De mémoire , inventer l’automne

Inventer l’automne
Quand tout est mémoire
Le cri des engoulevents au crépuscule
La douceur des ululements
La lumière complice de la lune.
Inventer les couleurs
Tant de fois partagées…
Le crissement imaginé d’une plume
Le sourire dans une voix.
Les feuilles cèdent au vent et à la pluie
Je résiste encore au temps qui sépare à jamais de juillet
Demain, je m’enroulerai dans les brouillards blancs
Leurs silences bienfaisants apaiseront les miens.
Elisa
****
En chaussons et tutu, sur les pointes
La coiffe chargée de fruits
Et le vent pour toute scène,
L’automne par petits entrechats
Sautille entre les arbres charmés
Puis se lance dans des arabesques
Vertigineuses et colorées.
Les branches la porte aux nues
Et dans un frisson de plaisir
La danseuse entraîne les feuilles
Dans un dernier ballet
Et s’allonge ocre et dorée sur la terre humide.
Eclaircie
****
Entre moissons et vendanges,
Tout s’effeuille
Dans la mémoire qui brûle.

C’est le temps des grandes migrations
Les oiseaux ont appris la longueur des jours
Plient bagage avant la cisaille du premier frimas.
Sous les cuivres rutilants
Les méditations solitaires se lient
Aux murmures des feuilles jonchées
Et, dans la chevelure rousse des arbres,
Leurs soeurs vacillent avant la sentence.

La grâce éthérée d’un tourbillon d’or
Cache l’orbe des regrets.
L’âme s’épanche
Au plus profond de l’obscur
Ballet étrange et cyclique
Où les pas glissent vers l’imprudence des jours.

Dans l’harmonie des métamorphoses,
Sous les apprêts flamboyants de l’automne
La toile des silences est propice à tous les désordres.
Ainsi, nous ébranle la mélancolie.

Plume bleue

****

Feuille de route,

Effacer l’homme du paysage
Gommer ses paroles interminables
Dégoulinantes sur les murs défraîchis
Les écorces rongées par l’acide des gestes
Les eaux secrètes vomies des turbines
Oublier son passage dans les saisons amères
Les chutes vertigineuses
Les ruines craquées aux jointures
Ce serait comme inventer l’automne
Sans l’hiver dans ses veines…
****

Aujourd’hui
Tout bouge
A la Boutique des 4 Saisons !
Le Bas est en haut,
Le Haut est en bas.
Tout est Chamboulé.
C’est l’Automne, Architecte de la Vie
Qui vient transformer son Palais.

Mettez un peu d’Eau
C’est important pour bien pousser.
Rajoutez une note de ton orangé
Ça fait du bien à l’humeur et au teint.
Imprégnez-vous de la Terre, des Arbres
Et prenez le temps de regarder, de respirer.
Les oiseaux nous gazouillent un concert
Avant de se réfugier dans leur duvet.

L’Automne l’a dit
Maintenant c’est décidé
Fini la grisaille
Automne rime avec
Couleurs Multicolores,
avec Rires Sonores,
avec Joie d’Exister
Alors, prenons-nous par la main pour faire une ronde tout autour du Monde et
Dansons La Vie

Marjolaine

Ces plumes au vent ne pouvaient que danser sur une note de vie.

10 replies on “De mémoire , inventer l’automne”

  1. Phoenixs dit :

    Voilà, on essaye de repeindre les saisons qui nous accompagnent, tantôt souvenirs, tantôt vie qui poursuit sa course malgré tout, selon nos encres, cette vie nous tient, nous maintient, parfois renonce. Il reste un écran pour le dire et le lire.
    4Z au sommet sait, à présent, de quoi les vents sont porteurs…

  2. Kiproko dit :

    L’automne a bien du talent…Chaque toile de vous est un précieux tableau.
    Comme j’aime ce lieu hanté par votre poésie.

    L’automne de Lucie Delarue-Mardrus

    On voit tout le temps, en automne,
    Quelque chose qui vous étonne,
    C’est une branche, tout à coup,
    Qui s’effeuille dans votre cou.

    C’est un petit arbre tout rouge,
    Un, d’une autre couleur encor,
    Et puis, partout, ces feuilles d’or
    Qui tombent sans que rien ne bouge.

    Nous aimons bien cette saison,
    Mais la nuit si tôt va descendre !
    Retournons vite à la maison
    Rôtir nos marrons dans la cendre.

  3. Kiproko dit :

    La bise de Maurice Carême

    Ce sont des feuilles mortes
    Disaient les feuilles mortes
    Voyant des papillons
    S’envoler d’un buisson.
    Ce sont des papillons
    Disaient les papillons
    Voyant des feuilles mortes
    Errer de porte en porte.
    Mais la bise riait
    Qui déjà les chassait
    Ensemble vers la mer.

