L’isolement des miroirs

Puits tombal,

Les voix du puits montent

Criant

Criant

Sous le bandeau noir des nuages

Les sons s’agitent en grelots secoués

Insensés et pâles

Mourant

Mourant

Dans l’épaisseur hésitante

Tu choisiras entre deux nœuds coulants

Celui qui te laissera l’air

Le moins asphyxiant en gorge

Muette.

.

Dans chaque livre un volcan sommeille

C’est pourquoi de la première à la dernière page

On doit s’armer d’un parapluie

Lire devient un dur métier

Quand ses ailes ne portent plus le vieillard

Il marche la tête entre les poings

Ou pliée dans la poche revolver

Avec des certificats de bonne conduite

Le crâne se prête à tout

Son élasticité il la doit au chewing-gum

Dont il copie aussi le rythme d’horloge

La nuque prend sa source sous terre

Ses ventouses aspirent ensuite le plancher

.

Les aiguilles de l’horloge parties bien avant l’aube

Virevoltent dans le ciel au pied des nuages

Le vent tente de chasser le temps

Le temps lourd pressant impudique et voyeur

La pluie ne désire pas s’étaler sur les champs

Sur les rues où des cris trop perçants

Écrasent la moindre pousse regardant vers demain

Je veux prendre le temps par la main

L’amener au sommet de nos heures volubiles

Écarter les bouches d’où ne sort que le feu

Et lire lire lire l’aurore que tu écris en l’absence du jour

.

Je suis l’arbre creux

Qui lance ses branches

Jusqu’aux nuages blancs

Et aux ciels bleus

Qui offre la douceur de son écorce

A la main qui s’aventure

L’arbre creux

Qui s’enfonce dans la terre

Disparait à la vue

Se prolonge de l’autre côté de la lumière

***

Derrière ou/et devant le miroir :

Phoenixs

4Z- par procuration

Éclaircie

Élisa

La poésie de même qui se reflète à l’infini

4 replies on “L’isolement des miroirs”

  1. Phoenixs dit :

    Je garderai donc la main qui prend le temps et l’amène plus haut ou plus loin, les racines qui s’en vont de l’autre côté de la lumière et le vieillard qui prend racine dans sa poche sans revolver.
    Avec une pensée pour 4Z, le mousquetaire de la bande 😉

  2. Elisa-R dit :

    Entre je et nous, jolis reflets de solitudes dans  » L’isolement des miroirs ». J’aime. Tout. Et, beaucoup, le chatoiement des sourires derrière les rides et les cris. Ou malgré eux, allez savoir…

    https://www.youtube.com/watch?v=i8356FxUT20

  3. Phoenixs dit :

    Sous les doigts la lumière.

  4. 4Z2A84 dit :

    « Entre deux nœuds coulants, choisirai-je le bon, celui qui m’offrira en gorge l’air le moins asphyxiant ? L’arbre auquel je me pendrai s’enfoncera-t-il dans la terre ? Se prolongera-t-il du côté de la lumière comme le ver quitte la pomme pour recouvrer la vue ? Je veux prendre le temps par la main. Ne rien précipiter. S’il est faux que dans chaque livre un volcan sommeille, sur maints fleuves roulent des barques pleines d’or vers le toujours inaccessible horizon.  »
    D’après Eclaircie, Elisa et Phoenixs. Harmonisation : 4Z.

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