La rivalité entre les couleurs.

La rivalité entre les couleurs.

**

*

Si les yeux fermés vous apercevez le croissant de Lune

C’est que lassée du brouillard elle lui aura jeté un sort

Et que personne plus personne ne pourra déjeuner sans Elle

Les oiseaux et les mouches pourront se reposer

Dans le creux de son arc sans besoin de s’entre-dévorer

Les réverbères cesseront leur travail de nuit

Les chats retrouveront leurs couleurs chatoyantes

Les bleus les jaunes les rouges rivaliseront

Sur les toits et dans les cours enivrant les souris

Et les tuiles qui laisseront alors les greniers respirer

Dont plus un seul souvenir ne sera jamais enfoui

Avant d’avoir réalisé ses rêves les plus forts et les plus fous

**

*

Au demeurant

Et puis ce qu’il reste encore à dire

Les mots agglutinés

Dans la vase des milliards de gosiers

Au plus profonds des yeux ternes des morts

Ou dans les sacs -rouges- des petites femmes affairées

Au demeurant

Et puis l’étendue des mensonges

Nappe silencieuse et stagnante

Qui se glisse sous les portes

Dans la moelle des os

Et se répand muette sur les îles inventées

Où ni l’or ni l’argent n’assassinent les rêves.

**

*

Coup de semonce,

 

…Et puis arrivèrent les nuages

Du fond du lit froissé

Prêts à tout pour en découdre

Avec le soleil bleui

Par les coups d’oreillers

Traversins polochons

Plumes d’oie et de canard

Donnés sans relâche.

Le réveil douloureux acheva

De briser notre rêve

Qui s’émietta sur le tapis

Percé.

**

*

Portées par leurs ailes neuves

Les fenêtres s’envolèrent

On ne fit pas le geste de les retenir

Mais le bébé quitta son berceau

Et sur le plafond qu’il atteignit en quelques brasses

Il dessina à la craie cette licorne

Pour laquelle nous ne louerons jamais une écurie

Car elle se plaît trop dans l’aquarium

Parmi les hippocampes silencieux

Et le souvenir entre deux glaces

De nos caresses multipliées.

**

*

Sur la lune :

Eclaircie,

Elisa,

Phoenixs

Et 4Z.

**

*

 

 

4 réponses sur “La rivalité entre les couleurs.”

  1. 4Z2A84 dit :

    C’est à Eclaircie que nous devons le titre. On m’a dit que certaines personnes rêvaient en couleurs, d’autres en noir et blanc. Je redouterais de vivre dans un monde privé de couleurs.
    Une bataille de polochons ne déplaît pas aux petites femmes affairées. Sous les portes la mort se glisse comme un pli que nul n’ose ouvrir. Quant aux greniers, ils respirent quand les tuiles bâillent.

    • phoenixs dit :

      Je retiens la licorne sur le croissant de lune, les rêves en couleur les greniers qui respirent quand les petits sacs rouges épluchent les réverbères.
      Que se taisent les milliards de gosiers embourbés pour que sonne la voix claire du sourire à la craie 😉

  2. Éclaircie dit :

    J’aime beaucoup l’agencement de ce poème : les couleurs les plus sombres encadrées par de plus claires. Rivalisent-elles ? Oui, pour me plaire vraiment.
    Rêves et souvenirs trouveront toujours l’interstice le plus propice à les protéger.

  3. Elisa-R dit :

    Mieux que la tête vide (mais pas si vide !) de notre chère Eclaircie, ma tête égarée entre hiver et printemps. Je fais en sorte de la retrouver pour commenter correctement notre prochain ZEPHE. En attendant, je lis, me tais et savoure.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.