Point d’Ancrage

Encre toi et toile,

 

Se déroule l’image floue

De tes voyages blanchis

Tu pointes l’œil mobile

Cherches quelque part

Quelque chose de fixe

Mais

Mais

Les silences avalent le sens

Et rendent du sable en coquilles

Sur tes miroirs déteints

Cris sans…

***

 

Dans l’encre bleue

Au milieu du ressac

Retiens l’ancrage

D’où émergent tes pensées

Ta parole en exil

Nue, inconnue

Court à sa perte

Prenant le vent de face

Dans son voyage immobile

 

A marée basse

Dans l’épaisseur des pièges

Recueille l’esquisse

Le signe providentiel

Effleure le coquillage irisé

Qui chante l’indicible

Trace la voie des semailles

Qui défroisse tout langage

De sa trop longue hibernation

 

Ecoute la fugue

Dans la profusion du monde

Avant que le tourbillon t’emporte

Que le silence devienne trop assourdissant

Apprivoise cette envie de fragilité

Qui monte en toi

Comme un ciel lointain

Un désir d’écrire

Ton bouleversant chemin d’étoiles

***

 

Au début

on est sur le rivage

on observe

les bateaux qui partent

on n’a pas encore pris notre envol

toujours au point d’ancrage

 

Par la suite

on poursuit sa route

on tombe souvent sur des mirages

alors qu’on voudrait bien

transfigurer cette réalité

 

Puis on souffle nos bougies

dernières vérifications

ça  y est cette fois-ci tout est prêt!

C’est le grand et merveilleux voyage qui s’annonce

A la Nils Holgersson!

Il est temps de larguer les amarres

 

A nous la Liberté du Grand Large

A nus nous traversons

en direction de nouveaux point d’ancrage

offrant un regard empli de bienveillance

pour tous les mouillages amis

que nous allons rencontrer!

***

 

Deux chaussons sur une descente de lit

Sur le chevet un livre au marque-page usé

Pas un bruit

L’esprit s’y recueille attaché aux lieux

Tandis que le corps évaporé

N’est que souvenir

Les feuilles remettent leur sort au vent

La cheminée centrale

Chantonne la vie l’automne

Et toutes les mains qui ont tisonné l’âtre

 

Où l’on retrouve les pavillons de

Phoenixs, Kiproko, Marjolaine, Éclaircie

Élisa rêve dans le port

et 4Z veille sur nous.

4 replies on “Point d’Ancrage”

  1. Phoenixs dit :

    4Z est sans doute le mieux placé pour suivre ces sillages entre l’émerveillement, l’exil, l’oubli et la mémoire de sable.
    Nous avons toutes des instants de recueillement devant un livre froissé mais vivant.
    Elisa au port guette le retour des étoiles

  2. Kiproko dit :

    Bonsoir aux petites plumes fertiles,

    Chaque poème est un livre d’images, une histoire qui nous raconte…

    Comme ce « Encre toi et toile »est beau…ainsi que « Ces mains qui ont tisonné l’âtre »…
    Marjolaine a largué les amarres loin des bleus mélancoliques.
    Elisa en marinière sur le port compte les voiles blanches sur la mer.

    Eki de retour de Noirmoutier

  3. Kiproko dit :

    Et 4Z sera toujours là pour nous rappeler que la poésie n’a pas de frontières…

  4. Kiproko dit :

    La mer de Nérée Beauchemin

    Loin des grands rochers noirs que baise la marée,
    La mer calme, la mer au murmure endormeur,
    Au large, tout là-bas, lente s’est retirée,
    Et son sanglot d’amour dans l’air du soir se meurt.

    La mer fauve, la mer vierge, la mer sauvage,
    Au profond de son lit de nacre inviolé
    Redescend, pour dormir, loin, bien loin du rivage,
    Sous le seul regard pur du doux ciel étoilé.

    La mer aime le ciel : c’est pour mieux lui redire,
    À l’écart, en secret, son immense tourment,
    Que la fauve amoureuse, au large se retire,
    Dans son lit de corail, d’ambre et de diamant.

    Et la brise n’apporte à la terre jalouse,
    Qu’un souffle chuchoteur, vague, délicieux :
    L’âme des océans frémit comme une épouse
    Sous le chaste baiser des impassibles cieux.

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