Passager du Grand Huit! par les chemins ou les nuages: Direction Mappemonde Un Cœur en poche!

Passager du Grand Huit! Par les chemins ou les nuages:
Direction Mappemonde Un Cœur en poche!

La jambe longue et élastique

Un cœur en poche pour le cas où

Je vais partout

Je parcours les immensités

J’étudie les sociétés

Un cœur en poche mais pas seulement

J’ai aussi deux ou trois pièces

Pour le cas où

Et puis ma langue pour éviter les malentendus

Parfois perdu je ne sais plus

Quelles sont les traces que je suis

Et je confonds je le confesse

Celles d’un passé bien peu glorieux

Celles d’un présent pas toujours mieux

Sur la mappemonde, les maîtres du désordre ont posé leurs gros doigts de géants maléfiques, avancent leurs pions, complotent à la face des hommes sans état d’âme.

Sous la peau des peuples, ruissellent toujours les mêmes rêves fraternels, égaux.
Nuages fuyants qui se délitent dans le ciel impuissant.

Enfle la blessure profonde de l’univers sans foi ni loi. Au cœur du chœur, dans la sphère de l’humain, un écho scande l’immuable. L’indifférence est toujours plus effrayante que le silence.
Alors, monte une voix de tête, libre de tout son chant d’espérance, affranchie des servitudes.

De tous les ailleurs, dans l’amitié des frontières, en tous lieux où âmes vivent, frères d’une même soif, citoyens du monde d’un même idéal se reconnaissent et se réchauffent à leurs couleurs, s’enrichissent de leurs différences et s’unissent.
Ils exaltent la conscience dans la nuit noire qui bafoue la lumière.

Bergers aux troupeaux décimés, semeurs déracinés des bonheurs terrestres, spectres échappés des entrailles de l’enfer, esclaves n’entendant plus le bruit de leurs chaînes, rêveurs de paix tout simplement, la même souffrance gerce vos êtres.

Vous êtes venus de l’autre côté de la mer sur des bateaux d’infortune ou poussés par les vents dans l’air oppressant par-delà les monts, remettant vos vies à l’humanité toute entière comme une supplique dans la douleur de l’exil, cherchant l’abri, l’éclat d’une lumière.

On a écrit sur les murs les mots « solidarité » et « paix » mais l’histoire n’en dit pas plus…Personne n’a jamais vu les montagnes se déplacer !.

Globe-trotteur infatigable
Par les chemins ou les nuages
La couleur présente à tes yeux
Pâlit au fil de tes voyages
Les mains tendues des enfants
Les regards vides ou hostiles
Te conduisent à chercher cette grotte
D’où tu dessineras le monde
Avant que l’homme ne le souille à jamais

Écrous,

Quelques chats dans un sac
Poubelle d’enfants perdus
Un piéton en linge de zébra
Renversé sous la lune
Une bouée océanique crevée
Dans l’œil de l’ours sans dessert
Ta porte claquée sur les doigts
Lourds de l’absent négroïde
Vos papiers bien rangés
Nos vies au-dessus de la cheminée
Sans feu
Elles glissent du manège
Ils enfourchent leur dada
On est passagers du grand huit
Déboulonné
Et personne ne songe à nous faire
Descendre

Si nos six t(r)oyens
voulaient bien se donner la main…
La Belle Hélène,
plus jamais ne serait enlevée
et le Monde pourrait enfin
retrouver son Havre de Paix.

Notre Planète
Couleur Bleuté orangée
Tourne Tourne
Tourne sur elle-même
en déséquilibre constant
sans savoir vraiment ce qui l’attend.

« Quoi!? dit-elle, Encore travailler, lutter!
J’en ai assez, vraiment assez.
Je veux me prélasser, tout jeter, polluer
Faire la Fiesta toute l’année et recommencer ».

Oui mais nous,
les habitants, tes locataires,
on veut vire longtemps à tes côtés.
Tiens, et si on mettait plus de vert
par là, un peu d’oxygène et d’océans propres
également et cette boule orangée pour nous réchauffer.

« Tiens c’est vrai,
dit notre Planète, je m’sens déjà beaucoup mieux!
Merci les Amis! Ensemble le blues, c’est fini!

