L’éloge de l’impossible

 

 

Malgré mes réticences

Mon ombre se donne en spectacle

Non je n’ai pas voulu de ce décor

Ni d’un fantôme sous les feux de la rampe

Le souffleur a beau me crier mon texte

Ma bouche ne trouve qu’une voix d’enfant pour le déclamer

Devant un public de pauvres.

Sur le cou la lune est posée

Comme une tête de rechange

Il manque une aiguille à l’horloge

Des anges pressés par le temps.

Aux nuages vont les éloges

Quand ils courtisent nos étangs.

 

Aux semaines sans sommeil succèdent tous les impossibles

Ils sèment çà et là quelques plumes chatoyantes

Leur rire se déploie d’une oreille jusqu’à l’autre

L’un compte les poils de ses jambes

L’autre défile entortillé dans le boa de Tante Di

Le château se réveille s’étire et bâille

Encore un lever de soleil !

On habille l’automate on lui fait signe dès qu’il s’envole

Les chasseurs de mauvais rêves sont déjà sur la lune.

 

Je suis reflets au travers du miroir étoilé

Des cris franchissent la barrière de mes lèvres

Pour se vautrer dans ma bouche

Crisser sous mes dents et se répandre affaiblis et heureux

Sur des tapis d’Orient ou peut-être dans des panses oubliées

Par des petits rats en tutu s’entredévorant

Devant cette tour dont l’accès réservé

Est garanti par des années d’écriture

La rivière n’imaginait pas pouvoir endiguer

Ce flot boueux aux couleurs écrasant l’arc-en-ciel

L’océan pourtant n’a jamais été si calme et beau

 

Samedi en juin,

 

Pendant que Capucin 1er parle anglais

Sourire aux nuages

Nous tournons dans le grand tambour

Au son d’une batterie crécelle

D’un ballon au panier

D’une boule dans le gravier

Si petites fourmis occupées à parcourir

En rond

Les trous de la machine qui nous emporte

Que nous oublions d’applaudir le délicat

Travail d’une vie papier peint décollé…

 

Aux claviers :

4Z2A84

Élisa

Éclaircie

Phoenixs

 

Le titre ne doit rien au hasard, mais tout à Élisa et 4z

6 replies on “L’éloge de l’impossible”

  1. 4Z2A84 dit :

    « Eloge de l’impossible » est un très beau titre. J’aimerais l’avoir trouvé. Internet m’indique qu’un livre porte ce titre…
    Dans cette suite de poèmes me surprennent notamment : « …le délicat/Travail d’une vie papier peint décollé », les « petits rats en tutu s’entredévorant devant » une « tour », « le château » qui « se réveille, s’étire et bâille »…On est dans un monde digne de celui d’Alice après la traversée du miroir.
    Bonne soirée. Bon dimanche. Quasimodo n’entend plus la cloche à laquelle il se suspend.

  2. Phoenixs dit :

    Quand même, il s’en passe des choses sur la lune et dans le trou du souffleur ! Les mots se vautrent dans les plumes ou l’inverse ?
    Nous réussissons à chaque fois à partir toujours ailleurs, loin de ce déclin annoncé par le prince Salina ou Machiavel peut-être ?
    C’est l’impossible qui tient éveillé n’est-ce pas ?

    4Z toutes mes pensées en cet été.

  3. Éclaircie dit :

    À Phoenixs et 4z -en mode humour- Je ne tiens au PPV que pour rire de si bon cœur à vos commentaires, rire ou pleurer selon le sujet de ce fameux PPV, rire ou pleurer ou dire « c’est impossible ce que nous sommes doués ! » ou rire ou pleurer ou dire ou m’extasier muette…..

    Élisa, tu ne fais pas partie de mon commentaire, juste parce que tu n’es pas passée…Je te ferai un petit paragraphe à part.

    Très bon dimanche à tous.
    À très vite.

    • Elisa-R dit :

      Si, si : hier, comme une voleuse, j’ai lu et j’ai couru vers la sortie avec toutes les images emballées dans un tapis trouvé là. Je les ai toutes relâchées dans la nature, quel spectacle ! L’ombre était joyeuse (elle portait un maillot de bain rose pour préserver son enfance) ; les cris , une fois coiffés et démaquillés n’étaient que sons mélodieux ; des fourmis recollaient du papier (avec leur salive) après l’avoir peint ; le sourire de la lune, peu avant qu’elle bondisse vers le ciel, montrait bien que son cou serrait un peu, comme une cravate…
      Quel magnifique moment, grâce à vous tous, merci !

      • Éclaircie dit :

        Magnifique Élisa, je savais que tu étais là, mais tellement silencieuse et discrète, comme à ton habitude…
        Et super commentaire, merci, je t’inclus sincèrement dans mon commentaire précédent.
        N’est-ce pas un peu orgueilleux si je me place aussi dans la liste ceux dont j’attends les mots -ou un peu fou- ?

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