Fenêtre Morte

 

Le ciel est sur la ville,
Ni bleu ni gris :
Jaune livresque, scénique.
Aux visages urbains,
Des sourires crispés
Comme baignés de lutéine.

Seuls,
L’orage d’une improbable parousie,
La chair malade,
Les murs moqueurs,
Offrent dans l’écartèlement
Pareille nuance.

C’est, à la fois,
Un moment de plane morbidité,
Et de haute jouissance.
Le bon repas des fauves.
Sur leur costume de convives :
Aucune tache.

Peut-être faudrait-il
Quelque lecture pieuse,
Musique de motet
Ou même une chanson paillarde
Pour saisir toute l’orfèvrerie,
D’un tel instinct de vie.

Depuis mon studio en attique,
La main écartant le rideau,
D’un oeil badaud,
J’observe un peuple magnifique.

Quelqu’un m’a vu et dit d’une voix forte :
« Encore une fenêtre morte ».

HENRIPIERRE

4 replies on “Fenêtre Morte”

  1. Elisa-R dit :

    Publié le 24 août 2010 ici, catégorie « Invités ».
    Je me souviens encore du moment où j’ai découvert ce poème de HenriPierre sur JePoeme. Quel bonheur de l’avoir ici !

  2. Toni Cervantes Martinez dit :

    toujours incomparable, même insaisissable ….je me dis que le poète qui vit en lui est un superbe vagabond de l’insolite, des analyses complexes nourries de réalismes de grandes diversités qui apportent sens et vives résonances aux choses de la vie.
    Tu te répètes ..Toni; …penseras HP s’il lit ce commentaire

  3. HenriPierre dit :

    Élisa, Toni : vous avez bien du courage de prendre la plume pour écrire un mot. Je vais de ce pas raviver la flamme…

  4. Elisa-R dit :

    Merci HenriPierre, votre passage en notre humble demeure me fait très plaisir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *