Vendredi treize

Le temps des soupirs,

.

A force de regarder passer le vent

Tout a fini par s’envoler

Les ans gracieux, les rires fragiles

Les petites têtes vides de nuages

Ou alors tout faux

Les corps inépuisables aux arbres pendus

Les courages à deux sous

Les imprudences à deux balles

Qui laissent sans retour

Au dépôt de bilan

*

La semaine a perdu quelques jours et la lune

Tout en haut du ciel blanc n’a pas vu qu’un cambrioleur

Somnolait à l’abri d’un arc-en-ciel sédentaire

Les nuages se poursuivent en quête d’un titre

Quelques arbres sans tête avancent au hasard

Sur les routes salées des cartes rouges de la météo

Tout s’endort surtout le grand lit bien douillet

Qui ne s’inquiète de rien et n’entend rien en politique

Ni d’ailleurs en tarot en belote ou en géographie

*

Elle habite au sommet d’une montagne

Là où le regard se perd

Ou sur le toit d’un gratte-ciel

Dont l’ombre enténèbre la ville

Elle m’invite chez elle

Or comment reconnaître parmi les nuages

Sa maison son nid

Comment même avec une boussole

Situer le nord

Et la place du cœur dans l’univers

Quand le balai de la pluie a tout effacé

Comme l’éponge sur le tableau noir

Où nos noms tracés à la craie

Nous créaient.

*

Les quatre angles de la pièce

Las de se regarder en chiens de faïence

Songent à d’autres dispositions plus confortables

Tandis que le premier s’imagine croisée de chemins

Le second attend son heure pour se dissoudre

Comme sucre dans le lait chaud

Bien qu’il redoute un peu les bains de mer

Les deux suivants – ensemble car la solitude les a toujours apeurés

Se récitent toutes les comptines où les plus belles fées

Ne se changent pas en libellules mais en araignées

Aux robes plus pimpantes que celles des meilleurs crus

Et sont conservées dans des sphères pour que jamais

Le dilemme de l’avenir des encoignures ne se reconstruise

*
Dans un désordre absolument calculé : 4z, Phoenixs, Eclaircie et moi-même. Libre à l’aimable  lecteur de mettre chaque nom au bon endroit.

4 replies on “Vendredi treize”

  1. Elisa-R dit :

    Une pensée pour Héliomel qui n’est jamais bien loin de notre ZEPHE. J’adore le vendredi treize !

    • phoenixs dit :

      Et voilà que des arbres sans têtes, mais avec alouettes quittent les encoignures pour s’en aller dans un tasse bras dessus bras dessous avec un petit sucre, les belles fées n’ont pas besoin de géographie pour dissoudre les caprices du temps 😉
      Un Zephe en compagnie d’Héliomel bien sûr

  2. 4Z2A84 dit :

    La poésie est souvent narrative dans ces textes que le vent emporte pour les lire à l’abri…du vent !
    La Reine des facultés ne nous prive de rien. Ainsi tout peut surgir sans crier gare.

  3. Éclaircie dit :

    Racontant des mondes imaginaires…le vent relie les plumes et mêle leurs histoires.

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