Collectif proposé hier Dimanche par Elisa, Plume Bleue, Eclaircie, Phoenixs et Marjolaine qui a mis en lien. Votre créativité était tellement riche qu’il m’a fallu un peu plus de temps que prévu pour tout relier et m’en imprégner

Je nous souhaite une bonne lecture dans ce paysage citoyen! Merci à vous les filles, d’avoir pris cette proposition à cœur, je suis très touchée que le Collectif sur ce texte soit au complet!

10 replies on “Passager du Grand Huit! par les chemins ou les nuages: Direction Mappemonde Un Cœur en poche!”

  1. Phoenixs dit :

    Thème difficile sur lequel écrire sans trébucher, demander aux hommes d’être citoyens du monde relève de l’acrobatie plumale 😉
    Mais, vaillantes elles se sont trempées à l’encre de l’espoir, ru,filet, mirage ?
    L’essentiel c’est encore de l’écrire et de le vivre au plus près.

  2. Kiproko dit :

    Un embrasement de bonnes volontés pour refaire ce monde…plume à plume, passagères dans ce grand huit.
    Merci aux plumes fertiles , toujours le même plaisir de la découverte !
    Le thème n’était pas facile mais la langue des signes, entre les orties et les pierres, se faufile, bravant serpents pour caresser un rêve illusoire, fraternel : celui de l’égalité.

    Ils cassent le monde de Boris Vian

    ILS CASSENT LE MONDE
    Ils cassent le monde
    En petits morceaux
    Ils cassent le monde
    A coups de marteau
    Mais ça m’est égal
    Ca m’est bien égal
    Il en reste assez pour moi
    Il en reste assez
    Il suffit que j’aime
    Une plume bleue
    Un chemin de sable
    Un oiseau peureux
    Il suffit que j’aime
    Un brin d’herbe mince
    Une goutte de rosée
    Un grillon de bois
    Ils peuvent casser le monde
    En petits morceaux
    Il en reste assez pour moi
    Il en reste assez
    J’aurais toujours un peu d’air
    Un petit filet de vie
    Dans l’oeil un peu de lumière
    Et le vent dans les orties
    Et même, et même
    S’ils me mettent en prison
    Il en reste assez pour moi
    Il en reste assez
    Il suffit que j’aime
    Cette pierre corrodée
    Ces crochets de fer
    Où s’attarde un peu de sang
    Je l’aime, je l’aime
    La planche usée de mon lit
    La paillasse et le châlit
    La poussière de soleil
    J’aime le judas qui s’ouvre
    Les hommes qui sont entrés
    Qui s’avancent, qui m’emmènent
    Retrouver la vie du monde
    Et retrouver la couleur
    J’aime ces deux longs montants
    Ce couteau triangulaire
    Ces messieurs vêtus de noir
    C’est ma fête et je suis fier
    Je l’aime, je l’aime
    Ce panier rempli de son
    Où je vais poser ma tête
    Oh, je l’aime pour de bon
    Il suffit que j’aime
    Un petit brin d’herbe bleue
    Une goutte de rosée
    Un amour d’oiseau peureux
    Ils cassent le monde
    Avec leurs marteaux pesants
    Il en reste assez pour moi
    Il en reste assez, mon cœur

  3. Kiproko dit :

    LE GLOBE de Nazim Hikmet

    Offrons le globe aux enfants, au moins pour une journée.
    Donnons-le leur afin qu’ils en jouent comme d’un ballon multicolore
    Pour qu’ils jouent en chantant parmi les étoiles.
    Offrons le globe aux enfants,
    Donnons-le leur comme une énorme pomme
    Comme une boule de pain toute chaude,
    Qu’une journée au moins ils puissent manger à leur faim.
    Offrons le globe aux enfants,
    Qu’une journée au moins le globe apprenne la camaraderie,
    Les enfants prendront de nos mains le globe,

    Ils y planteront des arbres immortels.

