Minuit moins neuf et quatre poètes

Entre deux pans,

 

Tu rentres dans la lumière aveuglé

A dire les quelques mots appris par cœur

Enfin de mémoire

Tu balbuties, prends de l’assurance

Jettes le texte dans la salle

Parades, lèves la tête et les bras

Comme porté par les syllabes

Puis lentement, un derrière l’autre

Les sens s’en vont, se vident

Tu bégaies et te tais clos

Sans voir les pans sombres s’avancer vers toi

Sans un rappel

 

Au sommet des tours la lumière s’épuise et se perd

Absorbée par les étoiles friandes de sucreries

Quand les passants tâtonnent dans les rues demeurées sombres

Certains au bout d’une laisse retiennent leur poisson

D’autres des dragons quand mon voisin tire cet os

Que son chien apitoyé par son air égaré

À bien voulu lui déterrer de son coffre à trésor

Les fées sont parties s’acoquiner avec les sorcières

Et tous les sorts seront funestes dans les berceaux

Mais nul enfant ne se risque à pousser la porte du monde

 

Sur la pointe des pieds

L’eau traverse la nuit

Et rejoint dans l’évier sa sœur

Une goutte multipliée par mille

Et mille pour permettre au tympan

D’acquérir la résistance du coquillage

Quant au ruisseau il compte ses lueurs

De peur d’en perdre il les met en musique

Car en bouteille un siphon les boirait

L’eau que l’on écoute est sur disque

Celle qui nous échappe éclaire la forêt

Comme les vers luisants le poète amnésique.

 

Hors du monde dans un épais nuage blanc

La route ne se reconnaît plus

Les montagnes se dressent aussi haut qu’elles le peuvent

Puis lasses de la vue s’agenouillent

Disparaissent avec nous oublient ce qu’elles ont aperçu

Le silence laisse place à l’absence

La nuit se prolonge et gémit doucement

Son sommeil s’est brisé quelque part en chemin

Entre un joli chalet et une écharpe noire

 

Les auteurs  :

Élisa, Phoenixs, 4Z2A84 et Éclaircie  par désordre d’entrée en scène pour épicer le menu.

 

Joyeux Noël à tous qui passez…

5 réponses sur “Minuit moins neuf et quatre poètes”

  1. phoenixs dit :

    Nous sommes vraiment à quelques heures de ces fameux festins derrière l’écharpe noire, la goutte d’eau, l’os dans le coffre-fort.
    L’enfant attend, tapis derrière la porte, qu’une main gantée d’étoiles l’aide à pousser ces porte du monde sans les claquer sur ces mains.
    Il fait nuit, le silence est enfin dans les arbres.
    Prenez soin de vous

  2. 4Z2A84 dit :

    Friandes de sucreries, les étoiles risquent de dérober les chocolats offerts par mon amie la lune. En cette nuit mémorable de décembre, les routes perdent le nord; elles ne se reconnaissent plus dans le labyrinthe des voies de communication entre les enfants et les pères Noël dont les traîneaux à moteur ont des ratés. On dit que Nerval se promenait sur les boulevards parisiens avec une écrevisse en laisse. Les poissons volants ne se laissent pas prendre comme les papillons – avec un filet – le lasso seul les intercepte. Oui, lorsque l’on quitte la scène, quelle illusion d’espérer un rappel de la part d’un public gavé de marrons !

  3. HenriPierre dit :

    Comme j’ai vu de la lumière, je me suis permis d’entrer. Vous êtes des mages (quatre comme les trois mousquetaires).
    Mes amitiés à vous.

  4. Éclaircie dit :

    Amitiés à vous HenriPierre ! La lumière est permanente pour vos passages appréciés.

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