La besace du chihuahua,

On devait impérativement choisir entre le gouffre et l’abîme
Pour y jeter avec des vœux de bon voyage la poésie.
Voyez comme se débat cette fleur des champs
Elevée à la hauteur des roses.
Ne fermez pas les yeux devant votre image
En tueur de chihuahuas offerts aux mariées
Dont un pied se prend dans le tapis rouge.
Je ne suis qu’un piège parmi d’inutiles panneaux
Sur lesquels on lit l’ordre de mourir
Et le mot pour obtenir un supplément de soupe.
***
Le bal des valets de pieds,

Sur le parquet vissé glissent
Les chaussons cirés
Selon la boîte à rythme
Déréglée
Capucin 1er assis sur son velours
Doré dort
Pendant que se perdent les chausses
Des serviteurs asservis
A ses pieds.
***
Je suis la besace crevée qui pèse sur l’épaule
Le manque sans répit qui ronge les entrailles.
Je suis le mal, tapi au fond des êtres
Baignés de mots cruels et de fleurs sombres.
Ma démarche terrible en épouvante quelques-uns
Les autres se rivent à mon rictus
Comme au soleil d’un nouveau jour.
Aveugles et sourds ils rient de mes ténèbres
Et meurent sous mes coups, toujours idiots,
Bénissant ma grâce, mon aplomb et ma bonté.
***
Sommeille l’envie de dépasser
Les cimes des arbres
Les clochers de toutes les églises
Les silences sur les visages
De ceux que l’on ne croise jamais
Tapie dans la gorge
La sentence ultime
Peut patienter des jours et des années
Sans se détourner de la sagesse
Ou bien de la folie nécessaire à tout voyage
Le chemin s’ouvre et les senteurs guident
Le vent éloigne les ombres
En apesanteur les silhouettes parcourent alors l’infini

Tous les textes se répondent sans hasard, sûrement influencés par les temps qui courent on ne sait encore vers quoi ni vers qui…
J’ai choisi de terminer ce quatuor sur une note d’espoir dont les mots sont les derniers protecteurs.
Sur la partition : 4Z, bibi, Elisa, Eclaircie.

5 replies on “La besace du chihuahua,”

  1. Phoenixs dit :

    Très contente de retrouver 4Z, surtout qu’il prenne bien soin de lui.
    Merci à lui et Elisa d’avoir inspiré le titre et à Eclaircie de maintenir ce rendez-vous hebdomadaire contre vents et marées.

  2. 4Z2A84 dit :

    Une fois de plus l’imagination s’en donne à cœur joie sur Poésie Fertile. Et c’est un bonheur d’y trouver la folie nécessaire à tout voyage, la boîte à rythme déréglée, des êtres rivés à un rictus…Sur le fleuve de l’inspiration roulent nos chalands gorgés d’or.

  3. Phoenixs dit :

    Correction pour le texte d’Eclaircie, un seul vers nous manque…

    Au plus profond du regard
    Sommeille l’envie de dépasser
    Les cimes des arbres
    Les clochers de toutes les églises
    Les silences sur les visages
    De ceux que l’on ne croise jamais
    Tapie dans la gorge
    La sentence ultime
    Peut patienter des jours et des années
    Sans se détourner de la sagesse
    Ou bien de la folie nécessaire à tout voyage
    Le chemin s’ouvre et les senteurs guident
    Le vent éloigne les ombres
    En apesanteur les silhouettes parcourent alors l’infini

  4. Elisa-R dit :

    Belles correspondances pour ce Zephe de qualité ! Quel bonheur d’être quatre de nouveau. !

  5. Éclaircie dit :

    Quatre en temps réel, bonheur assuré. La poésie chaque semaine nous guette, nous attend et se délecte de nos inspirations.
    Le gouffre ou l’abîme ? Pourvu que l’on vous croise, vous et la poésie.Je veux être son serviteur que rien n’asservit et je fouillerai la besace sûre d’y découvrir la grâce.

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