  4. Kiproko dit :

    Demain sera le même jour d’Abdllatif Laâbi

    Demain
    sera le même jour
    Je n’aurai vécu que quelques instants
    le front collé à la vitre
    pour accueillir le carrousel du crépuscule
    J’aurai étouffé un cri
    car personne ne l’aura entendu
    en ce désert
    Je me serai mis
    dans la position du fœtus
    sur le siège de ma vieille solitude

    J’aurai attendu
    que mon verre se vide à moitié
    pour y déceler le goût du fiel
    Je me serai vu
    le lendemain
    me réveillant et vaquant
    Atrocement semblable

    Ce que nous voulons du même poète

    C’est simple
    nous ne voulons pas acquérir la lune
    pour organiser des orgies lugubres
    qui nous fassent oublier des crimes
    que nous n’avons pas commis
    Nous ne cherchons pas
    l’Oiseau-Bleu-Orphelin
    se terrant dans la septième forêt
    après la traversée de la septième mer
    pour nous en incorporer le gésier
    afin d’obtenir la puissance absolue
    Nous ne demandons pas
    la main aux veines transparentes
    de la princesse circassienne
    dont la traîne de la chevelure verte
    est portée par trois esclaves dûment excisées
    Nous n’avons pas de visées de conquête
    sur le pays d’autrui
    pour sabrer les yeux où nous voyons pétiller
    la flamme de liberté

    Nous voulons simplement
    vivre sans maîtres
    entre hommes égaux quoique dissemblables
    fédérer nos mains
    pour de justes récoltes
    récompensant de justes peines

  5. Elisa R dit :

    La lumière existe sous les nuages,comme elle existe dans nos écritures : bravo et merci !
    Merci aussi à Kiproko pour ses cadeaux, toujours de grande valeur.

  6. Kiproko dit :

    A un homme bienfaisant d’Evariste de Parny

    Cesse de chercher sur la terre
    Des cœurs sensibles aux bienfaits;
    L’homme ne pardonne jamais
    Le bien que l’on ose lui faire.
    N’importe, ne te lasse pas ;
    Ne suis la vertu que pour elle ;
    L’humanité serait moins belle,
    Si l’on ne trouvait point d’ingrats.

  7. Kiproko dit :

    Un poème de Léopold Sédar Senghor

    Poème à mon frère blanc

    Quand je suis né, j’étais noir;
    Quand j’ai grandi, j’étais noir;
    Quand je suis au soleil, je suis noir;
    Quand je suis malade, je suis noir;
    Quand je mourrai, je serai noir…

    Tandis que toi homme blanc,
    Quand tu es né, tu étais rose;
    Quand tu as grandi, tu étais blanc;
    Quand tu es au soleil, tu es rouge;
    Quand tu as froid, tu es bleu;
    Quand tu as peur, tu es vert;
    Quand tu es malade, tu es jaune;
    Quand tu mourras, tu seras gris…

    Alors, de nous deux,
    Qui est l’homme de couleur ?

  8. Kiproko dit :

    Je vous offre un autre poème d’Abdellatif Laâbi, poète engagé…

    J’atteste

    J’atteste qu’il n’y a d’Etre humain
    que Celui dont le coeur tremble d’amour
    pour tous ses frères en humanité
    Celui qui désire ardemment
    plus pour eux que pour lui-même
    liberté, paix, dignité

    Celui qui considère que la Vie
    est encore plus sacrée
    que ses croyances et ses divinités
    J’atteste qu’il n’y a d’Etre humain
    que Celui qui combat sans relâche la Haine
    en lui et autour de lui
    Celui qui dès qu’il ouvre les yeux au matin
    se pose la question :
    Que vais-je faire aujourd’hui pour ne pas perdre
    ma qualité et ma fierté
    d’être homme ?

  9. Marjolaine dit :

    Merci pour tous les textes de poésie postés pour apporter plus de sève à cette création collective! Merci pour la Lumière même sous les nuages et pour les plumes qui rappellent que l’essentiel est de vivre notre citoyenneté humaine au plus près de l’Humanité!

    Ce soir au vue des résultats partout dans le Monde, on se rend compte qu’il en faut encore quelques-uns des mots pour faire voyager la lumière à travers les nuages!

    Merci les poétesses pour cet échange! Cela fait chaud au cœur!

  10. Éclaircie dit :

    Je n’avais pas encore laissé trace de mon passage, de mes passages auprès de vous, conscientes du monde et riches des liens qui nous unissent.

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