De rues en boulevards

Boulevard de la rime,

 

Au bout de l’asphalte

Un terrain vague

Rivage cobalt

Haleine tag

Sur les murs sueurs

D’urbains mécaniques

Le noir couleur

Grise l’ironique

Destin des impasses

Crasses

~~~~

Bien que rien

ne les prédestinaient à se rencontrer,

Le bon ordre des choses fut bien vite chamboulé

Un matin d’été, où tout s’entremêla…

 

Je m’en vais vous le conter si tôt

 

Dans le quartier de Rues,

tout le monde s’agitait

était pressé, courait sans cesse,

Un seul mot d’ordre importait: travailler,

gagner toujours plus de pièces, rien d’autres ne comptait

 

Dans le quartier de Boulevards,

tout le monde se prélassait

respirait, se regardait,

Un seul mot d’ordre importait: se regarder encore,

faire partie de la fête et parEtre le plus beau

 

Tout aurait pu continuer ainsi à jamais en deux mondes parallèles,

sans ces deux  jeunes souris qui

Un beau matin d’été décidèrent de quitter un instant Boulevards et son théâtre

pour venir rencontrer Rues et ses pavés! Et Vice versa! Et partager!

 

Ce qu’il en  sortit?

Un matin de Fraternité retrouvé

Où chacun comprit enfin

l’importance de Rues et Boulevards rassemblés

 

Ne jouant ainsi plus que dans une seule respiration, où

toutes  les pièces à gagner et celles à gagner à voir et à applaudir appartenaient à un seul et même lieux: ENTRE RUES et BOULEVARDS…  CRÉATION

~~~

….Entre rues et boulevards

….La nuit, néons racoleurs  rouges

….Une femme, de ses longs ciseaux noirs,

….Découpe le macadam

….Nomade urbaine des passages non protégés

….C’est une part d’humanité dans un angle mort

 Entre rues et boulevards

….Derrière les façades

….Des rêves croulent à tous les étages

….Pour les voyageurs sans bagages

….Et personne ne connaît la fin de leur chute

….Entre rues et boulevards

….L’ombre s’efface avant le petit jour

….Le chemin de l’exil est le même

 Tout le reste est impasse

~~~

À l’ombre des tours généreuses

Les rues préservent leurs secrets

Le soupirail abritant la nuit

L’empreinte des passants pressés

Et cet embryon de verdure qui résiste

Quand les boulevards n’ont d’autre choix

Que la forme longiligne

Le carrefour parfait et l’arbre ciselé

Mais aucun ne sait le nombre de pas

Ni l’éventail des mots

Que l’on déploie pour appeler les portes à s’ouvrir

Et les fenêtres à sourire dès l’aube de chaque matin

~~~~

 

« Entre rues et boulevards » sous tous les angles de vue.

Mis en images par : Phoenixs, Marjolaine, Kiproko et Éclaircie.

Élisa présente depuis son jardin, silencieuse.

4z pour toujours à nos côtés.

6 replies on “De rues en boulevards”

  1. Phoenixs dit :

    Que d’aventures dans ces rues qui débouchent sur les boulevards bordés de récits réverbères !
    La ville des mots est bien plus active que celle des maux.
    Elisa doit sûrement être assise sur le banc près du square pendant que 4Z écrit sur le tronc des arbres 🙂

  2. Elisa R dit :

    Entre rues et boulevards j’ai trouvé quelques arbres. Nous respirons ensemble, au rythme de vos voix, sérieuses et belles. Bravo à toutes !

    • Kiproko dit :

      Pour vous, encore un « petit »…Poème d’Emile Verhaeren

      Du fond des brumes,
      Là-bas, avec tous ses étages
      Et ses grands escaliers et leurs voyages
      Jusques au ciel, vers de plus hauts étages,
      Comme d’un rêve, elle s’exhume.

      Là-bas,
      Ce sont des ponts tressés en fer
      Jetés, par bonds, à travers l’air;
      Ce sont des blocs et des colonnes
      Que dominent des faces de gorgonnes;
      Ce sont des tours sur des faubourgs,
      Ce sont des toits et des pignons,
      En vols pliés, sur les maisons;
      C’est la ville tentaculaire,
      Debout,
      Au bout des plaines et des domaines.

      Des clartés rouges
      Qui bougent
      Sur des poteaux et des grands mâts,
      Même à midi, brûlent encor
      Comme des oeufs monstrueux d’or,
      Le soleil clair ne se voit pas:
      Bouche qu’il est de lumière, fermée
      Par le charbon et la fumée,

      Un fleuve de naphte et de poix
      Bat les môles de pierre et les pontons de bois;
      Les sifflets crus des navires qui passent
      Hurlent la peur dans le brouillard:
      Un fanal vert est leur regard
      Vers l’océan et les espaces.

      Des quais sonnent aux entrechocs de leurs fourgons,
      Des tombereaux grincent comme des gonds,
      Des balances de fer font choir des cubes d’ombre
      Et les glissent soudain en des sous-sols de feu;
      Des ponts s’ouvrant par le milieu,
      Entre les mâts touffus dressent un gibet sombre
      Et des lettres de cuivre inscrivent l’univers,
      Immensément, par à travers
      Les toits, les corniches et les murailles,
      Face à face, comme en bataille.

