Les jupes de Novembre

L’arbre danse avec le vent
Niant sa fragilité il la repousse
Plus loin que toutes les saisons
Les plus échevelées
Les rameaux applaudissent à tout rompre
Tandis que le sol se couvre de brindilles essoufflées
Le ciel invisible ne peut tempérer l’ardeur
De ce duo dont on ne sait s’ils combattent ou s’étreignent
En un élan d’amour tellement fort et bref
Qu’ils mourront dans les bras l’un de l’autre
Donnant vie aux premiers buissons agités par la brise
*
Zoologique,
 
C’est le roi des cacahuètes
Qui séduira les singes joyeux
Suffit de lancer de pelures
Pour que l’animal danse au son creux
Des coques.
C’est le chef de la banane verte
Qui gagnera le sommet du baobab
Pour avoir frappé fort
Son torse tambourin
Et la bande fiévreuse de courir insensée
Vers le puits mort
Où flotte la vérité
Légère sans parure.
*

Depuis que nous l’avons ouverte
La porte ne se ferme plus
Entrez orages
Avec vos éclairs zigzagants
Le bruit de votre foudre un son nommé tonnerre
Nous dirigeons l’orchestre
La baguette du chef et celle de la fée
N’en font qu’une au milieu des vagues attentives
Le dompteur jette au loin les clefs
De la cage aux barreaux en sucre
Les os forment des croix
Sous elles dans la terre
Nous dormirons bientôt si tout fonctionne.

*
Les petites âmes tapies sous les feuilles humides
Font vibrer la terre quand elles grelottent
Les vieux gamins des villes en costumes chics
Les font rouler sous leurs souliers vernis
Comme ils étouffent les silences de leurs rires
La campagne effrayée n’ose rien pour les aider
Elle cède l’une après l’autre chaque parcelle d’elle-même
Au plus sourd et au plus laid des articles du code
Dans l’espoir de garder quelques temps encore
Deux ou trois miettes de sa fière liberté.

*
Dans l’ordre de réception des poèmes : Eclaircie, 4Z, Phoenixs et moi-même.

4 réponses sur “Les jupes de Novembre”

  1. Elisa-R dit :

    « Les os forment des croix », « le puits mort / Où flotte la vérité’, un  » duo dont on ne sait s’ils combattent ou s’étreignent’…Certains vers sont comme des mains sortant de l’ombre qui nous saisissent pour retenir notre attention. Je ne peux pas tous les citer mais ceux-là ont tout de suite secoué ma torpeur. Un superbe ZEPHE !

    • phoenixs dit :

      Je retiens les barreaux en sucre, les dompteurs libérés de leurs clefs, les vieux gamins des villes peut-être morts d’amour dans les buissons, toutes ces images qui emportent la boue collée à nos rêves…

  2. Éclaircie dit :

    « Les jupes de Novembre » recèlent des trésors visuels, auditifs et olfactifs. Ses plis asymétriques offrent un angle de perception sans cesse renouvelé.

  3. 4Z2A84 dit :

    J’ignore si Novembre a inspiré ces compositions. Cependant toutes répondent, peu ou prou mais suffisamment pour nous émerveiller, aux invitations du songe, de l’humour et de la tendresse.

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