DES ETOILES SOUS LES PONTS.

DES ETOILES SOUS LES PONTS.

*

Le roi singe,

 

Siéger au sommet de l’arbre

Sur la dernière branche

Près des étoiles mortes

Confère à l’animal un droit

De vie et de mort

Sur le régime de bananes

Que lui tendent les polis

De l’espèce pacotille

Et comme le roi reste le roi

Il tombera avec la branche

Dans sa pelure en peau de vent

*

Les mains du tisserand l’ont abandonné

Pour courir de toile en toile

Où jamais la trame ne transparaît

Voile opaque mais si ténu

Que tous les brins agrippés les uns aux autres

Ne laissent l’automne les roussir

Ni l’hiver les approcher

Le tisserand de son souffle

Tente sur la vitre d’imprimer sa pensée

Éphémère elle s’estompe et se noie dans la brume

Le souffle au vent mêlé ne dessine plus que le silence

Le tisserand sait le fleuve et l’accueille en son lit

Refuge où son chant surgira

Lorsqu’une main choisira d’arrêter la vague

De caresser l’écorce et de tresser les mots épars

*

Comme une pluie qui remonterait depuis la source

Les souvenirs se morcellent sur la bande noire

D’un ciel dépourvu de lumière

Dans le nid chaud du cerveau palpitant

Quelques scènes muettes s’animent sans le moindre spectateur

Aucun applaudissement ne rompt l’effroyable silence

Seul un rideau rouge projette sa couleur

Sur les joues et les lèvres livides des acteurs

Revenus pour un temps de l’oubli et des ombres

*

Sous la lune les gens changent de visage :

Ils ont parfois une oreille à la place du nez,

Leur front disparaît au profit d’une méduse

Multicolore et très démonstrative,

Leur bouche devient un tiroir

Dans lequel on retrouve ses chaussettes

Celles que l’on cherchait depuis plusieurs mois…

« Je ne compte plus sur elles pour voyager »

Avouait avec résignation l’ornithorynque.

Même nos sourires ne montraient plus leurs dents !

Faut-il casser la lune pour réussir une omelette

Et rafraîchir des joues trop tôt flétries ?

* *

*

On a reconnu, dans le désordre :

Eclaircie

Elisa

Phoenixs

et 4Z.

*

 

4 réponses sur “DES ETOILES SOUS LES PONTS.”

  1. 4Z2A84 dit :

    A chaque ligne comme à chaque vers une aventure pour l’esprit lorsqu’il accepte de sortir des sentiers battus. Ici l’émotion et l’humour se donnent la main et traversent des jardins et des paysages surprenants.

  2. Elisa-R dit :

    Casser la lune pour rafraîchir des joues trop tôt flétries et s’éloigner de l ‘oubli et des ombres, pour arrêter la vague et recueillir les mots épars, casser la lune pour la ramasser tombée de sa branche dans sa pelure en peau de vent…J’ai mélangé (provisoirement) toutes les images mais, à part la lune, je n’ai rien cassé, promis !

  3. Éclaircie dit :

    La pelure en peau de vent a-t-elle été tissée par l’homme de cet art ? Peut-être doit-elle s’appliquer sur ces joues, frontières à ce cerveau palpitant.
    Les images à l’endroit, à l’envers, montantes ou descendantes sont un jacquard que ne reniera pas le tisserand. D’ailleurs est-il homme, est-il singe ? L’ornithorynque de rouge vêtu nous dira à la prochaine Lune.

    • phoenixs dit :

      On était partis avec le tisserand des ombres et voilà que l’on retrouve dans ses chaussettes une lune rouge hilare qui redonne à la comédie animale toute sa saveur sans méduses !
      Heureusement que les branches sont aussi occupées par des  » cerveaux palpitants  » 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.