Eclosions éphémères

Le premier pas sur la lune
Les traces de pieds dans le sable
Le silence et le mot
L’attente sur le quai de cette gare
L’œil qui se ferme à jamais
Et l’instant de tout énumérer
La seconde éphémère me renvoie
À ce temps d’inconscience
Qui à nouveau épie derrière la porte

Sur le fil …
De la lumière du jour à la lune éclairée
tout bouge plus ou moins loin,
selon le sourire de l’Fée Mer que l’on rencontre sur notre chemin.

Le son mélodieux d’une voix aimée
accompagne nos pas
dans cette vie qui est à la fois
changeante et la même selon
notre humeur de l’instant qui passe.

Une envie soudaine
et nous partons refaire le monde sur la lune
à l’aube de nos 17 printemps retrouvés !
Tout est question de diapason

Avant de respirer la fleur tant aimée,
abeille et papillon virevoltent
vivent à chaque souffle une expérience nouvelle
et doucement, dans cette minute intersidérale d’éternité
dansent avec leur essentielle

Effet mer,

Te voilà suspendu dans le crachin
Des vagues affairées
A cogner l’entêtement aux roches moulées
Le fil dans l’eau te tient au-dessus des algues
Molles
Mais tu ne perds rien pour entendre
Le cri des écailles cueillies
Elles rêvaient d’écouter la terre
Entre deux grottes
Curieuses de connaître ce que tu es
En passant
Vous êtes à présent immobiles sur la sable
D’avoir cru éternel le chant des eaux
Mouvantes.

Sous la frange de lumière
Quelque chose tremble
En ce lieu précis
Au milieu de l’onde
Mouvante féérie
Ailes de soie irisées
La danse délicate des demoiselles
Entre le jeu d’ombre et de soleil

C’est l’heure des métamorphoses
Offertes avant l’oubli
L’aurore a déplié sa nappe blanche
Décoré les brassées d’herbes bleues
De perles cristallines
Pour fêter la naissance du jour
Fragilité fugace avant que tout ne s’esquive
Dans la lassitude molle de l’ordinaire

Sur le seuil de l’éveil
Pur moment de beauté
Dans un fragment d’éternité
L’éphémère saupoudre sa magie
Touche la membrane sensible
Il court le battement au souffle furtif
L’instant inouï avant tout déchirement

 

Dans la lumière passagère, Eclaircie, Marjolaine, Phoenix et Kiproko délivrent leurs messages éphémères…

15 replies on “Eclosions éphémères”

  1. Elisa R dit :

    Il y a comme un silence autour de vos mots, comme une respiration retenue durant quelques secondes. C’est très beau : merci !

  2. Marjolaine dit :

    Ce voyage dans cette éclosion éphémère nous laisse en réflexion sur le sens de notre passage. Merci les Filles.
    Bonne semaine à toutes les 5.
    Bises amicales Marjolaine

  3. Phoenixs dit :

    Heureusement que poser ces instants leur donne un semblant d’éternité qui suffit à notre éphémère.

  4. Kiproko dit :

    Merci aux plumes fertiles !
    Derrière le paravent, l’ombre des mots en guise de voiles sur l’éphémère…

    Tout d’abord, que Phoenix me pardonne pour « le » sable !

    Offrande poétique à vous cinq !

    Les mots de Christian Bobin

    La légèreté, elle est partout, dans l’insolente fraîcheur des pluies d’été, sur les ailes d’un livre abandonné au bas d’un lit, dans la rumeur des cloches d’un monastère à l’heure des offices, une rumeur enfantine et vibrante, dans un prénom mille et mille fois murmuré comme on mâche un brin d’herbe, dans la fée d’une lumière au détour d’un virage sur les routes serpentines du Jura, dans la pauvreté tâtonnante des sonates de Schubert, dans la cérémonie de fermer lentement les volets le soir, dans une fine touche de bleu, bleu pâle, bleu-violet, sur les paupières d’un nouveau-né, dans la douceur d’ouvrir une lettre attendue, en différant une seconde l’instant de la lire, dans le bruit des châtaignes explosant au sol et dans la maladresse d’un chien glissant sur un étang gelé, j’arrête là, la légèreté , vous voyez bien, elle est partout donnée. Et si en même temps, elle est rare, d’une rareté incroyable, c’est qu’il nous manque l’art de recevoir, simplement recevoir ce qui nous est partout donné.

  5. Kiproko dit :

    Vous reprendez bien encore un vers…

    La fatigue a des couleurs de Jacques Ancet

    La fatigue a des couleurs
    Comme les saisons. Elle a
    Ses douceurs et ses éclats,
    Ses silences. Mais surtout
    Ce qu’elle permet de voir :
    D’une chose à son image
    Imperceptible, une sorte
    De distance sans distance.
    L’incertitude du monde.
    Comme un vacillement bref.

  6. Kiproko dit :

    Mieux qu’une tisane du soir…

    Avis à tous de Marie-Claire Bancquart

    Avis à tous :
    Je viens de respirer
    Comme l’insecte
    Comme à sa manière
    Le platane devant chez moi
    Dans une vocation commune et mystérieuse.
    Et je m’en vais
    au hasard des rencontres.

  7. Kiproko dit :

    Au fond de la mer de Sophia de Mello Breyner Andresen

    Au fond de la mer il y a de blanches frayeurs,
    Où les plantes sont des animaux
    Et les animaux des fleurs

    Monde silencieux que n’atteint pas
    L’agitation des vagues.
    Des coquillages ronds s’ouvrent en riant,
    Le cheval marin se balance.
    Un poulpe avance
    Dans le désordre
    De ses milles bras,
    Une fleur danse,
    Sans bruit les espaces.

    Sur le sable, le temps se pose
    Léger comme un mouchoir.

    Que la poésie vous berce !
    Kiproko dans le hamac

  8. Éclaircie dit :

    Beau quatuor sur ce thème de l’éphémère, (le quintet ne se dévoile qu’en commentaire, mais il existe, là, un souffle discret).
    J’aime les diverses échelles empruntées pour mener à cette notion.

    Merci et bravo à vous !
    La mise en page est agréable à découvrir et les poèmes en commentaires un plus de notre précieuse « Plume Bleue ».

  9. josy dit :

    un plaisir a vous lire___
    et la mise en page est super chouette____

    bizz de josy____

  10. josy dit :

    pour vous _______________

    « Je rêvais la douleur des poètes, je pleurais avec eux leurs larmes les plus belles, je les sentais jusqu’au fond du cœur, j’en étais pénétré, navré, il me semblait parfois que l’enthousiasme qu’ils me donnaient me faisait leur égal et me montait jusqu’à eux ; des pages, où d’autres restaient froids, me transportaient, me donnaient une fureur de pythonisse, je m’en ravageais l’esprit à plaisir, je me les récitais au bord de la mer, ou bien j’allais, la tête baissée, marchant dans l’herbe, me les disant de la voix la plus amoureuse et la plus tendre. « ……….Flaubert.

    • Kiproko dit :

      Je faisais la courte échelles aux sauterelles de passage. Les hautes herbes folles veillaient à l’innocence des premières lueurs. L’air était frais et se posait sur mes chevilles nues. Je remplissais de joie le vide autour de moi.
      Un oiseau s’émancipait à tire-d’aile, petite virgule noire sur le front bleu…
      Et de mon coeur à la vie, tant d’allers et retours, de tout ce qui fait une vie et là défait…

      Peut-être lee début d’un poème…

      Josy, c’était beau ce petit passage de Flaubert !

      • Kiproko dit :

        Arghhhh ! l’a….pfff ! pas là ! voilà, c’est dit !

      • josy dit :

        kiproko
        c est de toi ce joli début de texte
        c un ravissement que j ai envie de partager
        sur facebook avec ton nom bien sûr
        dis moi

        • Kiproko dit :

          Oui, petite bafouille…tu peux, Josy !

          Ma réponse me donne un prétexte pour vous offrir ici un joli poème de Nadia Tuéni…

          La tête en bas d’une rue blanche
          il y a
          beau comme un figuier
          le soleil
          Mains sur le dos d’une colonne
          la nuit
          en tablier d’enfant
          s’allonge
          Quand tu annonçais des merveilles
          la bouche pleine
          combien douce était la campagne
          de confiture

          Josy, tu es en panne d’ordinateur ?
          Comme les mots se font attendre…

          Kiproko, montre en main !

  11. Kiproko dit :

    Heu, ben non, la…….C’est mon dernier mot !

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