Fenêtres ailées.

Fenêtres ailées.

*

Ma vie en portable,

 

Tout est dedans

Le passé, le présent, le futur

Bien calé entre les ondes vivantes

Et le cordon ombilifluide

Je me transporte à plat partout

La batterie au vert

Mince et plein à la fois je suis

Etre et paraître sans disparaître

Toujours relié à la vie essentielle en peu de mots

Un chant d’oiseau un visage jaune

Tout est signe de moi

Aux autres rangés dans la puce qui me remplit

D’existentiel

*

Pour terminer l’année trace deux E tous ronds

Deux yeux plantés entre hier et demain

Accentue le premier de paillettes dorées

Rouges vertes ou bleues bulles multicolores

Offre au second la liberté de sa tenue

Dans le grand aquarium entre oiseaux et poissons

La lune et son reflet bigoudis sur la tête

S’exclame de grands « Ah ! »

Les rues se contorsionnent

Entraînant la cité dans un temps ignoré

Les deux N vont se fondre au cœur de nos rivières

Le Nouvel An s’invite au théâtre infini

*

Un mur sépare

Les amoureux privés de neige

Chacun réchauffe un piège

Au milieu de ses bras

Les poutres forment une croix

Sous le plafond de la mansarde

Et dans les yeux de ceux qui croient

Scintillent des paillettes d’or

De ta lucarne

Tu domines le port

Le vent d’un beau voyage

Monte vers toi sans effort

Mais pour partir il est trop tôt

Tu restes ici assis sur tes os.

*

Sous les lumières tendres d’un repas à nappe blanche

Entre deux ans le temps se fige comme une arête de poisson

Installée à son aise en travers d’une gorge

Dehors les brouillards aux cheveux blancs dissimulent

Les promesses de vengeance et les simulacres de paix

L’une comme l’autre sifflés les dents serrées

Un clown debout sur le dos d’un éléphant de verre

Montre à la loupe la profondeur de la sottise humaine

Tandis que sous la terre bien froide

En deux endroits que l’on pense différents

Dorment la dépouille du passé et l’embryon du futur

*

*

A la croisée des mots : Eclaircie

En habit de clown : Elisa

Aux manettes de l’existence : Phoenixs

Sous un ciel orageux : 4Z

*

6 réponses sur “Fenêtres ailées.”

  1. 4Z2A84 dit :

    On ne distingue plus les poissons des oiseaux dans l’aquarium quand la batterie est au vert
    et les brouillards ne perdent pas leurs cheveux blancs par caprice.
    Bonnes fêtes de fin et de début d’année à Eclaircie, Elisa et Phoenixs qui réinventent la poésie chaque semaine.

  2. phoenixs dit :

    Mieux vaut partir sur le dos de l’éléphant de verre, sur le vent d’un beau voyage, entre oiseaux et poissons.
    Plantés les E, les N, le A, ne promettent rien de la découverte lointaine, tout au plus une bulle de savon dans le grand bain des lessivés.
    Textes puissants de fin de saison mais pas de série !
    C’est le 31 et je m’en fiche 😉

  3. Éclaircie dit :

    L’éléphant de verre m’attire aussi énormément. Depuis son dos aucun oiseau ni poisson ne passera inaperçu. Du mur ou de la lucarne, je choisis les paillettes, essentielles avec ou sans batteries.

  4. Elisa-R dit :

    Toujours complices nos mots même délivrés de leur puce. Écarquillés mes yeux louchent sur deux E tous ronds, mes bras s’étonnent du piège qu’ils réchauffent, mon âme dépassée n’est plus verte et ne traduit plus « existentiel ». Les rues se contorsionnent et pour apaiser le froid de la terre la lune, absente cette fois, posera sur elle une couverture de brouillard.
    J’aime nos rencontres en écriture, je vous souhaite une très belle soirée. Quant à la nouvelle année, nous pourrons nous la souhaiter aimable au jour le jour.
    Je prends le mot « paillettes » et je le lance en l’air pour éclairer votre nuit.

  5. Toni Cervantes Martinez dit :

    que d’air que d’air!…par toutes ces fenêtres actives
    vos imaginations m’éblouissent, les amis
    Joyeuses paillettes à tous
    toni

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