L’inconsolée

Les hiéroglyphes me semblent encore trop imprégnés de vacuité pour oser les dessiner sur les premières pages.
L’alphabet par son absence n’efface pas l’appréhension du néant, ou plutôt la certitude du néant.

Quant à la vraie page, palpable, froissable, déchirable, charitable, juillet sur ma fenêtre l’emprisonne contre les volets clos.

Comment revivre la chaleur si tu as froid ?

Les volumes se déforment sans jamais devenir livre ouvert.
La positivité s’est fait la malle, cependant qu’elle ne hante pas le train, ni les gares pas plus qu’une quelconque consigne.

Et les rivières ignorent toujours la raison de leur flux ; l’aval, l’amont, leur indiffèrent. La déclivité, seule valeur sûre.

Tout le reste n’est que paroles, paroles, par-delà le vacarme de l’éloignement.

7 replies on “L’inconsolée”

  1. Elisa R dit :

    Le titre ressemble à une mère, douce, qui protégerait de ses bras ouverts les mots, ses enfants accablés de chagrin.
    « L’inconsolée » me touche, comme s’il était écrit sur mesure, pour moi : merci chère Eclaircie.

  2. josy dit :

    un texte qui me touche profondement
    et en echo je vous livre ceci;

    ******

    Enfant ,j ‘ai vécu dans l ‘amour taiseux des gens modestes…
    Des gens qui s ‘interdisaient de parler de leurs sentiments,de faire des compliments,de prodiguer la moindre caresse ou le moindre câlin,de donner le plus petit bisou.

    De la fenêtre de ma chambre à trois métres de là,je voyais le mur blanc d ‘une autre maison.
    mais le mur finalement se trouvait à l intérieur de chez moi…

    On ne parlait pas.
    Il y avait une atmosphère étrange.
    Des non -dits qui tapissait les murs.

    Je n ‘ai jamais vu mes parents s ’embrasser
    d ailleurs je n’ai jamais vu personne s embrasser chez moi
    et pourtant j avais deux soeurs…

    Pourtant certains matins j allais en surprise dans le lit de mes parents ,quand mon père allait besogner dehors
    J’allais enfouir mon nez dans le bras rond de ma mère .
    C’était comme un jeu.
    elle riait un peu.
    et moi j ‘existais un peu…

    Tout ce que j appris en ce temps là venait de l ‘école …
    compter et écrire ne suffit pas pourtant pas à l enfance
    mais j ‘avais dejà ça
    c ‘était mieux que rien…

    chez moi je cherchais dans un énorme dictionnaire la définition des mots ….je passais des heures a comprendre les mots….essayer de toucher les couleurs de la vie finalement….

    j ‘etais pas malheureuse
    je n ‘étais pas heureuse

    Il y avait des capucines
    dehors pour me consoler…

    Un ptit jardin minuscule
    j adorais les regarder
    c ‘était un peu près tout ce qui m a familiariser à la beauté

    j étais touchée

    …..bien plus que je ne saurais dire…

    un p’tit espace à moi
    qui tenait dans un espace si restreint
    que je me retrouvais ….

    je ne m interrogeais pas en ce temps là
    je devais avoir une dizaine d années

    je me laissai vivre
    sans parole
    sans mesure
    sans règle
    sans loi

    un peu comme une araignée dans le désert de Nubie quoi…

    je ne savais pas rire
    ni sourire
    je n ai pas eu cette chance….
    je regardais les nuages passer ……..
    Josy

  3. Kiproko dit :

    Ce texte est loin d’être hermétique pour moi.
    Dans ses interlignes, le silence fracassant nous parle aussi.
    Un écrit dévoilant le vide qu’il nous reste lorsque tout s’efface.
    Il parle d’inspiration perdue, d’émulation poétique et les mots pleurent lorsqu’ils restent derrière la porte.

    Un auteur n’a rien à expliquer : il offre sa sensibilité et son écrit est un don.
    La poésie n’est jamais un prétexte, une excuse. Elle reste un battement de coeur, une émotion.

    Juillet se termine, Eclaircie…et les mots ne pleurent pas toujours !
    Alors, ouvre tes volets et laisse entrer un peu la lumière.

    Kiproko à coeur ouvert…

  4. Éclaircie dit :

    Merci vraiment à vous 3 d’être passées par ici et d’avoir laissé ces commentaires.

    Josy, il est terrible ton cadeau, sans doute pas assez fignolé pour être un vrai poème, mais un écrit si fort qu’ici en commentaire il irradie.

  5. josy dit :

    c est pas un poème Eclaircie…
    c est un arrache coeur
    bien à toi
    ……..

  6. Éclaircie dit :

    Ok, Josy, c’est ta présentation qui m’avait fait penser.
    L’uppercut est arrivé, je te remercie de ta confiance pour m’avoir offert ces mots.

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