Des étoiles sans imposture,

Baudruche peinte ou corps en apesanteur
Seulement bercé par le vent faible
La silhouette attend un souffle éventuel
Pour se hisser d’étage en étage sur la façade aux yeux fermés
Qu’espère-t-elle atteindre au sommet de cette barre dortoir
La couleur bleue la couleur rose
Ou alors la parole mêlée aux chants des oiseaux
Faisant taire tous les vrombissements
Des mille machines à lumière factice
Nous amenant à ne plus dormir ni surtout rêver

***
Toutes les étoiles dans le même panier
On secoue la salade il en tombe un collier
De perles estimées par les passants
Quand elles font la une des vitrines
S’allume le front de ceux qui méditent
Sur le couple uni en toutes circonstances
De leurs yeux dont les bijoux envient
Le regard étonnamment riche en mots
Des mots couvés parmi les œufs
Dans ces nids inaccessibles
Où seuls les anges séparent le blanc du jaune
Avec la lame d’un rasoir à main

***

Sur la pointe des pieds,

L’air froid danse sur les cils
Vif à pleurer
Qu’importe il vit sous les paupières
Tout un monde léger en bribes
Qui vont et viennent sans déranger le temps
Et l’espace pourfendus.
On déroule la même route
Chaque jour en oubliant souvent
De lever ses larmes bleues au ciel

***

A travers de vastes cercles d’imposture
Des animaux à deux pattes surmontées d’une moitié de lune
Faisant office de tête ou d’inutile ornement
Sautent et déchirent en un grand cri
Le papier blanc des vies mêlées aux confettis
Il restera demain les couleurs et l’odeur du bonheur
Si délicieuse que semée sans attendre même au hasard
Elle donnera le jour au parfum d’une fleur
Plus loin les parapluies des temps un peu effilochés
Se porteront à l’envers pour offrir aux baleines
L’amitié d’un océan et les clés de leur geôle

Sur cet océan libéré voguent 4Z, Éclaircie, bibi et Élisa, qui essayent de regarder le ciel sans buter dans les nuages.

3 réponses sur “Des étoiles sans imposture,”

  1. Phoenixs dit :

    Il y avait plein de choix pour le titre pour ces  » cailloux luisants  » posés dans l’hiver. Les étoiles secouées, les océans enfin ouverts, l’espoir de monter au-delà des façades, l’imposture crevée par des rasoirs.
    Il n’y pas d’ordre précis dans cet agencement car, au final, tous les thèmes nourrissent le sens en éventail de leur rencontre.

  2. 4Z2A84 dit :

    quand les étoiles ne trichent plus
    les larmes bleuissent sous les paupières
    d’étage en étage se hisse la silhouette d’un fantôme
    chargé de déterminer si les baleines sont issues de l’océan ou des parapluies
    et les quatre poètes entament la nouvelle année avec de sacrées fourchettes

  3. Éclaircie dit :

    Un trousseau de clés ouvrant des salles magiques et magnifiques.
    Les mots conservent tout leur pouvoir en 2017, tout leur pouvoir poétique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.