Nid de sable

 

 

J’aime cette rue mais je l’évite

Ses yeux me font peur – ses cheveux roux

S’enroulent autour des réverbères

Qu’ils protègent de l’ombre

Ici la nuit frappe trois coups

Avant d’entrer dans la ville

Je tremble en entendant la première détonation

Sur le toit les tuiles s’agitent

Ou bien se serrent les unes contre les autres

On lit le désarroi dans l’œil des tourterelles

Cependant la rue ne rentre pas sous terre

Elle apparaît comme un nid

Au faîte d’un arbre fier de donner du pain.

 

Quand tout semble figé sur les pages à venir

Il arrive qu’une toiture blanche se confonde

Avec le plat tranquille d’une mer de novembre

Alors les oiseaux se regroupent et se posent

Sur la plage froide en attendant la marée

Quand la vision s’efface des bâtiments bien réels

C’est pour resurgir sur l’écume de notre esprit

Et donner à ce que l’on sait le charme délicieux

Des vagues sauvages qui regagnent le large

 

Retraite au chocolat,

 

La petite fille va descendre de sa balançoire

Rendre ses socquettes au marchand de sable

Saluer les derniers rayons de cils

Quitter le jardin d’enfants interdit aux chiens

Et prendre la route des départs inconnus

Descendue des branches souples

Elle marche du bout des cannes

Vers la sortie en pointillé

Que lui ouvre le temps passé sans éclair

Elle n’est plus sans avoir été

Qu’une silhouette libre parmi les ombres

 

L’île dérive sa base minée par l’eau

Toujours plus dévorante

Sur l’île les arbres ont désormais

Les pieds dans les remous

Et seuls les plus assoiffés verront la fin du voyage

Ou la dissolution de leur sol

Et l’éparpillement de toutes les feuilles et nervures

Qui n’avaient d’autres sens

Pour eux et les oiseaux que d’offrir des partitions

Repoussant les nuages

Le trop fort soleil et charmant les vents avides

La terre dissoute

La lune impassible se baigne en son nouvel océan

 

Un nid façonné par

4Z, Élisa, Phoenixs, Éclaircie

7 réponses sur “Nid de sable”

  1. Éclaircie dit :

    Un nid pour Novembre, pour la rue, pour la petite fille et la lune. Espace aménagé en toute poésie où ZEPHE toujours se réfugie mais aussi cogite, rêve, chante, s’étire et grandit.

  2. phoenixs dit :

    La nuit sous le sable, les pieds sous l’arbre à pain, on va de mer novembre à nouvel océan sans quitter le monde impassible au-dessus de nos têtes.
    Sans doute que les textes donnent un dernier sens à l’absurde de ce monde qui piétine ?

  3. Elisa-R dit :

    Très belle série de tableaux ou de scènes qui, si elles choisissent des plans différents, ont en commun un point de fuite vivant et insoumis. L’ensemble évoque un silence grave à l’intérieur duquel résonne trois détonations, le bruit de deux cannes ainsi que la mélopée des arbres unis aux oiseaux quand ils cèdent aux assauts inlassables de l’eau : superbe !

  4. Elisa-R dit :

    « résonnent » bien évidemment !

  5. 4Z2A84 dit :

    En novembre, sous les derniers rayons de cils, les feuilles offrent des partitions à la mer.
    Les oiseaux qui construisent leur nid avec du sable ont assez chaud pour affronter l’hiver.

  6. josy dit :

    un joli moment de poésie….
    merci et bisous a vous

  7. Elisa-R dit :

    Merci Josy pour ta visite et pour ton (charmant) commentaire. Bisous.

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