hiver couronne l’amandier ;
    On dirait des flocons de neige virginale
    Rougis par les rayons d’un soleil printanier.

    Mais pour flétrir les fleurs qui forment ce beau voile,
    Si la rosée est froide, il suffit d’une nuit ;
    L’arbre alors de son front voit tomber chaque étoile,
    Et quand vient le printemps il n’a pas un seul fruit.

    Ainsi mourront les chants qu’abandonne ma lyre
    Au monde indifférent qui va les oublier ;
    Heureuse, si parfois une âme triste aspire
    Le parfum passager de ces fleurs d’amandier.

  4. kiproko dit :

    Il fait novembre en mon âme d’Emile Verhaeren

    Rayures d’eau, longues feuilles couleur de brique,
    Par mes plaines d’éternité comme il en tombe !
    Et de la pluie et de la pluie – et la réplique
    D’un gros vent boursouflé qui gonfle et qui se bombe
    Et qui tombe, rayé de pluie en de la pluie.

    – Il fait novembre en mon âme –
    Feuilles couleur de ma douleur, comme il en tombe !

    Par mes plaines d’éternité, la pluie
    Goutte à goutte, depuis quel temps, s’ennuie,
    – Il fait novembre en mon âme –
    Et c’est le vent du Nord qui clame
    Comme une bête dans mon âme.

    Feuilles couleur de lie et de douleur,
    Par mes plaines et mes plaines comme il en tombe ;
    Feuilles couleur de mes douleurs et de mes pleurs,
    Comme il en tombe sur mon coeur !

    Avec des loques de nuages,
    Sur son pauvre oeil d’aveugle
    S’est enfoncé, dans l’ouragan qui meugle,
    Le vieux soleil aveugle.

    – Il fait novembre en mon âme –

    Quelques osiers en des mares de limon veule
    Et des cormorans d’encre en du brouillard,
    Et puis leur cri qui s’entête, leur morne cri
    Monotone, vers l’infini !

    – Il fait novembre en mon âme –

    Une barque pourrit dans l’eau,
    Et l’eau, elle est d’acier, comme un couteau,
    Et des saules vides flottent, à la dérive,
    Lamentables, comme des trous sans dents en des gencives.

    – Il fait novembre en mon âme –
    Il fait novembre et le vent brame
    Et c’est la pluie, à l’infini,
    Et des nuages en voyages
    Par les tournants au loin de mes parages
    – Il fait novembre en mon âme –
    Et c’est ma bête à moi qui clame,
    Immortelle, dans mon âme !

  5. kiproko dit :

    Sonnet d’Albert Samain

    J’adore l’indécis, les sons, les couleurs frêles,
    Tout ce qui tremble, ondule, et frissonne, et chatoie :
    Les cheveux et les yeux, l’eau, les feuilles, la soie,
    Et la spiritualité des formes grêles ;

    Les rimes se frôlant comme des tourterelles,
    La fumée où le songe en spirales tournoie,
    La chambre au crépuscule, où Son profil se noie,
    Et la caresse de Ses mains surnaturelles ;

    L’heure de ciel au long des lèvres câlinée,
    L’âme comme d’un poids de délice inclinée,
    L’âme qui meurt ainsi qu’une rose fanée,

    Et tel cœur d’ombre chaste, embaumé de mystère,
    Où veille, comme le rubis d’un lampadaire,
    Nuit et jour, un amour mystique et solitaire.

  6. Phoenixs dit :

    Hello Eclaircie, Elisa, Marjolaine, dommage qu’on ne lise pas votre éclairage sur ces créations chorales 😉

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