      Par au-dessus, passent les cabs, filent les roues,
      Roulent les trains, vole l’effort,
      Jusqu’aux gares, dressant, telles des proues
      Immobiles, de mille en mille, un fronton d’or.
      Les rails raméfiés rampent sous terre
      En des tunnels et des cratères
      Pour reparaître en réseaux clairs d’éclairs
      Dans le vacarme et la poussière.
      C’est la ville tentaculaire.
      La rue – et ses remous comme des câbles
      Noués autour des monuments –
      Fuit et revient en longs enlacements;
      Et ses foules inextricables
      Les mains folles, les pas fiévreux,
      La haine aux yeux,
      Happent des dents le temps qui les devance.
      A l’aube, au soir, la nuit,
      Dans le tumulte et la querelle, ou dans l’ennui,
      Elles jettent vers le hasard l’âpre semence
      De leur labeur que l’heure emporte.
      Et les comptoirs mornes et noirs
      Et les bureaux louches et faux
      Et les banques battent des portes
      Aux coups de vent de leur démence.

      Dehors, une lumière ouatée,
      Trouble et rouge, comme un haillon qui brûle,
      De réverbère en réverbère se recule.
      La vie, avec des flots d’alcool est fermentée.

      Les bars ouvrent sur les trottoirs
      Leurs tabernacles de miroirs
      Où se mirent l’ivresse et la bataille;
      Une aveugle s’appuie à la muraille
      Et vend de la lumière, en des boîtes d’un sou;
      La débauche et la faim s’accouplent en leur trou
      Et le choc noir des détresses charnelles
      Danse et bondit à mort dans les ruelles.
      Et coup sur coup, le rut grandit encore
      Et la rage devient tempête:
      On s’écrase sans plus se voir, en quête
      Du plaisir d’or et de phosphore;
      Des femmes s’avancent, pâles idoles,
      Avec, en leurs cheveux, les sexuels symboles.
      L’atmosphère fuligineuse et rousse
      Parfois loin du soleil recule et se retrousse
      Et c’est alors comme un grand cri jeté
      Du tumulte total vers la clarté:
      Places, hôtels, maisons, marchés,
      Ronflent et s’enflamment si fort de violence
      Que les mourants cherchent en vain le moment de silence
      Qu’il faut aux yeux pour se fermer.
      Telle, le jour – pourtant, lorsque les soirs
      Sculptent le firmament, de leurs marteaux d’ébène,
      La ville au loin s’étale et domine la plaine
      Comme un nocturne et colossal espoir;
      Elle surgit: désir, splendeur, hantise;
      Sa clarté se projette en lueurs jusqu’aux cieux,
      Son gaz myriadaire en buissons d’or s’attise,
      Ses rails sont des chemins audacieux
      Vers le bonheur fallacieux
      Que la fortune et la force accompagnent;
      Ses murs se dessinent pareils à une armée
      Et ce qui vient d’elle encore de brume et de fumée
      Arrive en appels clairs vers les campagnes.

      C’est la ville tentaculaire,
      La pieuvre ardente et l’ossuaire
      Et la carcasse solennelle.

      Et les chemins d’ici s’en vont à l’infini
      Vers elle.

  3. Kiproko dit :

    Bravo aux plumes fertiles !
    Comme quoi tous les chemins, les rues et même les boulevards mènent à la poésie !

    Couplet de la ru Bagnolet de Robert Desnos

    Le soleil de la rue de Bagnolet
    N’est pas un soleil comme les autres.
    Il se baigne dans le ruisseau,
    Il se coiffe avec un seau,
    Tout comme les autres,
    Mais, quand il caresse mes épaules,
    C’est bien lui et pas un autre,
    Le soleil de la rue de Bagnolet
    Qui conduit son cabriolet
    Ailleurs qu’aux portes des palais.
    Soleil ni beau ni laid,
    Soleil tout drôle et tout content,
    Soleil d’hiver et de printemps,
    Soleil de la rue de Bagnolet,
    Pas comme les autres.

  4. Kiproko dit :

    Sur le trottoir flambant d’étalages criards,
    Midi lâchait l’essaim des pâles ouvrières,
    Qui trottaient, en cheveux, par bandes familières,
    Sondant les messieurs bien de leurs luisants regards.

    Pour les jolies passantes de Poésie Fertile…

    Les boulevards de Jules Laforgue

    J’allais, au spleen lointain de quelque orgue pleurard,
    Le long des arbres nus aux langueurs printanières,
    Cherchant un sonnet faux et banal où des bières
    Causaient, lorsque je vis passer un corbillard.

    Un frisson me secoua. – Certes, j’ai du génie,
    Car j’ai trop épuisé l’angoisse de la vie !
    Mais, si je meurs ce soir, demain, qui le saura ?

    Des passants salueront mon cercueil, c’est l’usage ;
    Quelque voyou criera peut-être : « Eh ! bon voyage ! »
    Et tout, ici-bas comme aux cieux, continuera.

  5. Kiproko dit :

    Sur le trottoir….luisants regards.

    est la première strophe du poème de Jules Laforgue

    Pas de kiproko !

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