Tutu et pas chassé

Les oiseaux piqueniquent sur des nappes de pétrole !
On transporte en fiacre – et en secret –
L’arme nucléaire dont raffole le quincailler.
La ville glisse le long des rails
Entre des rideaux d’arbres neurasthéniques
Auxquels se pendent des suicidés servis en salade
Sans vinaigrette malgré leurs tracts…
Sur les planches le produit de la diva et du boa à eau
Attire les passants désœuvrés
Comme l’aimant l’incapacité de retrouver son gyrophare
Dans le sable de ces vallées vendues aux + offrants
Par vos conseillers en barboteuse
Et non pas en tutu monsieur le procureur.

***

Sans titre,
On se plaint du voyage, des voyageurs
Du wagon sale et bruyant
Des repas décevants des paysages monotones
Des gares éteintes dans la nuit
Froides de tabac
On se plaint que les vaches aient encore la même figure
Le ciel les mêmes nuages noirs épais
La mer au loin ressemble à la campagne
Et les maisons s’entassent en vrac dans le regard
Mais quand le contrôleur nous fait descendre
En marche
Alors là, nous pleurons sur nos titres
Périmés.

***

On a dû naître un jour
Sans y penser
On a tenté de compter les grains de sable
Nous séparant de l’autre rive
Et l’on se sera perdu entre cent et mille
Pour se retrouver un soir
Au centre d’une immense salle
Emplie de sons que l’on ne distingue plus
Des voix des chants ou des couleurs
Un plateau dans la main
On offre au vent
Les derniers battements de cils
Que le regard s’envole vers l’océan

***

Les éclats laissés sur le sol renvoient des images
Puzzle gigantesque d’enfant sans limite
Visage lisse et pur d’une eau trop paisible
Bouts de ciel ou talon sans pitié
Personne ne peut les voir qui ne dort pas
La nuit s’est brisée en obscures facéties
Même la lune se tait séparée du sommeil
Et les rêves s’enfuient vers les cimes dérobées

Dans ce voyage sont partis : 4Z,bibi,Éclaircie,Élisa. Avaient-ils leur titre de transport, ont-ils échoué devant un procureur insomniaque ? Allez savoir où nous emportent ces mots venus de quelque part pour s’envoler ailleurs…

4 replies on “Tutu et pas chassé”

  1. Phoenixs dit :

    Il est très tôt, on entend les oiseaux dans les branches nues et mouillées, les textes sont présents sous la lumière blanche de l’ordinateur, ils sont vivants malgré tout témoins de nos existences têtues. 😉

  2. Elisa-R dit :

    Ce procureur s’endort à chaque lever du jour, il ne sait pas encore qu’il voyagera sur le dos espiègle de nos mots réunis (et sans doute vêtu d’un tutu).

  3. 4Z2A84 dit :

    salut à la lune silencieuse quand elle est séparée du sommeil
    salut aux gares froides de tabac éteintes dans la nuit
    (c’est l’heure où l’arme nucléaire est transportée en fiacre)
    salut aux grains de sable qui nous séparent de l’autre rive
    …et à ces « on » pronoms personnels indéfinis derrière lesquels se cachent des étoiles

    un zephe comme les affectionne le solide lecteur

  4. Éclaircie dit :

    Sur l’immense scène de nos PPV, les danseurs graciles côtoient la ville sur ses rails pour un voyage désordonné qui dans son reflet au sol prend toute la mesure de nos imaginations.

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