Le bol et son visage sur lit de duvet blanc

Balles des fantoches,

 .


Aller, venir au gré des bancs de sardines

La gueule ouverte prête à l'emploi

Enfourner la friture insignifiante

Fiente de l'insigne futilité des nasses

Je danse sur les arêtes jetées à la vague

Flottantes fin d'écailles

Sur ma tête humide grouille l'élite des crabes

En panier d'oseille sans parfum

Et pourtant si malodorante

*

La trotteuse a renoncé

Parcourir le même cercle des minutes durant

Ne l’intéresse pas plus que manger des heures

Lorsqu’à la table aucun convive ne vient s’asseoir

La trotteuse est devenue bavarde

Perchée aux côtés de la girouette

Elle entame de longs palabres avec le vent

Que le jour ouvrant les yeux

Reflète dans toutes les tours désertes

La trotteuse attend des nuits sans dormir

Le temps volé au dormeur involontaire

Pour le lui rendre à l’aube de sa nouvelle saison

*

Nous nous perdons dans la forêt puis dans la foule

Des hallucinations qui surgissent en vrac

On se revoit trempé par de nobles averses

Dont un artiste essaie d’apprivoiser les gammes

Sa partition l’aveugle avec des grains de sable

Et sur son tableau s’égosille un rossignol

Nous sortons de nos corps comme d’une coquille

Où le confort finit par peser – le réveil

Sur un fleuve fougueux est salubre – on dirait

Que l’âme se remplit d’eau pour se prémunir

Contre la soif quand aux arbres succèderont

Le long des voies sans toits le train vif des pylônes

Puis les bornes où sont indiquées les distances

A parcourir jusqu’aux portes d’un au-delà.

***

*

Deux œillets roses au-dessus du nez

Lui-même en peau de parapluie

Une bouche en jardin indocile et sauvage

Des cheveux soleil levant ou lune de midi

Le caractère fidèle bien que fougueux

Ne nécessite aucune longe et se monte sans selle

La silhouette se faufile indifféremment

Entre les lignes du jour et celles de la nuit

Quant à la démarche elle varie sans prévenir

Hier blues nonchalant au refrain bouleversant

Ce matin vague de deux mètres au milieu du néant.

*

4Z absent cette semaine, j'ai choisi un poème de 2015. Il se joint à ceux de Phoenixs, Eclaircie et moi-même, cueillis hier et ce matin.

3 replies on “Le bol et son visage sur lit de duvet blanc”

  1. Elisa-R dit :

    Un bol glissant : je n’ai pas trouvé comment harmoniser les caractères…
    La lecture ne sera pas troublée, je l’espère.

    • Phoenixs dit :

      Pourtant dans ce bol, sous l’eau ou au-dessus, passent les mots et surtout leur solitude qu’elle soit à suivre le  » train vif des pylônes, la trotteuse sans aiguillages, l’homme en peau de parapluie » elle va cette route incertaine qui conduira malgré tout  » aux portes de l’au-delà  » dont on ne sait rien et qui nous fait encore écrire.
      Pensées à 4Z.

  2. Éclaircie dit :

    La lecture d’un PPV, quelle que soit sa forme, est toujours une découverte exaltante.
    Ce texte d’eaux mêlées, de temps fugace, de coquille emplie d’un tout, de vague avec ou sans arrêt ni arêtes, ne déroge pas.
    Un bain de poésie et mes meilleures pensées pour 4Z.

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