La danse des écailles,

Mes yeux m’échappent
Avec ce filet à papillons
Je garde l’espoir de les rattraper
Mais qui me conduira vers eux
Et se poseront-ils
Sur quelque fleur nous y attendant
Moi mon guide et ce filet dérisoire
Avec lequel on ne saisirait pas une seule étoile
Si on s’avisait de le jeter sur la mer
Quand le ciel nocturne s’y reflète
Comme un aveugle devant son miroir
(4z2a84 le 16 mars 2012)
***
Le vent chante au ciel son souffle retrouvé
Les arbres invités à la danse
Déploient les premiers bourgeons
L’esprit de la forêt descend sur le pré
Vient caresser la rivière et polir les galets
Tours et bâtisses tendent leurs fenêtres
Vers les rires et les feuilles griffonnées
Le long ruban retrouve sa souplesse
Loin des dédales et des ruines
Les pantins détachés de leurs fils
Délaissent le costume de bois
Immuable qui leur voilait le regard
Dans l’aquarium les poissons envolés
Ont abandonné les écailles
Au spectre infini des couleurs de la lune
***
La beauté du monde se nourrit de l’absence
De l’homme
Cet être barbelé enfant d’orties et de chiendent
Ne peut être le rêve des nuages
Des écumes nacrées
Ni même le souhait des chants perdus
Au-delà des écueils
Encore moins l’espérance des étoiles à venir
***
Des ombres dansent
Les têtes curieuses se dévissent
Pour mieux voir
Etranges les corps délaissés titubent
Sans but
Le monde est à la fête
Malgré la colère des obus
Et la sévérité des guerres
Qui privent de dessert.

Les mots sont posés par ordre d’apparition. Merci à Eclaircie pour avoir tiré du silence un texte de 4Z le bel endormi, dont on espère le retour sur les ondes. Nous restons les vigies du voilier des mots.

4 replies on “La danse des écailles,”

  1. Phoenixs dit :

    Je garde les pantins qui abandonnent leur costume de bois au filet à papillons pendant que les ombres restent debout sans dessert.
    Contente que la publication ait repris son voyage sur les flots incertains 😉

  2. Elisa-R dit :

    Dans le filet on retrouverait la mer sans ses étoiles, l’esprit de la forêt, les couleurs de la lune, l’absence, l' »être barbelé enfant d’orties et de chiendent », des corps sans tête…On retrouverait tout cela si le filet n’était complice (histoire d’amour ?) des yeux (sans doute ailés) en fuite.

  3. Éclaircie dit :

    Très contente aussi, nous attendions avec impatience la levée des craintes et des doutes.

    Aussi, j’entre dans la danse des écailles sans hésiter ; le monde est à la fête, en beauté. Que le filet laisse échapper les étoiles leur permet de dessiner ce ruban infini comme indispensable.

  4. Kiproko dit :

    La danse des écailles…Poésie célébrée !
    Encore du plaisir sur les flots d’encre !

    Kiproko qui tangue

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