Fleurs fraîches et bouquet d’hier 

Bris de verre et autres petits dégâts familiers,

.

Nous ne savons rien des autres que nous côtoyons

En arrière-vie ils dansent sur les murs

Ombres pleines de vie mais aussi d’illusions

Qui nous accompagnent sans rien pourvoir de plus

Ne rien voir éveille l’imaginaire malade

Qui déconstruit le réel et déforme les sens

Alors du bris de verre collecté nous faisons un drame

Une pluie de sang et de larmes

Et nous tombons comme de lourds pantins

Sur nos chagrins silencieux désarticulés

*

Au sommet du mât une lumière inconnue

Diffuse des reflets comme autant de vagues

À la surface d’un lac sous le vent

Le silence ajoute à l’intensité de l’absence

S’il n’y avait ce balancement régulier

Comme un pas lourd dans le chemin du retour

La lune ose à nouveau traverser l’espace

Certaine cependant que nul ne l’entendra

Le brouillard sait que plus rien n’est à masquer

Seule dans les iris la perle de nuit vit toujours

*

Que sommes-nous ?

Des galets sous les pieds

Pour éclairer nos nuits blanches

Une lune froide dans le ciel muet

Que les nuques raides ne voient plus

Le sens se joue de l’ordre ordinaire

Une forme sombre patiente

Et puis nous, sur le pont d’un bateau

Sans capitaine pour inventer nos récifs

Sans verbe pour dessiner les contours

D’un avenir sans mémoire

*

Quand je ferme les yeux je t’aveugle mon âme
Mon âme est en morceaux
On a cassé la vitre
Et le vent se faufile à travers mes faisceaux
J’étais une trop fraîche fille
Pour m’en tenir à mon piano
Je jouais à la corde
Et sur les cordes d’une lyre
Démodée
Mes doigts glissaient sans dé à coudre
Si je me suis pendue
C’est à ton cou
Non à la poutre
Et mon corps on l’a jeté
Avec tous mes bijoux
Par la fenêtre ouverte sur la nuit
Où veillent les hiboux

(…)

*

Dans l’ordre de réception, d’écriture et de recherche : Phoenixs, Éclaircie, moi-même et 4Z. J’ai choisi la moitié d’un poème écrit par 4Z le 09 mai 2012 à 17h20 en cette maison

3 replies on “Fleurs fraîches et bouquet d’hier ”

  1. Phoenixs dit :

    Alors, comme ça, on jette les bijoux par la fenêtre de la nuit ? Sans doute pour offrir à la lune silencieuse des éclats de nos étoiles qui continuent leur course dans le ciel plein d’ombres au travail.
    Le capitaine demeure tant que nous lui laissons la barre sur le vaisseau des mots qui traversent l’insensé.

  2. Éclaircie dit :

    Les petits dégâts familiers nous aident-ils à garder le cap ? À savoir où nous allons ? Déconstruire le réel nous en offre un autre , avec musique, galets et lune froide mais présents, toujours.

  3. Elisa-R dit :

    Déconstruire pour avancer. Merci à vous d’être là d’une aussi belle façon.

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