  4. Kiproko dit :

    Les oies sauvages de Guy de Maupassant

    Tout est muet, l’oiseau ne jette plus ses cris.
    La morne plaine est blanche au loin sous le ciel gris.
    Seuls, les grands corbeaux noirs, qui vont cherchant leurs proies,
    Fouillent du bec la neige et tachent sa pâleur.

    Voilà qu’à l’horizon s’élève une clameur ;
    Elle approche, elle vient, c’est la tribu des oies.
    Ainsi qu’un trait lancé, toutes, le cou tendu,
    Allant toujours plus vite, en leur vol éperdu,
    Passent, fouettant le vent de leur aile sifflante.

    Le guide qui conduit ces pèlerins des airs
    Delà les océans, les bois et les déserts,
    Comme pour exciter leur allure trop lente,
    De moment en moment jette son cri perçant.

    Comme un double ruban la caravane ondoie,
    Bruit étrangement, et par le ciel déploie
    Son grand triangle ailé qui va s’élargissant.

    Mais leurs frères captifs répandus dans la plaine,
    Engourdis par le froid, cheminent gravement.
    Un enfant en haillons en sifflant les promène,
    Comme de lourds vaisseaux balancés lentement.
    Ils entendent le cri de la tribu qui passe,
    Ils érigent leur tête ; et regardant s’enfuir
    Les libres voyageurs au travers de l’espace,
    Les captifs tout à coup se lèvent pour partir.
    Ils agitent en vain leurs ailes impuissantes,
    Et, dressés sur leurs pieds, sentent confusément,
    A cet appel errant se lever grandissantes
    La liberté première au fond du coeur dormant,
    La fièvre de l’espace et des tièdes rivages.
    Dans les champs pleins de neige ils courent effarés,
    Et jetant par le ciel des cris désespérés
    Ils répondent longtemps à leurs frères sauvages.

  5. Marjolaine dit :

    Cet automne révisité me plaît beaucoup.

  6. Éclaircie dit :

    Étrange danse que celle de cette automne, au charme acide ou résolument optimiste. Une saison aux cinq voix bien placées.

  7. Elisa R dit :

    Il y en a pour tous les goûts et Kiproko nous offre toujours de superbes textes en récompense : merci à toutes !

  8. Kiproko dit :

    Encore un poème pour les petites plumes fertiles…

    Voici que la saison décline de Victor Hugo

    Voici que la saison décline,
    L’ombre grandit, l’azur décroît,
    Le vent fraîchit sur la colline,
    L’oiseau frissonne, l’herbe a froid.

    Août contre septembre lutte ;
    L’océan n’a plus d’alcyon ;
    Chaque jour perd une minute,
    Chaque aurore pleure un rayon.

    La mouche, comme prise au piège,
    Est immobile à mon plafond ;
    Et comme un blanc flocon de neige,
    Petit à petit, l’été fond.

  9. Kiproko dit :

    Tête de faune………Arthur Rimbaud

    Dans la feuillée, écrin vert taché d’or,
    Dans la feuillée incertaine et fleurie
    De fleurs splendides où le baiser dort,
    Vif et crevant l’exquise broderie,

    Un faune effaré montre ses deux yeux
    Et mord les fleurs rouges de ses dents blanches.
    Brunie et sanglante ainsi qu’un vin vieux,
    Sa lèvre éclate en rires sous les branches.

    Et quand il a fui – tel qu’un écureuil –
    Son rire tremble encore à chaque feuille,
    Et l’on voit épeuré par un bouvreuil
    Le Baiser d’or du Bois, qui se recueille.

  10. Kiproko dit :

    Je vous offre les mots de Louis Aragon.

    Les oiseaux déguisés

    Tous ceux qui parlent des merveilles
    Leurs fables cachent des sanglots
    Et les couleurs de leur oreille
    Toujours à des plaintes pareilles
    Donnent leurs larmes pour de l’eau

    Le peintre assis devant sa toile
    A-t-il jamais peint ce qu’il voit
    Ce qu’il voit son histoire voile
    Et ses ténèbres sont étoiles
    Comme chanter change la voix

    Ses secrets partout qu’il expose
    Ce sont des oiseaux déguisés
    Son regard embellit les choses
    Et les gens prennent pour des roses
    La douleur dont il est brisé

    Ma vie au loin mon étrangère
    Ce que je fus je l’ai quitté
    Et les teintes d’aimer changèrent
    Comme roussit dans les fougères
    Le songe d’une nuit d’été

    Automne automne long automne
    Comme le cri du vitrier
    De rue en rue et je chantonne
    Un air dont lentement s’étonne
    Celui qui ne sait plus prier.

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