Brève d’un soir – Englemor

Sur la colline ressuyée
abattue de ne pouvoir
s’ébrouer
un nuage couvait la pluie
dans la fourche d’un pommier
C’est ici qu’en transparence
le vent jurait
des pierres
être la risée
Elles lui gâtaient disait-il
la route
et le faisaient boiter
Sa plainte fut ravalée
lorsqu’un bouvreuil immense
le traversa
Alors le vent
debout
lui souffla l’endroit
où poser ses couleurs

4 replies on “Brève d’un soir – Englemor”

  1. Elisa-R dit :

    J’ai déjà commenté ce poème ailleurs. L’impression de regarder, avec délice, un immense livre de fantastiques images persiste.
    J’aime beaucoup!

  2. 4Z2A84 dit :

    Dans la poésie en vers libres, le fait d’aller à la ligne, donc de créer un nouveau
    vers, est dicté en fonction des découpages syntaxiques respiratoires de la langue.
    Ceci n’est pas une règle. D’ailleurs l’instinct suffit souvent à qui choisit d’écrire sous cette forme. En fait le poète découpe souvent selon son caprice son texte. Et il se trouve que très souvent ce caprice tienne compte de cette règle – qui n’en est pas une. Dans les poèmes d’Eclaircie qui sont le plus souvent écrits en vers libres, comme aussi dans les miens quand ils ne sont pas assujettis au mètre, on va à la ligne, c’est-à-dire que l’on passe d’un vers libre à l’autre comme on passerait d’un alexandrin au suivant. Il en résulte pour le lecteur un agrément, car la souplesse est préférable à la raideur. Il y a, on s’en doute, bien des occasions de ne pas observer cette espèce de principe, notamment lorque l’on souhaite qu’un mot soit mis en valeur (cette pratique aussi se retrouve dans la poésie mesurée). Par exemple dans :
    Je savais depuis longtemps que je n’étais qu’un pauvre
    fou.
    J’en arrive à ton texte. Le découpage m’y paraît sans fondement – le seul fondement que je lui reconnaisse étant le désagrément qu’il me procure de ce fait. A tel point que si ton texte avait été plus long je l’eusse abandonné en cours de route. Ceci pour la forme. Quant au fond, je dois dire qu’à part quelques bonnes idées qui prouvent que tu ne manques pas d’imagination (la reine des facultés si l’on en croit Baudelaire-Poe) il me déçoit un peu; en effet j’ai lu ailleurs d’autres poèmes de toi bien meilleurs, et dans lesquels tu surprenais davantage ton lecteur. Si j’emploie ce verbe – surprendre – c’est aussi parce que je ne crois pas me tromper en soupçonnant en toi un amateur de fantaisie et de fantastique.

  3. eclaircie dit :

    Un souffle, un soir, et toutes les couleurs suggérées. J’espère vous relire ici, Englemor.

  4. tequila dit :

    c’est un simple paysage mais il devient avec tes mots une histoire fantastique, maintenant quand on regarde une colline ou un nuage on se dit : que pensent t’ils?

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